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Lecture de données — Vingt ans de comportements de vote (2002-2017)

Savoir-faireLecture de donnéesIntermédiaire📄 Document sourcé20 min

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Document — Comportements de vote aux élections nationales, de 2002 à 2017

Année des élections nationalesVote systématique (%)Vote intermittent (%)Abstention systématique (%)
200247,640,112,2
200750,940,48,6
201247,841,210,9
201735,950,813,4
Source : Insee, enquêtes sur la participation électorale de 2002 à 2017 (Insee Première n° 1671, octobre 2017). · Champ : Personnes inscrites sur les listes électorales et résidant en France métropolitaine. Chaque année, les inscrits sont répartis en trois groupes : ceux qui votent à tous les tours de l'élection présidentielle et des élections législatives (vote systématique), ceux qui votent sans participer à tous les tours (vote intermittent) et ceux qui ne votent à aucun tour (abstention systématique). Les trois colonnes totalisent 100 % à l'arrondi près. · Lecture : En 2017, 50,8 % des inscrits ont voté à au moins un tour des élections nationales sans participer à tous les tours.
  1. De combien de points de pourcentage le vote systématique a-t-il reculé entre 2012 et 2017 ?

    points

    Correction

    Réponse : 11.9 points

    47,8 − 35,9 = 11,9 points de pourcentage. C'est le recul le plus brutal de la série : entre 2002 et 2012, le vote systématique n'avait varié que de trois points au maximum d'une élection à l'autre.

  2. Quel est le taux de variation de l'abstention systématique entre 2007 et 2017, en pourcentage ?

    %

    Correction

    Réponse : 55.8 %

    (13,4 − 8,6) / 8,6 × 100 ≈ +55,8 %. Attention à la formulation : la hausse vaut +4,8 points et +55,8 %. L'effet paraît spectaculaire en pourcentage parce que le point de départ, 2007, est le plus bas de la série.

  3. En 2017, quelle part des inscrits a voté à au moins un tour des élections nationales, en pourcentage ?

    %

    Correction

    Réponse : 86.6 %

    Un inscrit vote à tous les tours, à une partie des tours, ou à aucun : 100 − 13,4 = 86,6 %. On peut vérifier par l'addition : 35,9 + 50,8 = 86,7, l'écart d'un dixième venant des arrondis. Près de neuf inscrits sur dix se déplacent donc au moins une fois, même en 2017.

  4. Rédigez la phrase de lecture correcte de la donnée « 35,9 » du tableau.

    Une phrase de lecture complète comporte la source, l'année, le champ, l'unité et la grandeur mesurée.

    Correction

    Phrase attendue : « Selon l'Insee, en 2017, en France métropolitaine, 35,9 % des personnes inscrites sur les listes électorales ont voté à tous les tours de l'élection présidentielle et des élections législatives. »

    Les erreurs fréquentes :

    • écrire « 35,9 % des Français ont voté » : le champ est celui des inscrits, et la grandeur mesurée n'est pas le fait de voter mais celui de voter à tous les tours ;
    • confondre ce chiffre avec un taux de participation à un scrutin donné : la participation au premier tour de la présidentielle de 2017 a été bien plus élevée, puisqu'elle ne suppose qu'un seul déplacement ;
    • oublier de préciser l'année, alors que le tableau est justement construit pour comparer quatre échéances.
  5. Ce tableau montre-t-il que les Français se détournent du vote ? Répondez en distinguant soigneusement les trois comportements.

    Regardez d'abord ce qui varie le plus, puis ce qui varie le moins. Demandez-vous ce que devient un électeur qui cesse de voter systématiquement.

    Correction

    Réponse attendue : il faut nuancer fortement. Ce qui s'effondre en 2017, c'est le vote systématique : 35,9 % des inscrits contre 47,8 % en 2012, soit 11,9 points de moins. Mais l'abstention systématique, elle, ne progresse que de 2,5 points sur la même période (10,9 % puis 13,4 %) et reste très minoritaire : en 2017, seuls 13,4 % des inscrits ne votent à aucun tour, contre 12,2 % quinze ans plus tôt. Autrement dit, le recul du vote systématique s'est presque entièrement converti en vote intermittent, qui devient majoritaire (50,8 % en 2017 contre 41,2 % en 2012).

    Le comportement dominant n'est donc pas le retrait, mais la sélection : le même électeur vote à certains scrutins et pas à d'autres, en fonction de l'enjeu qu'il leur attribue. C'est la manifestation, au niveau des individus, de l'affaiblissement des fidélités partisanes : le vote n'est plus une routine reconduite à chaque échéance, mais une décision reprise à chaque fois.

    Limites à signaler : le tableau s'arrête en 2017 et ne dit rien des scrutins suivants. Il ne distingue pas non plus les élections entre elles : on ne sait pas ici à quels tours les intermittents ont participé. Enfin, le champ est celui des inscrits : les personnes non inscrites, ou inscrites loin de chez elles, n'apparaissent pas.

Notions : participation électorale abstention volatilité électorale

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Tout le chapitre : Le vote