Lecture de données — Le salaire selon la catégorie socioprofessionnelle et le sexe
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Document — Salaire mensuel net moyen en équivalent temps plein dans le secteur privé, selon la catégorie socioprofessionnelle et le sexe, en 2023 (en euros)
| Catégorie socioprofessionnelle | Femmes | Hommes | Ensemble |
|---|---|---|---|
| Cadres | 4 120 | 4 850 | 4 570 |
| Professions intermédiaires | 2 480 | 2 810 | 2 660 |
| Employés | 1 930 | 2 010 | 1 960 |
| Ouvriers | 1 810 | 2 080 | 2 030 |
| Ensemble | 2 440 | 2 820 | 2 660 |
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Quel est le salaire net mensuel moyen en équivalent temps plein d'un ouvrier du secteur privé en 2023, en euros ?
euros
Correction
Réponse : 2030 euros
Lecture directe au croisement de la ligne « Ouvriers » et de la colonne « Ensemble » : 2 030 euros nets par mois. Notez le résultat contre-intuitif : les employés, que l'on place spontanément au-dessus des ouvriers, gagnent en moyenne un peu moins qu'eux (1 960 euros). La nomenclature des PCS n'est pas un classement par le revenu : elle repose sur le métier, le statut, la qualification et la position hiérarchique.
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Combien de fois le salaire net moyen des cadres est-il supérieur à celui des employés ? (Arrondissez à une décimale.)
fois
Correction
Réponse : 2.3 fois
4 570 / 1 960 = 2,33, soit environ 2,3 fois. L'écart absolu correspondant vaut 4 570 − 1 960 = 2 610 euros par mois. Le coefficient multiplicateur donne ici une mesure de la distance inter-classes : à durée de travail identique, un cadre perçoit plus du double du salaire d'un employé.
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De quel pourcentage le salaire net moyen des femmes cadres est-il inférieur à celui des hommes cadres ? (Arrondissez à une décimale.)
%
Correction
Réponse : 15.1 %
(4 850 − 4 120) / 4 850 × 100 = 15,05, soit environ 15,1 %. Attention au dénominateur : puisque la question demande de combien les femmes sont en dessous des hommes, on rapporte l'écart au salaire des hommes. Cet écart relatif est le plus fort chez les cadres ; il n'est que de 4,0 % chez les employés (80 euros sur 2 010), catégorie aux rémunérations plus resserrées.
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Rédigez la phrase de lecture correcte de la donnée « 1 810 » du tableau.
Une phrase de lecture complète comporte la source, le champ, la date, l'unité et la grandeur mesurée.
Correction
Phrase attendue : « Selon l'Insee (bases Tous salariés), en 2023, en France hors Mayotte, une femme ouvrière du secteur privé percevait en moyenne 1 810 euros nets par mois, en équivalent temps plein. »
Les erreurs les plus fréquentes :
- écrire « 1 810 euros » sans préciser qu'il s'agit d'un salaire net, mensuel et exprimé en équivalent temps plein : ce dernier point est décisif, car le tableau compare des durées de travail ramenées au temps plein et ne mesure donc pas l'effet du temps partiel ;
- présenter cette somme comme un revenu : le salaire n'est qu'une composante du revenu, qui comprend aussi les prestations sociales et les revenus du patrimoine ;
- oublier le champ, limité au secteur privé : les salariés de la fonction publique et les indépendants n'y figurent pas ;
- confondre la moyenne avec la situation de chaque ouvrière : les salaires se dispersent autour de cette valeur.
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Le tableau montre-t-il que l'espace social français est hiérarchisé ? Répondez en citant des chiffres, puis indiquez ce que cet indicateur ne permet pas de mesurer.
Classez d'abord les groupes selon leur salaire moyen, sans oublier l'écart entre femmes et hommes. Interrogez ensuite le champ et l'unité du tableau : quelles ressources et quels groupes restent en dehors ?
Correction
Réponse attendue : le tableau établit d'abord une hiérarchie entre catégories socioprofessionnelles. Les cadres perçoivent en moyenne 4 570 euros nets par mois en équivalent temps plein, contre 2 660 euros pour les professions intermédiaires, 2 030 euros pour les ouvriers et 1 960 euros pour les employés. Le salaire des cadres représente ainsi environ 2,3 fois celui des employés, soit 2 610 euros d'écart mensuel ; les cadres sont d'ailleurs le seul groupe nettement au-dessus de la moyenne d'ensemble (2 660 euros). Un point mérite d'être relevé : les employés gagnent en moyenne un peu moins que les ouvriers, ce qui rappelle que la nomenclature des PCS classe selon la qualification, le statut et la position hiérarchique, et non selon le revenu.
Le tableau montre ensuite une seconde hiérarchie, qui traverse la première : dans chacune des quatre catégories, les femmes perçoivent un salaire inférieur à celui des hommes — 15,1 % de moins chez les cadres, 11,7 % chez les professions intermédiaires, 13,0 % chez les ouvriers et 4,0 % chez les employés, soit 13,5 % pour l'ensemble des salariés du privé (2 440 euros contre 2 820). Le salaire le plus faible du tableau est celui des ouvrières (1 810 euros), le plus élevé celui des hommes cadres (4 850 euros) : un rapport de 1 à 2,7. Le genre apparaît donc comme un facteur de différenciation qui se combine avec la position socioprofessionnelle au lieu de s'y substituer.
Ce que l'indicateur ne mesure pas. Il ne porte que sur le salaire : ni le patrimoine, ni les revenus du capital, ni les prestations sociales n'y figurent, alors qu'ils pèsent lourd dans les écarts de conditions d'existence. Le champ est limité au secteur privé : les salariés de la fonction publique en sont absents, de même que les indépendants — agriculteurs, artisans, commerçants, professions libérales — qui constituent pourtant deux groupes entiers de la nomenclature. L'expression en équivalent temps plein neutralise le temps partiel : les écarts de salaire réellement perçu, notamment entre femmes et hommes, sont donc plus larges que ceux du tableau. Enfin, une moyenne masque la dispersion interne à chaque groupe, et le tableau ne dit rien du chômage, des conditions d'emploi, du prestige ou des styles de vie, dimensions que Weber jugeait irréductibles à l'ordre économique.
Une bonne réponse cite au moins trois chiffres, emploie la notion de distance inter-classes, montre que la hiérarchie salariale ne recoupe pas exactement l'ordre des PCS, et distingue clairement ce que l'indicateur mesure de ce qu'il ne mesure pas.