Lecture de données — Le chiffre noir : quelles victimes portent plainte ?
Utilisez le document pour répondre. Les quatre premières questions se corrigent automatiquement, les deux dernières demandent une réponse rédigée.
Document — Victimation déclarée et taux de plainte selon le type d’atteinte, en 2022
| Type d’atteinte | Personnes de 18 ans ou plus déclarant l’avoir subie en 2022 (%) | Taux de plainte (%) |
|---|---|---|
| Vols et tentatives de vol avec effraction du logement | 1,7 | 42 |
| Vols et tentatives de vol de voiture | 1,0 | 32 |
| Vols et tentatives de vol sans violence ni menace | 1,7 | 27 |
| Violences physiques (hors vol) | 1,2 | 22 |
| Vols et tentatives de vol de vélo | 1,6 | 15 |
| Actes de vandalisme contre le logement | 2,0 | 11 |
| Menaces | 1,9 | 11 |
| Harcèlement moral | 3,1 | 6 |
| Injures | 4,3 | 4 |
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Quel est le taux de plainte des victimes d’injures, en pourcentage ?
%
Correction
Réponse : 4 %
Lecture directe de la dernière colonne : 4 % des personnes déclarant avoir subi des injures en 2022 ont déposé plainte. Attention à ne pas confondre les deux colonnes : 4,3 % est la part de la population qui déclare avoir subi des injures, 4 % la part de ces victimes qui portent plainte.
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Quel est l’écart, en points de pourcentage, entre le taux de plainte des vols avec effraction du logement et celui des injures ?
points de pourcentage
Correction
Réponse : 38 points de pourcentage
42 − 4 = 38 points de pourcentage. Un écart entre deux pourcentages se lit en points, jamais en « pour cent » : le taux de plainte des cambriolages n’est pas « supérieur de 38 % », il est supérieur de 38 points.
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Pour les injures, combien de faits subis correspondent en moyenne à une seule plainte déposée ?
faits subis pour 1 plainte
Correction
Réponse : 25 faits subis pour 1 plainte
100 / 4 = 25. Autrement dit, sur 25 personnes déclarant avoir été injuriées, une seule dépose plainte : les 24 autres constituent le chiffre noir de cette atteinte, invisible dans les statistiques de police et de gendarmerie.
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Quelle part des victimes de harcèlement moral ne portent pas plainte, en pourcentage ?
%
Correction
Réponse : 94 %
100 − 6 = 94 %. Le complément du taux de plainte donne directement la part des victimes qui échappent aux statistiques administratives.
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Rédigez la phrase de lecture de la donnée « 42 » du tableau.
Une phrase de lecture complète comporte la source, l’année, le champ, l’unité et la grandeur mesurée. Attention : cette colonne ne dit pas combien de cambriolages ont été commis.
Correction
Phrase attendue : « Selon le SSMSI, en 2022, 42 % des personnes de 18 ans ou plus vivant en France métropolitaine, en Martinique, en Guadeloupe ou à La Réunion et déclarant que leur ménage a subi un vol ou une tentative de vol avec effraction de son logement ont déposé plainte auprès de la police ou de la gendarmerie. »
Les erreurs les plus fréquentes :
- écrire « 42 % des ménages ont été cambriolés » : la donnée porte sur les victimes, pas sur la population ; c’est la colonne précédente (1,7 %) qui indique la part de la population concernée ;
- oublier l’unité et écrire « 42 cambriolages » ;
- oublier que la donnée est une estimation d’enquête, obtenue auprès d’un échantillon puis extrapolée.
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En quoi ce tableau montre-t-il les limites des statistiques administratives pour mesurer la délinquance ?
Comparez les atteintes deux à deux, puis demandez-vous pourquoi le taux de plainte varie autant. Terminez en indiquant si les enquêtes de victimation règlent définitivement le problème.
Correction
Réponse attendue : les statistiques de police et de gendarmerie ne comptent que les faits portés à la connaissance des institutions, c’est-à-dire, pour l’essentiel, ceux qui ont fait l’objet d’une plainte. Or le taux de plainte varie considérablement d’une atteinte à l’autre : 42 % pour les vols avec effraction du logement et 32 % pour les vols de voiture, mais seulement 6 % pour le harcèlement moral et 4 % pour les injures. Le chiffre noir est donc très inégal selon l’atteinte : pour les injures, 24 faits sur 25 n’apparaissent jamais dans les statistiques administratives.
Deux conséquences en découlent. D’abord, comparer des types d’atteintes à partir des seuls faits enregistrés est trompeur, et le tableau le montre de façon spectaculaire : les injures sont l’atteinte la plus fréquemment déclarée (4,3 % de la population en 2022, contre 1,7 % pour les vols avec effraction du logement), mais elles sont aussi la moins signalée. Le classement obtenu à partir des plaintes serait presque l’inverse du classement obtenu à partir des faits subis. Ensuite, une variation de la courbe des faits enregistrés peut traduire un changement du comportement des victimes — encouragement au dépôt de plainte, campagne de sensibilisation — ou de l’activité policière, autant qu’une évolution de la délinquance réelle.
On peut expliquer ces écarts : le dépôt de plainte est fréquent quand il conditionne une indemnisation par l’assurance ou l’espoir de retrouver le bien volé ; il est rare quand l’atteinte paraît peu grave, quand la victime pense que « cela ne servirait à rien », ou quand elle préfère une autre solution — ce sont précisément les trois raisons les plus souvent invoquées par les enquêtés.
Les enquêtes de victimation corrigent ce biais mais ne le suppriment pas : reposant sur un échantillon et sur les déclarations des enquêtés, elles saisissent mal les faits anciens, les infractions sans victime directe (trafic, fraude fiscale) et une partie des violences subies au sein du foyer.
Une bonne réponse cite au moins trois chiffres et emploie les termes de chiffre noir et de taux de plainte.