Lecture de données — La confiance envers les inconnus, une dimension du lien social
Utilisez le document pour répondre. Les trois premières questions se corrigent automatiquement, les deux suivantes demandent une réponse rédigée.
Document — Niveau de confiance envers les inconnus selon la configuration du ménage, de 2020 à 2023
| Configuration du ménage | 2020 | 2021 | 2022 | 2023 |
|---|---|---|---|---|
| Personnes seules | 4,5 | 4,4 | 4,2 | 4,4 |
| Familles monoparentales | 4,0 | 4,1 | 3,8 | 3,9 |
| Couples sans enfant | 4,6 | 4,6 | 4,2 | 4,5 |
| Couples avec enfants | 4,4 | 4,6 | 4,1 | 4,3 |
| Ensemble | 4,4 | 4,5 | 4,1 | 4,3 |
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Quel est le niveau moyen de confiance envers les inconnus des personnes vivant dans une famille monoparentale en 2023 (note sur 10) ?
sur 10
Correction
Réponse : 3,9 sur 10
Lecture directe au croisement de la ligne « Familles monoparentales » et de la colonne « 2023 ». C’est la valeur la plus basse du tableau pour cette année.
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Quel est l’écart, en points, entre les couples sans enfant et les familles monoparentales en 2023 ?
points
Correction
Réponse : 0,6 points
4,5 − 3,9 = 0,6 point. L’écart paraît faible en valeur absolue, mais il porte sur une moyenne calculée sur des millions de personnes : sur une échelle de 0 à 10, un demi-point sépare durablement les configurations familiales les plus protégées des plus fragiles.
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De combien de points la note moyenne de l’ensemble de la population a-t-elle varié entre 2021 et 2022 ?
points
Correction
Réponse : -0,4 points
4,1 − 4,5 = − 0,4 point. La confiance se replie nettement en 2022, année marquée par le retour de l’inflation et par la guerre en Ukraine, avant de remonter partiellement en 2023 (4,3). La confiance envers autrui est donc sensible au contexte.
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Rédigez la phrase de lecture correcte de la donnée « 4,3 » située à l’intersection de la ligne « Ensemble » et de la colonne « 2023 ».
Une phrase de lecture complète comporte la source et la date, le champ, l’unité et la grandeur mesurée. Attention : l’unité n’est pas le pourcentage.
Correction
Phrase attendue : « Selon l’Insee (enquête SRCV 2023), en 2023, en France métropolitaine, les personnes de 16 ans ou plus vivant dans un logement ordinaire évaluent en moyenne à 4,3 sur 10 leur niveau de confiance envers les inconnus. »
Les erreurs les plus fréquentes :
- écrire « 4,3 % des Français font confiance aux inconnus » : il s’agit d’une note moyenne sur une échelle de 0 à 10, pas d’une proportion ;
- oublier que la confiance porte sur les inconnus, et non sur les proches ou sur les institutions ;
- oublier le champ (France métropolitaine, logements ordinaires, 16 ans ou plus).
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En quoi la confiance envers les inconnus est-elle une dimension du lien social ? Que peut-on tirer de la comparaison entre configurations familiales ?
Reliez la confiance à la notion d’intégration et, éventuellement, à l’anomie ; puis commentez la position des familles monoparentales sans conclure trop vite à une causalité.
Correction
Réponse attendue : la confiance envers les inconnus mesure quelque chose que les indicateurs de fréquence des contacts ne captent pas : la disposition à considérer autrui comme un partenaire fiable, y compris hors du cercle des proches. Or, dans une société à solidarité organique, l’essentiel de la vie quotidienne repose sur des relations avec des inconnus dont on dépend sans les connaître — le conducteur du bus, le pharmacien, l’artisan, l’administration. Une confiance faible signale que ce lien impersonnel fonctionne mal, ce qui rapproche de ce que Durkheim nommait l’anomie : les règles communes ne fournissent plus de repères assurés. La confiance est donc une condition du lien social autant qu’un indicateur de son état.
Ce que montre la comparaison. Les familles monoparentales sont, chaque année de 2020 à 2023, la configuration la moins confiante : 3,9 sur 10 en 2023, contre 4,5 pour les couples sans enfant et 4,3 pour l’ensemble. À l’inverse, vivre seul ne s’accompagne pas d’une défiance particulière (4,4 en 2023, au-dessus de la moyenne) : là encore, vivre seul n’est pas être isolé. Le tableau montre enfin une sensibilité collective au contexte, la note d’ensemble reculant de 0,4 point entre 2021 et 2022 avant de remonter à 4,3.
La prudence nécessaire. On ne peut pas conclure que la monoparentalité produit la défiance. Les familles monoparentales cumulent des situations objectivement plus difficiles — revenus plus faibles, taux de pauvreté plus élevé, contraintes de temps, moindre soutien quotidien — et ce sont sans doute ces conditions de vie, davantage que la configuration familiale en elle-même, qui nourrissent la méfiance. Il s’agit d’une corrélation entre deux caractéristiques, non d’une relation de cause à effet établie.