Lecture de données — Être victime selon son niveau de vie
Utilisez le document pour répondre. Les quatre premières questions se corrigent automatiquement, les deux dernières demandent une réponse rédigée.
Document — Atteintes sur le logement et la voiture déclarées par les ménages selon leur niveau de vie, sur la période 2016-2018
| Type d’atteinte déclarée | Ménages modestes (%) | Médian inférieur (%) | Médian supérieur (%) | Ménages aisés (%) | Ensemble des ménages (%) |
|---|---|---|---|---|---|
| Au moins une atteinte sur le logement | 5,0 | 4,1 | 4,2 | 5,1 | 4,6 |
| — dont cambriolages ou tentatives de cambriolage | 1,8 | 1,4 | 1,7 | 2,2 | 1,8 |
| — dont vols sans effraction | 1,1 | 0,8 | 0,8 | 0,8 | 0,9 |
| — dont destructions ou dégradations | 2,4 | 2,0 | 1,9 | 2,4 | 2,2 |
| Au moins une atteinte sur la voiture | 8,9 | 7,5 | 7,1 | 7,4 | 7,7 |
| — dont vols ou tentatives de vol de voiture | 1,2 | 0,9 | 0,7 | 0,9 | 0,9 |
| — dont vols ou tentatives de vol d’accessoires | 2,7 | 2,5 | 2,4 | 2,7 | 2,6 |
| — dont destructions ou dégradations | 6,2 | 4,8 | 4,4 | 4,6 | 4,9 |
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Quelle part des ménages modestes déclare avoir subi au moins une atteinte sur sa voiture, en pourcentage ?
%
Correction
Réponse : 8,9 %
Lecture directe : 8,9 %. Attention au champ : la ligne ne porte que sur les ménages qui possèdent une voiture, ce qui change la base de calcul par rapport aux lignes relatives au logement.
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Quel est l’écart, en points, entre les ménages modestes et les ménages aisés pour « au moins une atteinte sur la voiture » ?
points
Correction
Réponse : 1,5 points
8,9 − 7,4 = 1,5 point. Les ménages modestes sont donc les plus exposés aux atteintes visant leur véhicule, l’écart tenant surtout aux dégradations (6,2 % contre 4,6 %).
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Quel est l’écart, en points, entre les ménages aisés et les ménages du groupe médian inférieur pour les cambriolages ou tentatives de cambriolage ?
points
Correction
Réponse : 0,8 points
2,2 − 1,4 = 0,8 point. Le sens de l’écart s’inverse par rapport à la question précédente : ce sont ici les ménages aisés qui sont les plus touchés, parce qu’ils détiennent davantage de biens de valeur et constituent donc des cibles plus attractives.
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Combien de fois les destructions et dégradations visant la voiture sont-elles plus fréquentes chez les ménages modestes que chez les ménages du groupe médian supérieur ?
fois
Correction
Réponse : 1,41 fois
6,2 / 4,4 = 1,41. Rapporter deux taux permet de mesurer l’intensité de l’écart : les ménages modestes déclarent environ 40 % de dégradations de plus, à possession de voiture identique.
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Rédigez la phrase de lecture de la donnée « 1,1 » du tableau.
Précisez la source, la période, le champ, l’unité et la population exacte. Rappelez qu’il s’agit d’une déclaration en enquête, et non d’une plainte enregistrée.
Correction
Phrase attendue : « Selon l’Insee et le SSMSI, en moyenne annuelle entre 2016 et 2018, en France métropolitaine, 1,1 % des ménages modestes déclarent avoir subi un vol sans effraction de leur résidence principale au cours de l’année précédente. »
Les erreurs à éviter :
- écrire « 1,1 % des vols » : le pourcentage porte sur les ménages, pas sur les faits ;
- oublier « déclarent » : la donnée provient d’une enquête auprès d’un échantillon, non d’un enregistrement administratif ;
- oublier la période : il s’agit d’une moyenne sur trois années d’enquête, ce qui réduit l’incertitude d’échantillonnage.
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Ce tableau confirme-t-il l’idée que la délinquance frappe d’abord les plus pauvres ? Nuancez votre réponse, puis expliquez pourquoi ces résultats ne pouvaient pas être obtenus à partir des plaintes enregistrées.
Comparez ligne par ligne : le classement des groupes sociaux est-il toujours le même ? Cherchez ensuite ce qui, dans le dépôt de plainte, dépend du niveau de vie.
Correction
Réponse attendue : le tableau invite à nuancer une idée reçue. Le classement des groupes sociaux change selon le type d’atteinte, ce qui interdit toute conclusion simple.
D’un côté, les ménages modestes sont les plus exposés aux atteintes visant la voiture : 8,9 % contre 7,4 % chez les aisés, l’écart venant surtout des destructions et dégradations (6,2 % contre 4,6 %, soit 1,4 fois plus). Ils déclarent aussi davantage de vols sans effraction du logement (1,1 % contre 0,8 %), ce qui peut s’expliquer par un habitat moins bien protégé.
De l’autre, les ménages aisés sont les plus touchés par les cambriolages et tentatives de cambriolage : 2,2 % contre 1,4 % pour le groupe médian inférieur. Ils constituent des cibles plus rentables. Au total, la part des ménages ayant subi au moins une atteinte sur leur logement est presque identique aux deux extrémités de l’échelle (5,0 % pour les modestes, 5,1 % pour les aisés) et plus faible au milieu (4,1 % et 4,2 %). Le lien entre niveau de vie et victimation n’est donc pas linéaire : il dépend du type de bien visé.
Ce résultat était inaccessible à partir des plaintes, pour deux raisons. D’abord, une plainte n’existe que si la victime se déplace : or la démarche est d’autant plus fréquente que le préjudice est élevé et que l’indemnisation par une assurance en dépend, ce qui favorise mécaniquement les ménages les mieux dotés et les mieux assurés. Le chiffre noir n’est donc pas le même dans tous les groupes sociaux. Ensuite, les statistiques policières ne connaissent pas le niveau de vie des victimes : elles enregistrent des faits, pas des positions sociales. Seule une enquête de victimation, qui interroge un échantillon de ménages sur ce qu’ils ont subi et recueille en même temps leurs revenus, permet ce croisement.
Une bonne réponse cite au moins trois chiffres, relève au moins une inversion de classement et mobilise les notions d’enquête de victimation et de chiffre noir.