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Lecture de données — La confiance envers les inconnus, une dimension du lien social

Savoir-faireLecture de donnéesDifficile📄 Document sourcé20 min

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Document — Niveau de confiance envers les inconnus selon la configuration du ménage, de 2020 à 2023

Configuration du ménage2020202120222023
Personnes seules4,54,44,24,4
Familles monoparentales4,04,13,83,9
Couples sans enfant4,64,64,24,5
Couples avec enfants4,44,64,14,3
Ensemble4,44,54,14,3
Source : Insee, enquêtes Statistiques sur les ressources et les conditions de vie (SRCV) 2020 à 2023, fiche « Satisfaction dans la vie et confiance envers les autres », France, portrait social, édition 2025. · Champ : France métropolitaine, personnes vivant dans un logement ordinaire, âgées de 16 ans ou plus. Les personnes interrogées évaluent leur niveau de confiance envers les inconnus sur une échelle allant de 0 (« je ne fais pas du tout confiance ») à 10 (« je fais entièrement confiance »). Il s’agit donc d’une note moyenne, et non d’un pourcentage. · Lecture : En 2023, les personnes vivant dans une famille monoparentale évaluent en moyenne à 3,9 sur 10 leur confiance envers les inconnus.
  1. Quel est le niveau moyen de confiance envers les inconnus des personnes vivant dans une famille monoparentale en 2023 (note sur 10) ?

    sur 10

    Correction

    Réponse : 3,9 sur 10

    Lecture directe au croisement de la ligne « Familles monoparentales » et de la colonne « 2023 ». C’est la valeur la plus basse du tableau pour cette année.

  2. Quel est l’écart, en points, entre les couples sans enfant et les familles monoparentales en 2023 ?

    points

    Correction

    Réponse : 0,6 points

    4,5 − 3,9 = 0,6 point. L’écart paraît faible en valeur absolue, mais il porte sur une moyenne calculée sur des millions de personnes : sur une échelle de 0 à 10, un demi-point sépare durablement les configurations familiales les plus protégées des plus fragiles.

  3. De combien de points la note moyenne de l’ensemble de la population a-t-elle varié entre 2021 et 2022 ?

    points

    Correction

    Réponse : -0,4 points

    4,1 − 4,5 = − 0,4 point. La confiance se replie nettement en 2022, année marquée par le retour de l’inflation et par la guerre en Ukraine, avant de remonter partiellement en 2023 (4,3). La confiance envers autrui est donc sensible au contexte.

  4. Rédigez la phrase de lecture correcte de la donnée « 4,3 » située à l’intersection de la ligne « Ensemble » et de la colonne « 2023 ».

    Une phrase de lecture complète comporte la source et la date, le champ, l’unité et la grandeur mesurée. Attention : l’unité n’est pas le pourcentage.

    Correction

    Phrase attendue : « Selon l’Insee (enquête SRCV 2023), en 2023, en France métropolitaine, les personnes de 16 ans ou plus vivant dans un logement ordinaire évaluent en moyenne à 4,3 sur 10 leur niveau de confiance envers les inconnus. »

    Les erreurs les plus fréquentes :

    • écrire « 4,3 % des Français font confiance aux inconnus » : il s’agit d’une note moyenne sur une échelle de 0 à 10, pas d’une proportion ;
    • oublier que la confiance porte sur les inconnus, et non sur les proches ou sur les institutions ;
    • oublier le champ (France métropolitaine, logements ordinaires, 16 ans ou plus).
  5. En quoi la confiance envers les inconnus est-elle une dimension du lien social ? Que peut-on tirer de la comparaison entre configurations familiales ?

    Reliez la confiance à la notion d’intégration et, éventuellement, à l’anomie ; puis commentez la position des familles monoparentales sans conclure trop vite à une causalité.

    Correction

    Réponse attendue : la confiance envers les inconnus mesure quelque chose que les indicateurs de fréquence des contacts ne captent pas : la disposition à considérer autrui comme un partenaire fiable, y compris hors du cercle des proches. Or, dans une société à solidarité organique, l’essentiel de la vie quotidienne repose sur des relations avec des inconnus dont on dépend sans les connaître — le conducteur du bus, le pharmacien, l’artisan, l’administration. Une confiance faible signale que ce lien impersonnel fonctionne mal, ce qui rapproche de ce que Durkheim nommait l’anomie : les règles communes ne fournissent plus de repères assurés. La confiance est donc une condition du lien social autant qu’un indicateur de son état.

    Ce que montre la comparaison. Les familles monoparentales sont, chaque année de 2020 à 2023, la configuration la moins confiante : 3,9 sur 10 en 2023, contre 4,5 pour les couples sans enfant et 4,3 pour l’ensemble. À l’inverse, vivre seul ne s’accompagne pas d’une défiance particulière (4,4 en 2023, au-dessus de la moyenne) : là encore, vivre seul n’est pas être isolé. Le tableau montre enfin une sensibilité collective au contexte, la note d’ensemble reculant de 0,4 point entre 2021 et 2022 avant de remonter à 4,3.

    La prudence nécessaire. On ne peut pas conclure que la monoparentalité produit la défiance. Les familles monoparentales cumulent des situations objectivement plus difficiles — revenus plus faibles, taux de pauvreté plus élevé, contraintes de temps, moindre soutien quotidien — et ce sont sans doute ces conditions de vie, davantage que la configuration familiale en elle-même, qui nourrissent la méfiance. Il s’agit d’une corrélation entre deux caractéristiques, non d’une relation de cause à effet établie.

Notions : lien social intégration sociale anomie

Autres exercices du chapitre

Tout le chapitre : Construction des liens sociaux