Lecture de données — Les droits de douane dans le monde
Utilisez le document pour répondre. Les trois premières questions se corrigent automatiquement, les deux dernières demandent une réponse rédigée.
Document — Droits de douane moyens appliqués et consolidés, par économie
| Économie | Année des droits appliqués | Droits NPF appliqués, tous produits (%) | dont produits agricoles (%) | dont produits non agricoles (%) | Droits consolidés, tous produits (%) |
|---|---|---|---|---|---|
| États-Unis | 2025 | 3,3 | 5,0 | 3,1 | 3,4 |
| Japon | 2025 | 3,7 | 12,1 | 2,4 | 4,0 |
| Suisse | 2025 | 3,9 | 28,3 | 0,0 | 7,0 |
| Union européenne | 2024 | 5,0 | 10,5 | 4,1 | 5,0 |
| Chine | 2025 | 7,5 | 14,0 | 6,5 | 10,0 |
| Brésil | 2025 | 12,0 | 9,1 | 12,4 | 31,3 |
| Inde | 2025 | 16,0 | 36,4 | 12,8 | 50,8 |
-
De combien de points le droit de douane moyen appliqué par l'Inde dépasse-t-il celui des États-Unis ?
points
Correction
Réponse : 12.7 points
16,0 − 3,3 = 12,7 points. Les pays en développement conservent des droits de douane sensiblement plus élevés que les pays avancés : c'est l'argument du protectionnisme éducateur de List, mais aussi une source de recettes budgétaires.
-
Quel écart, en points, sépare les droits consolidés des droits appliqués en Inde ?
points
Correction
Réponse : 34.8 points
50,8 − 16,0 = 34,8 points. Cet écart, appelé « eau dans les tarifs », mesure la marge dont dispose l'Inde pour relever ses droits sans violer ses engagements à l'OMC. Il est presque nul aux États-Unis (3,4 − 3,3 = 0,1 point) : ce pays ne peut pas augmenter ses droits NPF sans sortir du cadre multilatéral.
-
Au Japon, combien de fois les droits appliqués aux produits agricoles sont-ils supérieurs à ceux appliqués aux produits non agricoles ?
fois
Correction
Réponse : 5.04 fois
12,1 / 2,4 ≈ 5,04. Partout, l'agriculture est bien plus protégée que l'industrie : en Suisse, l'écart est extrême, avec 28,3 % sur les produits agricoles contre 0,0 % sur les produits non agricoles.
-
Rédigez la phrase de lecture de la donnée « 28,3 » du tableau.
Une phrase de lecture complète précise la source, le champ et la période, l'unité de mesure et la grandeur mesurée.
Correction
Phrase attendue : « Selon l'OMC, en 2025, la Suisse appliquait aux produits agricoles importés en provenance des membres de l'OMC un droit de douane moyen de 28,3 % de leur valeur. »
Les erreurs les plus fréquentes :
- écrire « 28,3 % des produits agricoles sont taxés » : le pourcentage porte sur la valeur de chaque produit, pas sur une proportion de produits ;
- oublier qu'il s'agit d'une moyenne simple des lignes tarifaires, qui peut recouvrir des droits très hétérogènes ;
- confondre droits appliqués et droits consolidés (7,0 % tous produits pour la Suisse, qui est le plafond, non le taux pratiqué).
-
Ce tableau permet-il de conclure que la Suisse est plus libre-échangiste que l'Union européenne ? Vous discuterez cette affirmation.
Comparez d'abord les droits « tous produits », puis regardez la décomposition entre agriculture et industrie, et enfin demandez-vous ce qu'une moyenne simple ne mesure pas.
Correction
Réponse attendue : l'affirmation se défend au premier regard, puisque la Suisse applique 3,9 % de droits moyens contre 5,0 % pour l'Union européenne. Mais la conclusion est fragile.
D'abord, la décomposition inverse le diagnostic selon les secteurs. La Suisse n'applique aucun droit de douane sur les produits non agricoles (0,0 %), contre 4,1 % dans l'Union européenne : elle est donc bien plus ouverte sur les produits industriels. En revanche, elle taxe les produits agricoles à 28,3 % en moyenne, presque trois fois plus que l'Union européenne (10,5 %) : sa politique agricole est l'une des plus protectionnistes des pays développés. Un pays peut donc être très ouvert dans une branche et très fermé dans une autre.
Ensuite, une moyenne simple traite de la même façon une ligne tarifaire portant sur des milliards d'euros d'importations et une ligne quasiment inutilisée. Elle ne dit rien non plus des droits réellement acquittés, puisque les accords de libre-échange permettent d'entrer à des taux préférentiels inférieurs au taux NPF.
Enfin, et surtout, les droits de douane ne sont qu'un instrument du protectionnisme parmi d'autres. Normes sanitaires et techniques, quotas, subventions, préférence nationale dans les marchés publics constituent des barrières non tarifaires que ce tableau ne mesure pas du tout — et dont l'importance relative n'a cessé de croître à mesure que les droits de douane baissaient.
Une bonne réponse mobilise au moins deux de ces trois limites et cite des chiffres à l'appui.