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Lecture de données — Qui est en situation d’isolement relationnel ?

Savoir-faireLecture de donnéesIntermédiaire📄 Document sourcé20 min

Utilisez le document pour répondre. Les trois premières questions se corrigent automatiquement, les deux suivantes demandent une réponse rédigée.

Document — Part des personnes en situation d’isolement relationnel en France, en janvier 2023

CatégoriePart en situation d’isolement relationnel (%)
Ensemble de la population12
Ouvriers18
Agriculteurs exploitants, artisans, commerçants et chefs d’entreprise17
Personnes au foyer16
Personnes disposant de bas revenus14
Personnes au chômage20
Source : Crédoc pour la Fondation de France, enquête Conditions de vie et aspirations, janvier 2023, rapport « Solitudes 2023 — Re-liés par les lieux », février 2024, figures 1 à 4. · Champ : France, personnes âgées de 15 ans et plus. Une personne est dite en situation d’isolement relationnel lorsqu’elle n’a pas de réseau de sociabilité : elle ne rencontre jamais ou très rarement les membres des différents cercles de relations (famille, amis, voisins, collègues, réseau associatif). Les catégories du tableau ne sont pas exclusives : une même personne peut être à la fois ouvrière et à bas revenus. · Lecture : En janvier 2023, 12 % de la population vivant en France est en situation d’isolement relationnel.
  1. Quelle part des ouvriers est en situation d’isolement relationnel en janvier 2023, en pourcentage ?

    %

    Correction

    Réponse : 18 %

    Lecture directe de la ligne « Ouvriers ». Les ouvriers affichent le taux d’isolement le plus élevé parmi les catégories socioprofessionnelles retenues par l’enquête.

  2. Quel est l’écart, en points de pourcentage, entre les ouvriers et l’ensemble de la population ?

    points

    Correction

    Réponse : 6 points

    18 − 12 = 6 points. L’isolement n’est donc pas réparti au hasard : il suit un gradient social, ce qui interdit de le réduire à une affaire de caractère ou de choix personnel.

  3. Combien de fois l’isolement relationnel est-il plus fréquent chez les personnes au chômage que dans l’ensemble de la population ?

    fois

    Correction

    Réponse : 1,7 fois

    20 / 12 ≈ 1,7 fois. Le coefficient multiplicateur complète l’écart en points : il rapporte la différence au niveau de référence et se lit « l’isolement est 1,7 fois plus fréquent chez les chômeurs ».

  4. Rédigez la phrase de lecture correcte de la donnée « 20 » située dans la ligne « Personnes au chômage ».

    Une phrase de lecture complète comporte la source et la date, le champ, la modalité concernée, l’unité, et la définition de l’indicateur mesuré.

    Correction

    Phrase attendue : « Selon le Crédoc (enquête Conditions de vie et aspirations réalisée pour la Fondation de France), en janvier 2023, en France, 20 % des personnes au chômage âgées de 15 ans et plus étaient en situation d’isolement relationnel, c’est-à-dire qu’elles ne rencontraient jamais ou très rarement les membres de leurs différents cercles de relations. »

    Les erreurs les plus fréquentes :

    • écrire « 20 % des Français au chômage se sentent seuls » : l’isolement relationnel est une mesure objective de la fréquence des contacts, distincte du sentiment de solitude, qui est subjectif ;
    • oublier la date : l’enquête est réalisée en janvier, et le Crédoc observe des variations saisonnières importantes ;
    • oublier de préciser la source, qui n’est pas la statistique publique mais un institut d’études.
  5. En vous appuyant sur le document et sur le cours, montrez que ce tableau illustre le processus de disqualification sociale décrit par Serge Paugam. Quelle limite de lecture faut-il signaler ?

    Reliez les catégories les plus touchées au rapport à l’emploi et aux ressources, puis interrogez le sens de la relation entre isolement et chômage.

    Correction

    Réponse attendue : le tableau montre que l’isolement relationnel se concentre là où le rapport à l’emploi et aux ressources est le plus fragile. Les personnes au chômage sont les plus touchées (20 %, contre 12 % pour l’ensemble de la population, soit 8 points de plus), suivies des ouvriers (18 %), des personnes au foyer (16 %) et des personnes à bas revenus (14 %). L’isolement suit donc un gradient social : il n’est pas une affaire de tempérament, mais une conséquence de la position occupée dans la société.

    On retrouve la mécanique décrite par Serge Paugam. La perte ou l’absence d’emploi supprime d’un seul coup le revenu, le statut reconnu et le collectif de travail. Les relations professionnelles se distendent, les sorties et les invitations coûtent de l’argent que l’on n’a plus, l’image de soi se dégrade et l’on évite les occasions de rencontre. Chaque étape rend la suivante plus probable : c’est le caractère cumulatif de la disqualification sociale. L’isolement qui en résulte réduit à son tour l’accès aux informations et aux recommandations qui aident à retrouver un emploi.

    La limite de lecture. Le tableau établit une corrélation, pas une causalité, et le sens de la relation peut jouer dans les deux directions : le chômage isole, mais un réseau relationnel pauvre rend aussi plus difficile l’accès à l’emploi. D’autres variables — l’âge, le diplôme, l’état de santé, le lieu de résidence — peuvent en outre agir simultanément sur les deux phénomènes. Il faut ajouter que les catégories du tableau se recoupent : les personnes à bas revenus sont souvent les mêmes que les chômeurs et les ouvriers, si bien que l’on ne peut pas additionner les effets.

Notions : sociabilité lien social précarité disqualification sociale

Autres exercices du chapitre

Tout le chapitre : Construction des liens sociaux