Lecture de données — Privation matérielle et sociale selon la situation face à l’emploi
Utilisez le document pour répondre. Les trois premières questions se corrigent automatiquement, les deux suivantes demandent une réponse rédigée.
Document — Privation matérielle et sociale selon la situation vis-à-vis de l’emploi
| Situation vis-à-vis de l’emploi | Début 2020 (%) | Début 2025 (%) |
|---|---|---|
| En emploi | 7,4 | 8,6 |
| dont cadres | 0,4 | 1,8 |
| dont employés | 12,1 | 13,7 |
| dont ouvriers | 13,6 | 15,1 |
| Au chômage | 36,4 | 35,4 |
| En retraite | 8,6 | 8,5 |
| Ensemble | 12,3 | 13,1 |
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Quelle part des personnes au chômage est en situation de privation matérielle et sociale début 2025, en pourcentage ?
%
Correction
Réponse : 35,4 %
Il s’agit d’une lecture directe au croisement de la ligne « Au chômage » et de la colonne « Début 2025 ». Le repérage ligne/colonne est le premier réflexe attendu sur un tableau à double entrée.
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Quel est l’écart, en points de pourcentage, entre les personnes au chômage et les personnes en emploi début 2025 ?
points
Correction
Réponse : 26,8 points
35,4 − 8,6 = 26,8. Comme les deux valeurs sont déjà des pourcentages, la différence s’exprime en points de pourcentage et non en pourcentage : dire « 26,8 % d’écart » serait une erreur de lecture fréquente.
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Combien de fois la privation matérielle et sociale est-elle plus répandue chez les chômeurs que chez les personnes en emploi début 2025 ?
fois
Correction
Réponse : 4,1 fois
35,4 / 8,6 ≈ 4,1. Le coefficient multiplicateur complète l’écart en points : il rapporte la différence au niveau de la catégorie de référence et montre que la privation est plus de quatre fois plus fréquente chez les chômeurs.
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Rédigez la phrase de lecture correcte de la donnée « 15,1 » située dans la ligne « dont ouvriers ».
Une phrase de lecture complète comporte la source et la date, le champ, la modalité concernée, l’unité, et la grandeur mesurée.
Correction
Phrase attendue : « Selon l’Insee (enquête SRCV 2025), début 2025, en France métropolitaine, 15,1 % des ouvriers en emploi vivant dans un logement ordinaire sont en situation de privation matérielle et sociale, c’est-à-dire ne peuvent pas, faute de moyens financiers, couvrir au moins cinq des treize éléments de la vie courante retenus par l’indicateur. »
Les erreurs les plus fréquentes :
- oublier le champ, et écrire « 15,1 % des Français » ;
- confondre la population de référence : ce sont 15,1 % des ouvriers en emploi, pas 15,1 % de l’ensemble de la population ;
- oublier de préciser ce que mesure l’indicateur, alors que « privation matérielle et sociale » ne se comprend pas sans sa définition ;
- transformer la donnée en évolution (« la privation a augmenté de 15,1 % »), alors qu’il s’agit d’une proportion à une date donnée.
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En quelques lignes, montrez que ce document éclaire le rôle intégrateur du travail. Le tableau permet-il d’affirmer que c’est le chômage qui cause la privation ?
Décrivez d’abord l’écart entre les situations d’emploi, en citant des chiffres, puis observez ce que la privation « sociale » recouvre, et enfin interrogez le sens de la relation.
Correction
Réponse attendue : la situation vis-à-vis de l’emploi différencie très fortement les conditions de vie. Début 2025, 35,4 % des chômeurs sont en situation de privation matérielle et sociale, contre 8,6 % des personnes en emploi et 8,5 % des retraités : la privation est plus de quatre fois plus fréquente chez les chômeurs que chez les actifs occupés, soit un écart de 26,8 points. L’argument porte au-delà du revenu, car l’indicateur retient parmi ses treize items le fait de ne pas pouvoir « se retrouver régulièrement avec des amis ou de la famille autour d’un verre ou d’un repas », ni « avoir régulièrement une activité de loisir payante » : ne plus avoir d’emploi, c’est aussi perdre les moyens matériels de la sociabilité ordinaire. On retrouve le mécanisme décrit par Serge Paugam : le retrait du marché du travail s’accompagne d’un rétrécissement des occasions de rencontre et d’une perte de reconnaissance, qui rend le retour à l’emploi plus difficile encore.
La comparaison avec les retraités est éclairante : eux non plus n’occupent pas d’emploi, mais leur taux de privation (8,5 %) est proche de celui des actifs occupés. Ce n’est donc pas l’absence d’activité professionnelle en elle-même qui fragilise, mais la privation involontaire d’emploi et l’absence de revenu de remplacement stable. Le tableau montre aussi que l’emploi ne protège pas également tout le monde : 15,1 % des ouvriers et 13,7 % des employés sont concernés, contre 1,8 % des cadres. Enfin, entre 2020 et 2025, le taux des personnes en emploi a augmenté de 1,2 point (de 7,4 % à 8,6 %), signe que l’emploi protège un peu moins qu’avant.
Sur la causalité : non, un tableau de ce type établit une corrélation, pas une causalité. La relation peut jouer dans les deux sens : le chômage prive de revenu et de relations, mais des conditions de vie dégradées et un réseau de relations pauvre rendent aussi plus difficile l’accès à l’emploi. D’autres variables (âge, diplôme, état de santé, lieu de résidence) peuvent en outre agir sur les deux phénomènes à la fois. Pour trancher, il faudrait raisonner « toutes choses égales par ailleurs » ou suivre les mêmes personnes dans le temps.