Lecture de données — La loi d'Engel : la place de l'alimentation depuis 1960
Utilisez le document pour répondre. Les trois premières questions se corrigent automatiquement, les deux dernières demandent une réponse rédigée.
Document — Part de l'alimentation dans le budget des ménages français de 1960 à 2014
| Année | Part de l'alimentation dans le revenu disponible brut (%) | Part de l'alimentation dans la dépense de consommation (%) |
|---|---|---|
| 1960 | 28,4 | 34,6 |
| 1970 | 22,0 | 27,6 |
| 1980 | 18,9 | 23,4 |
| 1990 | 18,7 | 21,7 |
| 2000 | 17,6 | 20,7 |
| 2010 | 16,6 | 19,8 |
| 2014 | 17,3 | 20,4 |
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Quelle part de leur dépense de consommation les ménages consacraient-ils à l'alimentation en 2014, en pourcentage ?
%
Correction
Réponse : 20,4 %
Lecture directe au croisement de la ligne « 2014 » et de la colonne « Part de l'alimentation dans la dépense de consommation » : 20,4 %. Un peu plus d'un cinquième du budget, contre plus d'un tiers en 1960.
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De combien de points de pourcentage la part de l'alimentation dans la dépense de consommation a-t-elle varié entre 1960 et 2014 ?
points
Correction
Réponse : -14,2 points
20,4 − 34,6 = −14,2 points. N'oubliez pas le signe : il s'agit d'une baisse. Un écart entre deux pourcentages se lit toujours en points, jamais en « pourcents ».
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Quel est le taux de variation de cette part entre 1960 et 2014, en pourcentage ?
%
Correction
Réponse : -41,04 %
(20,4 − 34,6) / 34,6 × 100 = −14,2 / 34,6 × 100 ≈ −41,0 %. La part du budget consacrée à l'alimentation a donc été divisée par près de 1,7 en un demi-siècle. Attention à ne pas confondre ce résultat avec l'écart de 14,2 points calculé à la question précédente : ils mesurent la même baisse de deux façons différentes.
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Rédigez la phrase de lecture correcte de la donnée « 16,6 » de la ligne 2010.
Une phrase de lecture complète comporte quatre éléments : la source, le champ, l'unité de mesure et la grandeur mesurée.
Correction
Phrase attendue : « Selon l'Insee (comptes nationaux, Insee Première n° 1568), en France, en 2010, la dépense alimentaire des ménages représentait 16,6 % de leur revenu disponible brut. »
Les erreurs les plus fréquentes :
- confondre les deux colonnes : 16,6 % se rapporte au revenu disponible brut, et non à la dépense de consommation (19,8 % la même année) ;
- écrire « les ménages dépensaient 16,6 € en alimentation » : la donnée est une part, pas un montant ;
- écrire « 16,6 % des ménages » : le pourcentage porte sur le revenu, pas sur les ménages.
Remarquez que la part rapportée au revenu disponible est systématiquement plus faible que celle rapportée à la dépense de consommation, puisque le revenu disponible sert aussi à épargner.
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Décrivez l'évolution de la part de l'alimentation depuis 1960, puis expliquez-la. Que remarquez-vous après 2010 ?
Citez au moins trois chiffres. Demandez-vous ensuite si les besoins alimentaires peuvent croître indéfiniment quand le revenu augmente.
Correction
Constat attendu : la part de l'alimentation dans la dépense de consommation recule fortement, de 34,6 % en 1960 à 21,7 % en 1990, puis 19,8 % en 2010, soit une baisse de près de 41 % en cinquante ans. La même tendance s'observe sur le revenu disponible brut (28,4 % en 1960, 16,6 % en 2010). La baisse est très rapide entre 1960 et 1980 (34,6 % à 23,4 %, soit 11,2 points en vingt ans), puis beaucoup plus lente ensuite (1,9 point seulement entre 1990 et 2010).
Explication attendue : c'est la loi d'Engel. Les besoins alimentaires se saturent : on ne mange pas deux fois plus parce que l'on gagne deux fois plus. Quand le niveau de vie s'élève, la dépense alimentaire progresse donc moins vite que la dépense totale, et son coefficient budgétaire diminue mécaniquement — alors même que le montant dépensé en euros, lui, augmente. Le supplément de ressources se porte sur des postes moins contraints : logement, transports, loisirs, services.
Remarque attendue sur la période récente : la baisse s'interrompt, et la part remonte même légèrement, de 19,8 % en 2010 à 20,4 % en 2014 (et de 16,6 % à 17,3 % du revenu disponible). Le mouvement de long terme n'est donc pas une loi mécanique valable année après année : sur une période où le pouvoir d'achat progresse peu et où les prix alimentaires augmentent, la part du budget consacrée à se nourrir peut cesser de baisser.
Une bonne réponse cite au moins trois chiffres, nomme la saturation des besoins et distingue la part du montant.