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Étude de document — Une gelée sur le marché de la tomate

Étude de documentÉtude de documentDifficile📄 Document20 min

Lisez le document puis répondez aux questions dans l’ordre.

Document — Le marché de gros de la tomate après une gelée tardive

Sur le marché de gros de la tomate d’une région maraîchère, plusieurs centaines de producteurs vendent chaque matin leur récolte à des dizaines de grossistes et de conserveries. Les tomates d’une même catégorie sont interchangeables, et les cours de la veille sont affichés à l’entrée du marché : chacun sait à quel prix les transactions se sont conclues. Aucun producteur ne représente plus de 1 % des volumes apportés.

Au printemps de l’année 1, le kilo se négocie autour de 1,20 € et 400 tonnes environ changent de main chaque semaine.

En avril de l’année 2, une gelée tardive détruit près du quart de la récolte de la région. Dès la semaine suivante, les apports tombent à 300 tonnes et le cours monte à 1,75 € le kilo. Les producteurs épargnés par le gel voient leurs recettes progresser nettement. Les conserveries, dont les chaînes de production ne peuvent tourner sans tomates et qui ne trouvent pas d’autre approvisionnement à court terme, continuent d’acheter presque les mêmes volumes qu’auparavant.

Source : Données fictives construites pour l’exercice.
  1. Relevez dans le premier paragraphe trois éléments qui rapprochent ce marché du modèle de la concurrence parfaite.

    Reprenez la liste des cinq conditions du cours et cherchez, pour chacune, une expression du texte.

    Correction

    Trois conditions apparaissent explicitement :

    • l’atomicité : « plusieurs centaines de producteurs » et « des dizaines de grossistes », aucun ne pesant « plus de 1 % des volumes » ;
    • l’homogénéité du produit : « les tomates d’une même catégorie sont interchangeables » ;
    • la transparence de l’information : « les cours de la veille sont affichés à l’entrée du marché ».

    Les deux conditions restantes, la libre entrée et sortie et la libre circulation des facteurs, ne sont pas mentionnées : le document décrit donc un marché proche de la concurrence parfaite, non un marché parfaitement concurrentiel.

  2. Calculez la variation du prix du kilo entre l’année 1 et l’année 2, puis rédigez une phrase de présentation du résultat.

    Taux de variation = (valeur d’arrivée − valeur de départ) / valeur de départ × 100.

    Correction

    (1,75 − 1,20) / 1,20 × 100 ≈ +45,8 %.

    Phrase attendue : « Selon ce document, le prix du kilo de tomates sur ce marché de gros a augmenté d’environ 46 % entre le printemps de l’année 1 et le mois d’avril de l’année 2. »

    On attend le signe (+), l’unité (%) et la période. Écrire « le prix a augmenté de 0,55 » n’est pas faux mais ne répond pas à la question, qui demande une variation relative.

  3. La gelée déplace-t-elle la courbe d’offre, ou provoque-t-elle un simple mouvement le long de cette courbe ? Justifiez votre réponse.

    Demandez-vous quelle variable a changé en premier : le prix du bien lui-même, ou une autre variable ?

    Correction

    La gelée déplace la courbe d’offre vers la gauche. Elle n’a en effet aucun rapport avec le prix de la tomate : c’est un choc extérieur qui détruit une partie de la récolte disponible. À chaque niveau de prix envisageable, les producteurs de la région ne peuvent désormais offrir qu’une quantité plus faible qu’auparavant, ce qui correspond bien au décalage de la courbe entière.

    La hausse du prix de 1,20 € à 1,75 € est en revanche la conséquence de ce déplacement, et elle provoque, elle, un mouvement le long de la courbe de demande.

  4. Expliquez, étape par étape, comment le marché passe de l’équilibre de l’année 1 à celui de l’année 2.

    Partez du prix initial et demandez-vous ce qui se passe si le prix n’a pas encore bougé.

    Correction

    Enchaînement attendu :

    1. La gelée détruit un quart de la récolte : la courbe d’offre se déplace vers la gauche.
    2. Au prix de 1,20 € qui prévalait encore, les acheteurs souhaitent toujours acquérir environ 400 tonnes alors que les producteurs n’en apportent plus que 300 : il apparaît une pénurie d’une centaine de tonnes.
    3. Les grossistes et les conserveries qui repartent les mains vides surenchérissent pour obtenir la marchandise : le cours s’élève.
    4. Cette hausse du prix décourage une partie des acheteurs, qui renoncent ou réduisent leurs commandes, et rend rentables quelques apports supplémentaires.
    5. Le marché se stabilise à 1,75 € le kilo pour 300 tonnes hebdomadaires : le nouvel équilibre associe un prix plus élevé et une quantité échangée plus faible.
  5. « Les conserveries continuent d’acheter presque les mêmes volumes qu’auparavant. » Que peut-on en déduire sur l’élasticité-prix de leur demande, et quelle en est la conséquence sur le partage des effets du choc ?

    Comparez l’ampleur de la variation du prix (environ +46 %) à celle des quantités qu’elles achètent.

    Correction

    Une forte hausse du prix (près de +46 %) ne réduit presque pas les quantités achetées par les conserveries : leur demande est très inélastique, sa valeur absolue étant proche de zéro. Le texte en donne l’explication : leurs chaînes de production ne peuvent fonctionner sans tomates et aucun approvisionnement de substitution n’existe à court terme.

    Conséquence : ce sont elles qui supportent l’essentiel du choc. Faute de pouvoir réduire leurs achats, elles n’ont d’autre solution que d’accepter le prix élevé, si bien que la totalité de la hausse se répercute sur leur facture. Les producteurs épargnés par le gel voient au contraire leurs recettes progresser, puisqu’ils vendent une quantité à peine réduite à un prix bien supérieur.

    On retrouve ici la règle du chapitre sur l’incidence : le côté du marché dont l’élasticité est la plus faible supporte la plus grande part de la variation du prix.

Notions : concurrence parfaite offre élasticité-prix équilibre de marché

Autres exercices du chapitre

Tout le chapitre : Le marché concurrentiel