Lecture de données — Lire une table de recrutement
Utilisez le tableau pour répondre. Attention : ici, ce sont les colonnes qui totalisent 100.
Document — Origines sociales des hommes comparés à leur père en 2015 (en %)
| Groupe socioprofessionnel du père | Agriculteurs exploitants | Artisans, commerçants et chefs d'entreprise | Cadres et professions intellectuelles supérieures | Professions intermédiaires | Employés et ouvriers qualifiés | Employés et ouvriers non qualifiés |
|---|---|---|---|---|---|---|
| Agriculteurs exploitants | 80,7 | 7,2 | 3,5 | 6,7 | 7,0 | 7,6 |
| Artisans, commerçants et chefs d'entreprise | 4,5 | 29,5 | 14,8 | 12,3 | 9,5 | 10,3 |
| Cadres et professions intellectuelles supérieures | 1,1 | 12,0 | 33,5 | 14,0 | 5,9 | 5,2 |
| Professions intermédiaires | 3,7 | 13,7 | 20,7 | 19,6 | 12,9 | 12,2 |
| Employés et ouvriers qualifiés | 7,2 | 28,3 | 22,2 | 37,7 | 46,8 | 35,9 |
| Employés et ouvriers non qualifiés | 2,8 | 9,3 | 5,3 | 9,7 | 17,8 | 28,8 |
| Ensemble | 100 | 100 | 100 | 100 | 100 | 100 |
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Quelle part des hommes cadres a un père lui-même cadre ou membre d'une profession intellectuelle supérieure, en pourcentage ?
%
Correction
Réponse : 33.5 %
Lecture directe du croisement de la ligne « Cadres et professions intellectuelles supérieures » et de la colonne de même intitulé : 33,5 %. Un cadre sur trois est donc fils de cadre, alors que les cadres ne représentaient qu'une petite minorité de la génération des pères : c'est le signe d'une forte autoreproduction. Cette part a d'ailleurs progressé : la même table Insee, dans sa colonne de 1977, ne donnait que 24,4 % — une année non reprise dans le tableau ci-dessus, qui ne présente que 2015.
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Quelle part des hommes employés ou ouvriers qualifiés a un père lui-même employé ou ouvrier qualifié, en pourcentage ?
%
Correction
Réponse : 46.8 %
46,8 %. Le recrutement de ce groupe est largement interne : près d'un employé ou ouvrier qualifié sur deux a un père de la même catégorie, ce qui traduit l'héritage des positions dans la partie basse de la hiérarchie sociale. C'est, après les agriculteurs (80,7 %), la deuxième valeur la plus élevée de la diagonale.
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Quelle part des hommes cadres a un père agriculteur exploitant, employé ou ouvrier (qualifié ou non), en pourcentage ?
%
Correction
Réponse : 31 %
3,5 + 22,2 + 5,3 = 31,0 %. Près d'un cadre sur trois est issu d'un milieu modeste : le groupe des cadres n'est donc pas fermé. Encore faut-il interpréter ce chiffre avec prudence, car il dépend du poids de ces origines dans la génération précédente.
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Rédigez la phrase de lecture correcte de la donnée « 22,2 » du tableau.
Une phrase de lecture précise la source, l'année, le champ, l'unité, le sens de calcul du pourcentage (ici en colonne) et la grandeur mesurée.
Correction
Phrase attendue : « Selon l'Insee, en 2015, en France métropolitaine, 22,2 % des hommes de 35 à 59 ans cadres ou exerçant une profession intellectuelle supérieure ont un père employé ou ouvrier qualifié. »
Les erreurs les plus fréquentes :
- inverser le sens de lecture et écrire « 22,2 % des fils d'employés et d'ouvriers qualifiés sont cadres » : c'est la lecture d'une table de destinée, pas de recrutement ;
- oublier de préciser que le pourcentage se calcule sur l'ensemble des cadres ;
- confondre part et effectif : le tableau ne dit pas combien il y a de cadres ;
- omettre le champ, qui ne porte ici que sur les hommes français de 35 à 59 ans actifs occupés ou anciens actifs occupés.
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Le fait que 31 % des hommes cadres soient issus des classes populaires suffit-il à conclure que la société est fluide ? Justifiez en une dizaine de lignes.
Confrontez la lecture en recrutement à la lecture en destinée, puis mobilisez la distinction entre mobilité observée et fluidité sociale.
Correction
Réponse attendue : non, ce chiffre ne suffit pas.
Une table de recrutement rapporte les origines à l'effectif du groupe d'arrivée. Or les agriculteurs, les employés et les ouvriers formaient la très grande majorité de la génération des pères : même si chacun de leurs fils n'avait qu'une faible chance individuelle de devenir cadre, leur nombre suffit à peupler une part importante du groupe. Le recrutement apparaît donc « ouvert » pour des raisons largement démographiques.
À l'inverse, les fils de cadres occupent en 2015 33,5 % des positions de cadres, alors que leurs pères ne représentaient qu'une petite fraction de la génération précédente : leur surreprésentation est donc massive. Cette part a d'ailleurs augmenté depuis 1977, année pour laquelle la même table Insee donne 24,4 % — donnée non reprise dans le tableau ci-dessus —, signe que l'autorecrutement du groupe s'est renforcé.
Pour juger de l'égalité des chances, il faut la lecture en destinée : quelle proportion des fils d'ouvriers devient cadre, comparée à la proportion des fils de cadres ? C'est ce rapport de chances qui mesure la fluidité sociale. Enfin, une part importante de la mobilité observée est structurelle : la multiplication des postes de cadres a mécaniquement imposé un recrutement extérieur au groupe.
Une bonne réponse cite au moins un chiffre du tableau et emploie les termes de mobilité structurelle et de fluidité sociale.