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Lecture de données — Voter loin de chez soi : la mal-inscription

Savoir-faireLecture de donnéesIntermédiaire📄 Document sourcé20 min

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Document — Part des électeurs non inscrits sur les listes électorales de leur commune de résidence principale, selon l'âge, en 2022

Tranche d'âgeÉlecteurs non inscrits dans leur commune de résidence principale (%)
Ensemble16,5
18-25 ans38,7
26-29 ans34,3
30-34 ans30,9
35-39 ans21,7
40-44 ans14,6
45-49 ans11,1
50-54 ans9,5
55-59 ans8,3
60-64 ans6,9
65-69 ans5,8
70-74 ans5,5
75-79 ans6,0
80-84 ans7,7
85-89 ans12,0
90 ans ou plus22,8
Source : Insee, enquête annuelle de recensement 2022 et répertoire électoral unique 2022 (Insee Première n° 1986, mars 2024). · Champ : France hors Mayotte, personnes de nationalité française âgées de 18 ans ou plus et inscrites sur les listes électorales pour l'élection présidentielle de 2022. Le code électoral autorise dans plusieurs cas l'inscription dans une commune où l'on ne réside pas à titre principal : ces électeurs ne sont donc pas tous « mal inscrits ». · Lecture : En 2022, 38,7 % des électeurs français âgés de 18 à 25 ans n'étaient pas inscrits sur les listes électorales de leur commune de résidence principale.
  1. Quel est l'écart, en points de pourcentage, entre les 18-25 ans et les 70-74 ans ?

    points

    Correction

    Réponse : 33.2 points

    38,7 − 5,5 = 33,2 points de pourcentage. Les 70-74 ans forment le creux de la courbe : c'est l'âge où la stabilité résidentielle est la plus grande et où l'entrée en établissement n'a pas encore commencé.

  2. Combien de fois les 18-25 ans sont-ils plus souvent concernés que les 70-74 ans ?

    fois

    Correction

    Réponse : 7.0 fois

    38,7 / 5,5 ≈ 7,0 fois. Un même écart peut ainsi s'exprimer de deux manières : 33,2 points, ou sept fois plus. Le rapport est ici plus parlant que la différence, parce que le niveau de départ est très faible.

  3. Quelle part des électeurs de 18 à 25 ans est bien inscrite dans sa commune de résidence principale, en pourcentage ?

    %

    Correction

    Réponse : 61.3 %

    100 − 38,7 = 61,3 %. Attention : ce complément se calcule sur les seuls inscrits. Les jeunes qui ne sont inscrits nulle part ne figurent pas dans ce tableau.

  4. Rédigez la phrase de lecture correcte de la donnée « 22,8 » du tableau.

    N'oubliez ni l'année, ni la nationalité, ni le fait qu'il s'agit d'électeurs déjà inscrits.

    Correction

    Phrase attendue : « Selon l'Insee, en 2022, en France hors Mayotte, 22,8 % des électeurs français âgés de 90 ans ou plus n'étaient pas inscrits sur les listes électorales de la commune où ils résidaient à titre principal. »

    Deux erreurs à éviter :

    • écrire « 22,8 % des personnes de 90 ans ou plus ne sont pas inscrites » : ces électeurs sont inscrits, mais ailleurs que là où ils vivent ;
    • interpréter directement ce chiffre comme un taux d'abstention : le tableau mesure un décalage administratif entre lieu de vie et lieu de vote, pas un comportement électoral.
  5. En quoi ce document aide-t-il à comprendre la surabstention des jeunes ? Quelles précautions faut-il prendre avant de conclure ?

    Reliez la forme de la courbe (élevée aux deux extrémités, basse au milieu) aux événements qui font déménager les gens. Puis relisez la dernière phrase du champ.

    Correction

    Réponse attendue : le document éclaire une cause matérielle de l'abstention, souvent négligée. Voter suppose de se rendre dans le bureau de vote de sa commune d'inscription ; si l'on n'y réside plus, l'acte devient coûteux en temps et en argent. Or ce décalage est très inégalement réparti selon l'âge : il concerne 38,7 % des électeurs de 18 à 25 ans et encore 34,3 % des 26-29 ans, contre 5,5 % des 70-74 ans. C'est précisément l'âge des déménagements liés aux études, à l'entrée dans l'emploi et à la mise en couple, et le code électoral autorise les moins de 26 ans à rester inscrits chez leurs parents. Une partie de la surabstention des jeunes ne traduit donc pas un désintérêt pour la politique, mais l'éloignement de leur bureau de vote.

    La courbe remonte ensuite aux grands âges : 12,0 % à 85-89 ans et 22,8 % à 90 ans ou plus, du fait de l'entrée en maison de retraite ou en Ehpad sans réinscription. Le même mécanisme, une mobilité résidentielle non suivie d'une démarche administrative, joue donc aux deux extrémités de la vie.

    Précautions : être inscrit ailleurs que là où l'on habite n'est pas toujours une « mal-inscription » subie ; le code électoral le permet dans plusieurs cas, et certains électeurs choisissent délibérément de voter dans la commune de leur résidence secondaire. Par ailleurs, ce tableau ne mesure pas l'abstention : il faudrait le croiser avec la participation effective pour établir un lien de causalité, et non seulement une corrélation d'âge.

Notions : abstention participation électorale variables lourdes

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Tout le chapitre : Le vote