Lecture de données — Le sentiment de déclassement chez les jeunes en emploi
Le tableau porte sur les jeunes ayant terminé leurs études initiales et occupant un emploi. Arrondissez au point près.
Document — Part des jeunes en emploi estimant leurs compétences supérieures à celles requises par leur emploi, en 2024 (en %)
| Catégorie socioprofessionnelle occupée | Part se déclarant surqualifiée (en %) |
|---|---|
| Agriculteurs, artisans, commerçants et chefs d'entreprise | 10 |
| Cadres | 9 |
| Professions intermédiaires | 12 |
| Employés qualifiés | 16 |
| Employés peu qualifiés | 26 |
| Ouvriers qualifiés | 14 |
| Ouvriers peu qualifiés | 22 |
| Ensemble des 15-34 ans en emploi | 15 |
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De combien de points le sentiment de surqualification est-il plus fréquent chez les employés peu qualifiés que chez les cadres ?
points
Correction
Réponse : 17 points
26 − 9 = 17 points. Le sentiment de déclassement se concentre dans les emplois les moins qualifiés : ce sont eux qui accueillent les jeunes dont le diplôme dépasse les exigences du poste.
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Quelle part de l'ensemble des jeunes de 15 à 34 ans en emploi s'estime surqualifiée, en pourcentage ?
%
Correction
Réponse : 15 %
15 %, soit environ un jeune en emploi sur sept. La même enquête indique par ailleurs que 18 % jugent leur niveau de diplôme supérieur à celui requis : les deux questions ne mesurent pas exactement la même chose.
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De combien de points le sentiment de surqualification sépare-t-il les ouvriers peu qualifiés des ouvriers qualifiés ?
points
Correction
Réponse : 8 points
22 − 14 = 8 points. Le même écart se retrouve, plus marqué encore, entre employés peu qualifiés (26 %) et employés qualifiés (16 %) : à catégorie comparable, c'est la qualification du poste qui fait la différence.
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Ce tableau mesure-t-il le déclassement scolaire ? Justifiez en distinguant mesure objective et mesure subjective.
Regardez la dernière phrase du champ : qui juge de l'adéquation entre l'emploi et les compétences ?
Correction
Réponse attendue : pas exactement. Le tableau mesure un déclassement déclaré, ou subjectif.
Le déclassement scolaire au sens strict se mesure objectivement : on compare le diplôme obtenu au niveau de diplôme habituellement requis pour l'emploi occupé. Ici, ce sont les personnes interrogées qui jugent elles-mêmes si leurs compétences dépassent celles nécessaires à leur poste. Deux jeunes également diplômés dans le même emploi peuvent donc répondre différemment, selon leurs attentes, leur trajectoire ou leur comparaison avec leurs camarades.
Cette mesure garde tout son intérêt : c'est ce sentiment, plus que l'écart statistique, qui nourrit l'expérience du déclassement et la déception à l'égard de la promesse scolaire. Mais elle ne se confond ni avec le déclassement objectif, ni avec le déclassement social intergénérationnel, qui compare la position de l'individu à celle de ses parents.
Une bonne réponse emploie les termes de déclassement scolaire, de mesure subjective et rappelle le champ (15-34 ans, études initiales terminées).
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En quoi ce document éclaire-t-il le lien entre diplôme et mobilité sociale ? Rédigez une réponse d'une dizaine de lignes.
Le nombre de diplômés a fortement augmenté ; le nombre d'emplois très qualifiés a augmenté moins vite.
Correction
Réponse attendue : le diplôme reste le principal vecteur de mobilité ascendante, mais son rendement n'est plus garanti.
La massification scolaire a élevé le niveau de formation d'une génération à l'autre plus vite que ne se sont créés les emplois très qualifiés. Une partie des jeunes diplômés occupe donc des postes en deçà de leur formation : 26 % des employés peu qualifiés et 22 % des ouvriers peu qualifiés de 15 à 34 ans estiment leurs compétences supérieures à celles requises, contre 9 % des cadres.
Il en résulte un décalage entre mobilité scolaire et mobilité sociale : un enfant peut être nettement plus diplômé que ses parents tout en occupant la même position sociale qu'eux. Du point de vue des tables de mobilité, cette trajectoire est comptée comme de l'immobilité, alors même que l'investissement scolaire a été plus important.
Une bonne réponse mobilise le déclassement scolaire, la dévalorisation relative des titres et au moins un chiffre du tableau.