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Lecture de données — Privation matérielle et sociale selon la situation face à l’emploi

Savoir-faireLecture de donnéesIntermédiaire📄 Document sourcé20 min

Utilisez le document pour répondre. Les trois premières questions se corrigent automatiquement, les deux suivantes demandent une réponse rédigée.

Document — Privation matérielle et sociale selon la situation vis-à-vis de l’emploi

Situation vis-à-vis de l’emploiDébut 2020 (%)Début 2025 (%)
En emploi7,48,6
dont cadres0,41,8
dont employés12,113,7
dont ouvriers13,615,1
Au chômage36,435,4
En retraite8,68,5
Ensemble12,313,1
Source : Insee, enquêtes Statistiques sur les ressources et les conditions de vie (SRCV) 2020 et 2025, Insee Focus n° 380, avril 2026, figure 2a. · Champ : France métropolitaine, ensemble des personnes vivant dans un logement ordinaire. Une personne est en situation de privation matérielle et sociale lorsqu’elle ne peut pas, faute de moyens financiers, couvrir les dépenses liées à au moins cinq éléments de la vie courante parmi treize — dont « se retrouver régulièrement avec des amis ou de la famille autour d’un verre ou d’un repas », « avoir régulièrement une activité de loisir payante » ou « avoir accès à Internet à domicile ». Les données de 2025 sont provisoires ; les inactifs autres que les retraités ne figurent que dans la ligne « Ensemble ». · Lecture : Début 2025, 35,4 % des personnes au chômage sont en situation de privation matérielle et sociale.
  1. Quelle part des personnes au chômage est en situation de privation matérielle et sociale début 2025, en pourcentage ?

    %

    Correction

    Réponse : 35,4 %

    Il s’agit d’une lecture directe au croisement de la ligne « Au chômage » et de la colonne « Début 2025 ». Le repérage ligne/colonne est le premier réflexe attendu sur un tableau à double entrée.

  2. Quel est l’écart, en points de pourcentage, entre les personnes au chômage et les personnes en emploi début 2025 ?

    points

    Correction

    Réponse : 26,8 points

    35,4 − 8,6 = 26,8. Comme les deux valeurs sont déjà des pourcentages, la différence s’exprime en points de pourcentage et non en pourcentage : dire « 26,8 % d’écart » serait une erreur de lecture fréquente.

  3. Combien de fois la privation matérielle et sociale est-elle plus répandue chez les chômeurs que chez les personnes en emploi début 2025 ?

    fois

    Correction

    Réponse : 4,1 fois

    35,4 / 8,6 ≈ 4,1. Le coefficient multiplicateur complète l’écart en points : il rapporte la différence au niveau de la catégorie de référence et montre que la privation est plus de quatre fois plus fréquente chez les chômeurs.

  4. Rédigez la phrase de lecture correcte de la donnée « 15,1 » située dans la ligne « dont ouvriers ».

    Une phrase de lecture complète comporte la source et la date, le champ, la modalité concernée, l’unité, et la grandeur mesurée.

    Correction

    Phrase attendue : « Selon l’Insee (enquête SRCV 2025), début 2025, en France métropolitaine, 15,1 % des ouvriers en emploi vivant dans un logement ordinaire sont en situation de privation matérielle et sociale, c’est-à-dire ne peuvent pas, faute de moyens financiers, couvrir au moins cinq des treize éléments de la vie courante retenus par l’indicateur. »

    Les erreurs les plus fréquentes :

    • oublier le champ, et écrire « 15,1 % des Français » ;
    • confondre la population de référence : ce sont 15,1 % des ouvriers en emploi, pas 15,1 % de l’ensemble de la population ;
    • oublier de préciser ce que mesure l’indicateur, alors que « privation matérielle et sociale » ne se comprend pas sans sa définition ;
    • transformer la donnée en évolution (« la privation a augmenté de 15,1 % »), alors qu’il s’agit d’une proportion à une date donnée.
  5. En quelques lignes, montrez que ce document éclaire le rôle intégrateur du travail. Le tableau permet-il d’affirmer que c’est le chômage qui cause la privation ?

    Décrivez d’abord l’écart entre les situations d’emploi, en citant des chiffres, puis observez ce que la privation « sociale » recouvre, et enfin interrogez le sens de la relation.

    Correction

    Réponse attendue : la situation vis-à-vis de l’emploi différencie très fortement les conditions de vie. Début 2025, 35,4 % des chômeurs sont en situation de privation matérielle et sociale, contre 8,6 % des personnes en emploi et 8,5 % des retraités : la privation est plus de quatre fois plus fréquente chez les chômeurs que chez les actifs occupés, soit un écart de 26,8 points. L’argument porte au-delà du revenu, car l’indicateur retient parmi ses treize items le fait de ne pas pouvoir « se retrouver régulièrement avec des amis ou de la famille autour d’un verre ou d’un repas », ni « avoir régulièrement une activité de loisir payante » : ne plus avoir d’emploi, c’est aussi perdre les moyens matériels de la sociabilité ordinaire. On retrouve le mécanisme décrit par Serge Paugam : le retrait du marché du travail s’accompagne d’un rétrécissement des occasions de rencontre et d’une perte de reconnaissance, qui rend le retour à l’emploi plus difficile encore.

    La comparaison avec les retraités est éclairante : eux non plus n’occupent pas d’emploi, mais leur taux de privation (8,5 %) est proche de celui des actifs occupés. Ce n’est donc pas l’absence d’activité professionnelle en elle-même qui fragilise, mais la privation involontaire d’emploi et l’absence de revenu de remplacement stable. Le tableau montre aussi que l’emploi ne protège pas également tout le monde : 15,1 % des ouvriers et 13,7 % des employés sont concernés, contre 1,8 % des cadres. Enfin, entre 2020 et 2025, le taux des personnes en emploi a augmenté de 1,2 point (de 7,4 % à 8,6 %), signe que l’emploi protège un peu moins qu’avant.

    Sur la causalité : non, un tableau de ce type établit une corrélation, pas une causalité. La relation peut jouer dans les deux sens : le chômage prive de revenu et de relations, mais des conditions de vie dégradées et un réseau de relations pauvre rendent aussi plus difficile l’accès à l’emploi. D’autres variables (âge, diplôme, état de santé, lieu de résidence) peuvent en outre agir sur les deux phénomènes à la fois. Pour trancher, il faudrait raisonner « toutes choses égales par ailleurs » ou suivre les mêmes personnes dans le temps.

Notions : sociabilité intégration sociale précarité disqualification sociale

Autres exercices du chapitre

Tout le chapitre : Construction des liens sociaux