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Lecture de données — L’entraide financière entre les générations

Savoir-faireLecture de donnéesDifficile📄 Document sourcé20 min

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Document — Aides financières versées et reçues par les ménages selon l’âge, en 2017

Âge de la personne de référenceAides versées : ensemble (€ par mois)dont aux enfants ou petits-enfants (€)Aides reçues : ensemble (€ par mois)dont des parents ou grands-parents (€)
Moins de 25 ans473415365
25 à 29 ans552173122
30 à 34 ans67612990
40 à 44 ans881813876
50 à 54 ans1441007142
55 à 59 ans1781384016
65 à 69 ans10379242
75 à 80 ans124105211
Source : Insee, enquête Budget de famille 2017, Insee Focus n° 319, « Les enfants et petits-enfants, principaux bénéficiaires de la solidarité financière entre ménages », 2023, figures 3a et 3b. · Champ : France, ménages vivant en logement ordinaire. Aides versées ou reçues au cours des deux derniers mois, exprimées en montant mensuel moyen. La moyenne est calculée sur l’ensemble des ménages de la tranche d’âge, qu’ils aient déclaré une aide ou non. Les aides recouvrent les transferts d’argent et la prise en charge de dépenses par un autre ménage. · Lecture : En 2017, les ménages dont la personne de référence a moins de 25 ans ont reçu en moyenne 415 euros d’aides par mois, dont 365 euros de leurs parents ou grands-parents.
  1. Quel montant mensuel moyen d’aides les ménages de moins de 25 ans reçoivent-ils en 2017, en euros ?

    Correction

    Réponse : 415 €

    Lecture directe au croisement de la ligne « Moins de 25 ans » et de la colonne « Aides reçues : ensemble ».

  2. Quel est le solde (aides reçues moins aides versées) des ménages de moins de 25 ans, en euros par mois ?

    Correction

    Réponse : 368 €

    415 − 47 = 368 euros par mois. Le solde est largement positif : les ménages jeunes sont massivement bénéficiaires nets de l’entraide familiale. À l’inverse, celui des 55-59 ans est négatif : 40 − 178 = − 138 euros.

  3. Quelle part des aides versées par les ménages de 55 à 59 ans est destinée à leurs enfants ou petits-enfants, en pourcentage ?

    %

    Correction

    Réponse : 77,5 %

    138 / 178 × 100 ≈ 77,5 %. Plus des trois quarts de l’aide versée à cet âge descend d’une génération à l’autre : l’entraide familiale est très majoritairement descendante.

  4. Rédigez la phrase de lecture correcte de la donnée « 138 » située à l’intersection de la ligne « 55 à 59 ans » et de la colonne « dont aux enfants ou petits-enfants ».

    Une phrase de lecture complète comporte la source et la date, le champ, la modalité concernée, l’unité et la grandeur mesurée. Attention à la nature de la moyenne indiquée dans le champ.

    Correction

    Phrase attendue : « Selon l’Insee (enquête Budget de famille 2017), en 2017, en France, les ménages dont la personne de référence a entre 55 et 59 ans et qui vivent en logement ordinaire ont versé en moyenne 138 euros par mois à leurs enfants ou petits-enfants. »

    Les erreurs les plus fréquentes :

    • oublier qu’il s’agit d’une moyenne calculée sur tous les ménages de la tranche d’âge, y compris ceux qui n’aident personne : les ménages qui aident effectivement versent donc bien davantage que 138 euros ;
    • oublier l’unité (euros par mois) et la confondre avec un total annuel ;
    • écrire « 138 % » ou « 138 euros par personne ».
  5. Montrez que ce document éclaire le rôle de la famille comme instance d’intégration, puis indiquez une limite de cet indicateur pour mesurer la solidarité familiale.

    Décrivez le sens des transferts entre âges en citant des chiffres, reliez-les à la notion d’instance d’intégration, puis demandez-vous ce que l’argent ne mesure pas.

    Correction

    Réponse attendue : le tableau montre que l’argent circule dans la famille selon un sens très net, des générations installées vers les générations jeunes. Les ménages de moins de 25 ans reçoivent en moyenne 415 euros par mois et n’en versent que 47, soit un solde de + 368 euros ; ceux de 25 à 29 ans reçoivent encore 173 euros pour 55 versés. À l’inverse, les ménages de 55 à 59 ans versent 178 euros et n’en reçoivent que 40. Ce que reçoivent les jeunes vient très majoritairement des ascendants : 365 des 415 euros pour les moins de 25 ans, soit près de neuf dixièmes.

    Cette entraide fait de la famille une véritable instance d’intégration : elle amortit les transitions de la vie adulte — études, premier logement, premier emploi souvent précaire — au moment précis où le travail n’assure pas encore un revenu stable. Elle prolonge donc, hors du marché, ce que Durkheim appelait la solidarité : les membres de la famille restent liés par des obligations réciproques, décalées dans le temps, puisque celui qui reçoit à 22 ans versera à son tour vers 55 ans.

    Les limites de l’indicateur. D’abord, l’aide monétaire n’épuise pas la solidarité familiale : garder ses petits-enfants, héberger un jeune adulte, accompagner un parent âgé, soutenir moralement un proche ne se compte pas en euros et n’apparaît pas ici. Ensuite, il s’agit de moyennes calculées sur tous les ménages, y compris ceux qui n’aident personne : elles masquent des situations très inégales. Enfin, et surtout, cette solidarité dépend des ressources disponibles : les familles aisées peuvent aider beaucoup plus que les familles modestes, si bien que l’entraide familiale, tout en produisant du lien, contribue aussi à reproduire les inégalités.

Notions : lien social intégration sociale solidarité mécanique solidarité organique

Autres exercices du chapitre

Tout le chapitre : Construction des liens sociaux