Lecture de données — Les homicides, l’infraction la moins soumise au chiffre noir
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Document — Répartition des homicides enregistrés en France selon leur type, sur la période 2016-2020
| Type d’homicide caractérisé par les services de sécurité | Part des victimes d’homicide (%) |
|---|---|
| Autres homicides intentionnels sur personnes de 15 ans ou plus | 66 |
| Coups et blessures volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner | 14 |
| Règlements de compte | 9 |
| Autres homicides intentionnels sur mineurs de moins de 15 ans | 6 |
| Homicides commis à l’occasion de vols | 3 |
| Attentats terroristes | 2 |
| Ensemble | 100 |
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Quelle est la part des attentats terroristes dans l’ensemble des victimes d’homicide, en pourcentage ?
%
Correction
Réponse : 2 %
Lecture directe : 2 %, soit 113 victimes sur les cinq années. Le contraste avec la place de ces faits dans le débat public est saisissant : la visibilité d’un type de délinquance ne dépend pas de sa fréquence.
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Quelle est la part cumulée des attentats terroristes et des homicides commis à l’occasion de vols, en pourcentage ?
%
Correction
Réponse : 5 %
2 + 3 = 5 %. Les deux figures qui alimentent le plus fortement le sentiment d’insécurité — le terroriste et l’agresseur inconnu qui tue pour voler — représentent ensemble un homicide sur vingt.
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Combien de fois les « autres homicides intentionnels sur personnes de 15 ans ou plus » sont-ils plus fréquents que les homicides commis à l’occasion de vols ?
fois
Correction
Réponse : 22 fois
66 / 3 = 22. La très grande majorité des homicides n’a aucune des circonstances spectaculaires que retiennent les services : ce sont des morts violentes survenues dans le cadre de relations ordinaires, souvent familiales ou de voisinage.
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Quelle part des homicides ne relève ni d’un attentat, ni d’un règlement de compte, ni d’un vol, en pourcentage ?
%
Correction
Réponse : 86 %
100 − 2 − 9 − 3 = 86 %, soit aussi 66 + 14 + 6. Plus de huit homicides sur dix échappent aux catégories les plus médiatisées.
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Rédigez la phrase de lecture de la donnée « 14 » du tableau.
Précisez la source, la période, le champ et l’unité. Attention : cette ligne désigne une qualification pénale précise.
Correction
Phrase attendue : « Selon le SSMSI, en France, sur la période 2016-2020, 14 % des victimes d’homicide enregistrées par la police et la gendarmerie l’ont été à la suite de coups et blessures volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner. »
Les erreurs à éviter :
- écrire « 14 homicides » : l’unité est le pourcentage des victimes, pas un effectif ;
- oublier la période : la répartition porte sur cinq années cumulées, ce qui lisse les variations annuelles ;
- assimiler cette catégorie au meurtre : l’intention de donner la mort en est précisément absente, ce qui change la qualification pénale et la peine encourue.
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Pourquoi les statistiques d’homicides sont-elles considérées comme les plus fiables de toutes les statistiques de délinquance ? Que peut-on en tirer, et que ne peut-on pas en tirer ?
Repartez de la définition du chiffre noir : à quelle condition une infraction échappe-t-elle aux statistiques ? Demandez-vous ensuite si l’homicide remplit cette condition, puis si l’on peut généraliser à d’autres infractions.
Correction
Réponse attendue : le chiffre noir naît de deux conditions : que le fait ne soit pas constaté par les services, et que la victime ne le signale pas. L’homicide échappe largement aux deux. Un corps est presque toujours découvert, une disparition suscite une enquête, et une mort violente déclenche systématiquement une procédure judiciaire, sans qu’une plainte de la victime soit nécessaire — par définition, elle ne peut pas en déposer. C’est pourquoi le nombre d’homicides enregistrés est réputé très proche du nombre d’homicides commis, ce qui n’est le cas d’aucune autre infraction : le taux de plainte descend à quelques pour cent pour les injures ou le harcèlement moral.
On peut donc en tirer deux choses. D’abord, une série comparable dans le temps : entre 2016 et 2020, le nombre de victimes est resté compris entre 900 et 1 000 par an, ce qui autorise à parler d’une relative stabilité — conclusion impossible pour une infraction dont le taux de plainte varie. Ensuite, une structure : 66 % des victimes relèvent d’homicides intentionnels ordinaires sur des personnes de 15 ans ou plus, 14 % de coups mortels sans intention de donner la mort, contre 9 % de règlements de compte, 3 % d’homicides commis à l’occasion de vols et 2 % d’attentats. Autrement dit, 86 % des homicides ne relèvent d’aucune des circonstances les plus médiatisées. L’écart entre cette structure et la représentation ordinaire de la violence est un bon exemple de la façon dont la visibilité d’un phénomène se construit indépendamment de sa fréquence.
En revanche, on ne peut rien généraliser. La fiabilité des statistiques d’homicides tient à leurs caractéristiques propres ; elle ne s’étend pas aux violences, aux vols ou aux escroqueries, dont l’enregistrement dépend étroitement du comportement des victimes et de l’activité des services. Il serait donc faux de conclure d’une stabilité des homicides à une stabilité de « la délinquance » en général. On ne peut pas non plus déduire de ce tableau le nombre d’auteurs ni celui des condamnations : la publication rappelle qu’à l’issue de l’instruction, une part importante des affaires est requalifiée, notamment en violences volontaires.
Une bonne réponse cite au moins trois chiffres, définit le chiffre noir et explique pourquoi il est ici presque nul.