Lecture de données — Vivre seul : une situation qui progresse et qui dépend de l’âge
Utilisez le document pour répondre. Les trois premières questions se corrigent automatiquement, les deux suivantes demandent une réponse rédigée.
Document — Personnes vivant seules dans leur logement selon l’âge et le sexe, en 2017 et en 2023
| Âge | Ensemble 2017 (%) | Femmes 2023 (%) | Hommes 2023 (%) | Ensemble 2023 (%) |
|---|---|---|---|---|
| 15 à 19 ans | 6,0 | 7,5 | 5,9 | 6,7 |
| 20 à 24 ans | 20,5 | 23,4 | 21,5 | 22,5 |
| 25 à 39 ans | 15,7 | 14,7 | 21,8 | 18,2 |
| 40 à 54 ans | 14,8 | 12,4 | 19,5 | 15,9 |
| 55 à 64 ans | 21,8 | 25,0 | 22,6 | 23,8 |
| 65 à 79 ans | 27,5 | 36,1 | 21,4 | 29,3 |
| 80 ans ou plus | 48,6 | 61,3 | 27,8 | 48,4 |
| Ensemble des 15 ans ou plus | 20,1 | 23,5 | 20,4 | 22,0 |
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Quelle part des femmes de 80 ans ou plus vit seule dans son logement en 2023, en pourcentage ?
%
Correction
Réponse : 61,3 %
Lecture directe au croisement de la ligne « 80 ans ou plus » et de la colonne « Femmes 2023 ». Le repérage ligne/colonne est le premier réflexe attendu sur un tableau à double entrée.
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Quel est l’écart, en points de pourcentage, entre les femmes et les hommes de 80 ans ou plus vivant seuls en 2023 ?
points
Correction
Réponse : 33,5 points
61,3 − 27,8 = 33,5 points. Comme les deux valeurs sont déjà des pourcentages, leur différence s’exprime en points de pourcentage. Cet écart s’explique surtout par la mortalité plus précoce des hommes : à ces âges, beaucoup de femmes sont veuves.
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De combien de points la part de l’ensemble des personnes de 15 ans ou plus vivant seules a-t-elle varié entre 2017 et 2023 ?
points
Correction
Réponse : 1,9 points
22,0 − 20,1 = +1,9 point en six ans. La progression est réelle mais lente : elle traduit le vieillissement de la population, la fréquence des séparations et l’allongement de la jeunesse, et non un effondrement brutal de la vie commune.
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Rédigez la phrase de lecture correcte de la donnée « 18,2 » située à l’intersection de la ligne « 25 à 39 ans » et de la colonne « Ensemble 2023 ».
Une phrase de lecture complète comporte la source et la date, le champ, la modalité concernée, l’unité et la grandeur mesurée.
Correction
Phrase attendue : « Selon l’Insee (recensement de la population 2023), en 2023, en France hors Mayotte, 18,2 % des personnes de 25 à 39 ans vivant dans un ménage sont l’unique occupant de leur logement. »
Les erreurs les plus fréquentes :
- écrire « 18,2 % des Français », en oubliant que la donnée porte sur la seule tranche des 25-39 ans ;
- oublier le champ (France hors Mayotte, population des ménages) ;
- confondre « vivre seul » et « être isolé » : le tableau mesure une situation de logement, pas un nombre de relations ;
- transformer la proportion en évolution (« la vie seule a augmenté de 18,2 % »).
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En quelques lignes, décrivez la relation entre l’âge et le fait de vivre seul, puis expliquez pourquoi ce tableau ne suffit pas à conclure que le lien social se délite.
Décrivez d’abord la forme de la courbe (elle n’est pas croissante partout), puis distinguez la situation de logement et l’intensité des relations.
Correction
Réponse attendue : la part de personnes vivant seules dessine une courbe en U. Elle est faible à 15-19 ans (6,7 % en 2023), remonte fortement à 20-24 ans (22,5 %) au moment de la décohabitation étudiante ou professionnelle, redescend pendant les âges de la vie en couple et de l’élevage des enfants (15,9 % à 40-54 ans), puis augmente à nouveau après 55 ans pour culminer à 48,4 % chez les 80 ans ou plus. Le tableau met aussi en évidence une différence entre les sexes qui s’inverse avec l’âge : avant 55 ans, ce sont les hommes qui vivent le plus souvent seuls (21,8 % contre 14,7 % des femmes à 25-39 ans, souvent après une séparation, les enfants restant plus souvent chez la mère) ; après 65 ans, ce sont les femmes (61,3 % contre 27,8 % à 80 ans ou plus, du fait du veuvage).
Enfin, entre 2017 et 2023, la part de personnes seules progresse dans presque toutes les tranches d’âge, et de 1,9 point pour l’ensemble des 15 ans ou plus.
Pourquoi cela ne prouve pas un délitement du lien social : l’indicateur décrit une situation de logement, pas une intensité de relations. Vivre seul, ce n’est pas être isolé : une personne seule dans son logement peut voir chaque jour ses collègues, ses amis, ses enfants, et échanger en permanence par téléphone ou messagerie. Pour parler d’isolement, il faudrait un indicateur de fréquence des contacts. On retrouve la thèse durkheimienne : les formes du lien changent — on cohabite moins longtemps, on se sépare davantage, on vit plus vieux — sans que le lien lui-même disparaisse. Il faudrait par ailleurs distinguer les âges : vivre seul à 22 ans, le temps des études, n’a pas le même sens que vivre seul à 85 ans après un veuvage.