Étude de document — Où est fabriqué un smartphone ?
Lisez le document, puis répondez aux questions dans l'ordre.
Document — La décomposition de la valeur d'un smartphone
Un smartphone conçu par une firme multinationale du pays A est vendu 600 euros au consommateur final. Cette firme ne possède aucune usine : elle conçoit le produit et coordonne la production de bout en bout.
La conception, la recherche-développement et le système d'exploitation sont réalisés dans le pays A et représentent 200 euros de la valeur finale. Les composants électroniques les plus sophistiqués sont produits dans le pays B pour 150 euros, l'écran dans le pays D pour 60 euros. Ces pièces sont expédiées vers le pays C, où l'assemblage final mobilise une main-d'œuvre nombreuse et peu coûteuse : cette étape n'ajoute que 15 euros à la valeur du produit. Le marketing, la distribution et le service après-vente, assurés depuis le pays A, représentent les 175 euros restants.
Lorsque l'appareil quitte l'usine du pays C pour être vendu ailleurs, les statistiques douanières enregistrent une exportation du pays C d'un montant de 425 euros, correspondant à la valeur sortie d'usine.
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Repérage. Citez les quatre pays mentionnés et indiquez, pour chacun, le segment de la chaîne de valeur qu'il réalise.
Suivez le produit dans l'ordre chronologique de sa fabrication.
Correction
Réponse attendue :
- Pays A : la conception, la recherche-développement et le système d'exploitation en amont, puis le marketing, la distribution et le service après-vente en aval.
- Pays B : la production des composants électroniques les plus sophistiqués.
- Pays D : la production de l'écran.
- Pays C : l'assemblage final.
On remarque que les segments les plus rémunérateurs se situent aux deux extrémités de la chaîne, la fabrication matérielle occupant la position la moins avantageuse.
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Calcul. Quelle part de la valeur finale du smartphone l'assemblage réalisé dans le pays C représente-t-il ?
Rapportez la valeur ajoutée par l'assemblage à la valeur finale du produit, puis multipliez par 100.
Correction
Calcul attendu : 15 / 600 × 100 = 2,5 %.
Le pays où l'appareil est matériellement fabriqué ne capte donc que 2,5 % de sa valeur. La conception et la commercialisation, réalisées dans le pays A, en représentent à elles seules 62,5 % : (200 + 175) / 600 × 100.
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Interprétation. Pourquoi les statistiques douanières donnent-elles une image trompeuse des échanges du pays C avec le reste du monde ?
Comparez les 425 euros enregistrés par la douane et les 15 euros de valeur réellement créée dans le pays C.
Correction
Réponse attendue : la douane enregistre la valeur totale du bien au moment où il franchit la frontière et l'attribue au dernier pays exportateur. Le pays C apparaît donc comme exportant 425 euros par appareil, alors qu'il n'a créé que 15 euros de valeur ajoutée : les 410 euros restants rémunèrent des activités réalisées dans les pays A, B et D.
Cette convention comptable gonfle mécaniquement les excédents des pays d'assemblage et les déficits de leurs clients. C'est pourquoi les organisations internationales calculent désormais des échanges « en valeur ajoutée », qui donnent une image sensiblement différente des déséquilibres bilatéraux, et donc des cibles souvent visées par les mesures protectionnistes.
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Interprétation. Quels avantages la firme multinationale recherche-t-elle en localisant chaque segment dans un pays différent ?
Demandez-vous ce que chaque pays offre de spécifique : quel facteur de production y est abondant, bon marché ou plus qualifié.
Correction
Réponse attendue : la firme exploite les avantages comparatifs de chaque territoire, segment par segment. Le pays A dispose d'une main-d'œuvre très qualifiée, de laboratoires et d'un écosystème d'innovation : elle y localise la conception. Les pays B et D sont spécialisés dans des composants exigeant un savoir-faire technique et des équipements coûteux. Le pays C offre une main-d'œuvre nombreuse et peu coûteuse, adaptée à une tâche d'assemblage peu qualifiée.
S'y ajoutent la taille des marchés locaux, la fiscalité et la proximité des fournisseurs. C'est la baisse des coûts de transport et de communication qui a rendu cette coordination internationale rentable : sans elle, la fragmentation coûterait plus cher qu'elle ne rapporte.
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Ouverture. Quelle fragilité ce mode d'organisation fait-il courir à la firme et aux pays concernés ?
Imaginez qu'un seul maillon de la chaîne s'interrompe.
Correction
Réponse attendue : une chaîne n'est pas plus solide que son maillon le plus faible. Une pénurie de composants dans le pays B, la fermeture des usines du pays C, un blocage logistique ou un conflit commercial suffisent à interrompre la production finale, même si tous les autres segments fonctionnent normalement.
La recherche du coût minimal a conduit à réduire les stocks et à concentrer certaines productions stratégiques dans un très petit nombre de pays, ce qui crée une dépendance difficile à corriger à court terme. Les tensions récentes sur les chaînes d'approvisionnement ont ainsi relancé le débat sur la relocalisation de productions jugées essentielles, au prix d'un coût de production plus élevé : c'est un arbitrage entre efficacité et sécurité.