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Lecture de données — Lire une table de recrutement

Savoir-faireLecture de donnéesDifficile📄 Document sourcé20 min

Utilisez le tableau pour répondre. Attention : ici, ce sont les colonnes qui totalisent 100.

Document — Origines sociales des hommes comparés à leur père en 2015 (en %)

Groupe socioprofessionnel du pèreAgriculteurs exploitantsArtisans, commerçants et chefs d'entrepriseCadres et professions intellectuelles supérieuresProfessions intermédiairesEmployés et ouvriers qualifiésEmployés et ouvriers non qualifiés
Agriculteurs exploitants80,77,23,56,77,07,6
Artisans, commerçants et chefs d'entreprise4,529,514,812,39,510,3
Cadres et professions intellectuelles supérieures1,112,033,514,05,95,2
Professions intermédiaires3,713,720,719,612,912,2
Employés et ouvriers qualifiés7,228,322,237,746,835,9
Employés et ouvriers non qualifiés2,89,35,39,717,828,8
Ensemble100100100100100100
Source : Insee, enquêtes Formation et qualification professionnelle (FQP) 1977 à 2014-2015 (Insee Résultats, « La mobilité sociale en France de 1977 à 2015 », tableau T10, données 2015). · Champ : France métropolitaine, hommes français actifs occupés ou anciens actifs occupés, âgés de 35 à 59 ans au 31 décembre de l'année d'enquête. Chaque colonne totalise 100 % aux arrondis près. · Lecture : En 2015, sur 100 hommes cadres ou exerçant une profession intellectuelle supérieure, 33,5 ont un père lui-même cadre ou membre d'une profession intellectuelle supérieure.
  1. Quelle part des hommes cadres a un père lui-même cadre ou membre d'une profession intellectuelle supérieure, en pourcentage ?

    %

    Correction

    Réponse : 33.5 %

    Lecture directe du croisement de la ligne « Cadres et professions intellectuelles supérieures » et de la colonne de même intitulé : 33,5 %. Un cadre sur trois est donc fils de cadre, alors que les cadres ne représentaient qu'une petite minorité de la génération des pères : c'est le signe d'une forte autoreproduction. Cette part a d'ailleurs progressé : la même table Insee, dans sa colonne de 1977, ne donnait que 24,4 % — une année non reprise dans le tableau ci-dessus, qui ne présente que 2015.

  2. Quelle part des hommes employés ou ouvriers qualifiés a un père lui-même employé ou ouvrier qualifié, en pourcentage ?

    %

    Correction

    Réponse : 46.8 %

    46,8 %. Le recrutement de ce groupe est largement interne : près d'un employé ou ouvrier qualifié sur deux a un père de la même catégorie, ce qui traduit l'héritage des positions dans la partie basse de la hiérarchie sociale. C'est, après les agriculteurs (80,7 %), la deuxième valeur la plus élevée de la diagonale.

  3. Quelle part des hommes cadres a un père agriculteur exploitant, employé ou ouvrier (qualifié ou non), en pourcentage ?

    %

    Correction

    Réponse : 31 %

    3,5 + 22,2 + 5,3 = 31,0 %. Près d'un cadre sur trois est issu d'un milieu modeste : le groupe des cadres n'est donc pas fermé. Encore faut-il interpréter ce chiffre avec prudence, car il dépend du poids de ces origines dans la génération précédente.

  4. Rédigez la phrase de lecture correcte de la donnée « 22,2 » du tableau.

    Une phrase de lecture précise la source, l'année, le champ, l'unité, le sens de calcul du pourcentage (ici en colonne) et la grandeur mesurée.

    Correction

    Phrase attendue : « Selon l'Insee, en 2015, en France métropolitaine, 22,2 % des hommes de 35 à 59 ans cadres ou exerçant une profession intellectuelle supérieure ont un père employé ou ouvrier qualifié. »

    Les erreurs les plus fréquentes :

    • inverser le sens de lecture et écrire « 22,2 % des fils d'employés et d'ouvriers qualifiés sont cadres » : c'est la lecture d'une table de destinée, pas de recrutement ;
    • oublier de préciser que le pourcentage se calcule sur l'ensemble des cadres ;
    • confondre part et effectif : le tableau ne dit pas combien il y a de cadres ;
    • omettre le champ, qui ne porte ici que sur les hommes français de 35 à 59 ans actifs occupés ou anciens actifs occupés.
  5. Le fait que 31 % des hommes cadres soient issus des classes populaires suffit-il à conclure que la société est fluide ? Justifiez en une dizaine de lignes.

    Confrontez la lecture en recrutement à la lecture en destinée, puis mobilisez la distinction entre mobilité observée et fluidité sociale.

    Correction

    Réponse attendue : non, ce chiffre ne suffit pas.

    Une table de recrutement rapporte les origines à l'effectif du groupe d'arrivée. Or les agriculteurs, les employés et les ouvriers formaient la très grande majorité de la génération des pères : même si chacun de leurs fils n'avait qu'une faible chance individuelle de devenir cadre, leur nombre suffit à peupler une part importante du groupe. Le recrutement apparaît donc « ouvert » pour des raisons largement démographiques.

    À l'inverse, les fils de cadres occupent en 2015 33,5 % des positions de cadres, alors que leurs pères ne représentaient qu'une petite fraction de la génération précédente : leur surreprésentation est donc massive. Cette part a d'ailleurs augmenté depuis 1977, année pour laquelle la même table Insee donne 24,4 % — donnée non reprise dans le tableau ci-dessus —, signe que l'autorecrutement du groupe s'est renforcé.

    Pour juger de l'égalité des chances, il faut la lecture en destinée : quelle proportion des fils d'ouvriers devient cadre, comparée à la proportion des fils de cadres ? C'est ce rapport de chances qui mesure la fluidité sociale. Enfin, une part importante de la mobilité observée est structurelle : la multiplication des postes de cadres a mécaniquement imposé un recrutement extérieur au groupe.

    Une bonne réponse cite au moins un chiffre du tableau et emploie les termes de mobilité structurelle et de fluidité sociale.

Notions : table de recrutement mobilité sociale reproduction sociale lecture de données

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