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Lecture de données — Qui la police met-elle en cause ? L’âge des auteurs présumés

Savoir-faireLecture de donnéesDifficile📄 Document sourcé24 min

Utilisez le document pour répondre. Les quatre premières questions se corrigent automatiquement, les deux dernières demandent une réponse rédigée.

Document — Personnes mises en cause par les services de sécurité selon l’âge, en France en 2019

ÂgeNombre de personnes mises en causeMis en cause pour 100 habitants du même âge
5 à 9 ans1 9000,0
10 à 14 ans54 3001,3
15 à 19 ans238 0005,7
20 à 24 ans171 8004,6
25 à 29 ans139 2003,7
30 à 34 ans132 4003,3
35 à 39 ans115 6002,7
40 à 44 ans91 0002,2
45 à 49 ans75 2001,7
50 à 54 ans52 2001,2
55 à 59 ans33 1000,8
60 à 64 ans20 8000,5
65 à 69 ans13 0000,3
70 à 74 ans7 2000,2
75 à 79 ans3 3000,1
80 ans ou plus2 1000,1
Ensemble1 151 1001,8
Source : Insee et SSMSI, « Sécurité et société », Insee Références, édition 2021, fiche 4.2 « Auteurs selon l’âge » (SSMSI, base des mis en cause pour crimes et délits enregistrés par la police et la gendarmerie 2019 ; Insee, estimations de population 2019). · Champ : France, personnes mises en cause par la police et la gendarmerie en 2019 pour un crime ou un délit, hors infractions routières. Une personne est « mise en cause » lorsque des indices graves réunis contre elle ont conduit à transmettre la procédure au procureur : elle est un auteur présumé, non un condamné. · Lecture : En 2019, 238 000 personnes âgées de 15 à 19 ans ont été mises en cause par la police ou la gendarmerie pour un crime ou un délit, soit 5,7 pour 100 habitants de cette tranche d’âge.
  1. Quel est le nombre de mis en cause pour 100 habitants chez les 20 à 24 ans ?

    mis en cause pour 100 habitants

    Correction

    Réponse : 4,6 mis en cause pour 100 habitants

    Lecture directe de la dernière colonne : 4,6 pour 100 habitants. Ne confondez pas les deux colonnes : 171 800 est un effectif, 4,6 est un taux qui rapporte cet effectif à la population du même âge et permet donc de comparer des tranches d’âge de tailles différentes.

  2. Quelle part des personnes mises en cause en 2019 avait entre 15 et 24 ans, en pourcentage ?

    %

    Correction

    Réponse : 35,6 %

    (238 000 + 171 800) / 1 151 100 × 100 = 409 800 / 1 151 100 × 100 = 35,6 %. Un peu plus d’un mis en cause sur trois a entre 15 et 24 ans, alors que cette tranche d’âge représente environ un dixième de la population.

  3. Combien de fois le taux de mise en cause des 15-19 ans est-il supérieur à celui des 50-54 ans ?

    fois

    Correction

    Réponse : 4,75 fois

    5,7 / 1,2 = 4,75. On compare ici deux taux : le rapport indique qu’à population égale, les 15-19 ans sont mis en cause près de cinq fois plus souvent que les 50-54 ans.

  4. Quel est l’écart, en points, entre le taux de mise en cause des 15-19 ans et le taux d’ensemble ?

    points

    Correction

    Réponse : 3,9 points

    5,7 − 1,8 = 3,9 points. Un écart entre deux taux exprimés « pour 100 » se lit en points, jamais en pourcentage : les 15-19 ans ne sont pas mis en cause « 3,9 % de plus », leur taux dépasse la moyenne de 3,9 points.

  5. Rédigez la phrase de lecture de la donnée « 1,3 » du tableau.

    Précisez la source, l’année, le champ, l’unité et surtout ce que signifie « mis en cause ». Attention : cette colonne ne dit pas que 1,3 % des jeunes de cet âge sont des délinquants condamnés.

    Correction

    Phrase attendue : « Selon le SSMSI et l’Insee, en France, en 2019, 1,3 personne pour 100 habitants âgés de 10 à 14 ans a été mise en cause par la police ou la gendarmerie pour un crime ou un délit, hors infractions routières. »

    Les erreurs à éviter :

    • écrire « 1,3 % des 10-14 ans sont délinquants » : être mis en cause, c’est être soupçonné au terme d’une enquête, pas être jugé coupable ; une partie des mis en cause ne sera jamais poursuivie ;
    • oublier « hors infractions routières », qui restreint fortement le champ ;
    • présenter le chiffre comme une mesure des actes commis à cet âge : seuls les faits repérés par les services y figurent.
  6. Ce tableau prouve-t-il que la déviance est un phénomène de jeunesse ? Confrontez les deux lectures possibles de ces données.

    Première lecture : les jeunes commettent effectivement davantage d’infractions. Seconde lecture : les jeunes sont davantage repérés et désignés. Cherchez, pour chacune, des arguments vus dans le chapitre, puis concluez.

    Correction

    Réponse attendue : le tableau établit un fait solide — la mise en cause est très concentrée sur la jeunesse. Le taux culmine à 5,7 pour 100 habitants chez les 15-19 ans et 4,6 chez les 20-24 ans, contre 1,8 en moyenne ; il tombe à 1,2 chez les 50-54 ans et 0,1 après 75 ans. Les 15-24 ans rassemblent 35,6 % des 1 151 100 mis en cause. Mais deux interprétations très différentes peuvent en rendre compte.

    Première lecture : les jeunes transgressent davantage. L’adolescence est une période d’expérimentation et de moindre coût perçu du risque ; le groupe de pairs y exerce un contrôle social informel puissant qui peut valoriser la prise de risque, comme le décrit la notion de sous-culture déviante. Merton ajoute que les jeunes sont exposés très tôt aux buts de réussite valorisés par la société alors qu’ils n’ont encore accès à aucun des moyens légitimes — diplôme, emploi, revenu.

    Seconde lecture : les jeunes sont davantage repérés. Le tableau ne recense pas les actes commis, mais les personnes que les services de sécurité désignent comme auteurs présumés. Or la délinquance juvénile est en grande partie une délinquance de rue, commise dans l’espace public, donc visible et contrôlable ; les infractions commises dans un bureau, une entreprise ou un foyer, plus fréquentes aux âges élevés, échappent largement au regard policier. La sélectivité des contrôles — leur fréquence, les lieux et les publics ciblés — participe donc à la forme de cette courbe. C’est l’argument de Becker : la statistique enregistre le résultat de la réaction sociale autant que celui du comportement.

    Conclusion. Les deux mécanismes se cumulent et l’on ne peut pas, à partir de ce seul tableau, mesurer leur poids respectif. Ce que le document montre avec certitude, c’est que le contrôle social formel s’exerce très inégalement selon l’âge — et il faudrait une enquête auprès des victimes, ou des enquêtes de délinquance auto-déclarée, pour approcher les faits réellement commis.

    Une bonne réponse cite au moins trois chiffres, distingue « mis en cause » et « condamné », et mobilise au moins deux auteurs du chapitre.

Notions : délinquance déviance contrôle social étiquetage

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