Analyse de document — Dix indicateurs pour compléter le PIB
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Document — Un tableau de bord à côté du PIB
Le PIB additionne les valeurs ajoutées produites en un an sur un territoire. Il dit donc quelque chose de l'activité économique, mais rien de la santé de la population, de la répartition des richesses ou de l'état de l'environnement. Pour combler ces angles morts, l'Insee tient à jour un tableau de bord de dix indicateurs destinés à compléter le PIB, répartis en trois domaines.
Le domaine économique en compte trois : le taux d'emploi des personnes de 15 à 64 ans, l'effort de recherche — la dépense intérieure de recherche et développement rapportée au PIB — et l'endettement, public comme privé.
Le domaine social en compte cinq : l'espérance de vie en bonne santé, la satisfaction dans la vie, les écarts de revenus, la pauvreté en conditions de vie et les sorties précoces du système scolaire.
Le domaine environnemental en compte deux : l'empreinte carbone et l'artificialisation des sols.
Ces indicateurs sont rattachés aux objectifs de développement durable adoptés par les Nations unies à l'horizon 2030. Ils cherchent à décrire trois choses à la fois : le bien-être présent de la population, la possibilité de le maintenir pour les générations futures, et les effets de l'économie française sur le reste du monde.
Aucun d'eux ne prétend remplacer le PIB, et ils ne sont d'ailleurs pas agrégés en un indice unique, contrairement à l'IDH. Ils l'entourent, et rappellent qu'un même montant de richesses produites peut correspondre à des situations sociales et écologiques très différentes.
D'après Insee, « Indicateurs de richesse nationale », tableau de bord, mise à jour du 17 juillet 2026.
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Classez les dix indicateurs dans les trois domaines mentionnés par le texte.
Correction
Domaine économique (3 indicateurs) : le taux d'emploi des 15-64 ans ; l'effort de recherche (dépense intérieure de recherche et développement rapportée au PIB) ; l'endettement public et privé.
Domaine social (5 indicateurs) : l'espérance de vie en bonne santé ; la satisfaction dans la vie ; les écarts de revenus ; la pauvreté en conditions de vie ; les sorties précoces du système scolaire.
Domaine environnemental (2 indicateurs) : l'empreinte carbone ; l'artificialisation des sols.
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Pour chacune des trois limites du PIB évoquées dans la première phrase du texte, indiquez quel indicateur du tableau de bord vient y répondre.
Correction
- Le PIB ne dit rien de la santé de la population → l'espérance de vie en bonne santé, qui mesure le nombre d'années vécues sans limitation d'activité, et non seulement la durée de la vie.
- Le PIB ne dit rien de la répartition des richesses → les écarts de revenus et la pauvreté en conditions de vie. Le PIB par habitant est une moyenne : deux pays de même moyenne peuvent avoir des inégalités très différentes.
- Le PIB ne dit rien de l'état de l'environnement → l'empreinte carbone et l'artificialisation des sols, qui mesurent respectivement les émissions de gaz à effet de serre induites par la demande française et la surface de terres soustraite aux usages naturels ou agricoles.
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Le texte indique que ces dix indicateurs ne sont pas agrégés en un indice unique, contrairement à l'IDH. Quel est l'avantage de chaque solution ?
Correction
L'avantage d'un indice unique comme l'IDH est la lisibilité : un seul nombre compris entre 0 et 1 permet de classer les pays et de suivre une évolution d'un coup d'œil. C'est ce qui a fait le succès de l'IDH, qui agrège le revenu national brut par habitant, l'espérance de vie et le niveau d'éducation.
L'avantage d'un tableau de bord est la richesse de l'information : rien n'est masqué par une moyenne. Agréger suppose en effet de décider du poids de chaque dimension — combien vaut une année d'espérance de vie face à un point de revenu ? —, décision qui est un choix politique déguisé en calcul. Un tableau de bord laisse ce choix au lecteur.
Le prix à payer est qu'un tableau de bord ne permet pas de trancher lorsque les indicateurs évoluent en sens contraire : un pays dont le taux d'emploi progresse mais dont l'empreinte carbone augmente va-t-il mieux ou moins bien ?
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Le texte affirme que ces indicateurs cherchent aussi à décrire « les effets de l'économie française sur le reste du monde ». Quel indicateur de la liste remplit cette fonction, et pourquoi ?
Correction
C'est l'empreinte carbone. Contrairement aux émissions mesurées sur le territoire, elle comptabilise les gaz à effet de serre émis partout dans le monde pour satisfaire la demande finale des Français, importations comprises.
Elle rend donc visible ce qu'un indicateur strictement territorial — le PIB comme les émissions nationales — laisse échapper : la consommation d'un pays riche peut faire baisser ses émissions sur son sol tout en les faisant augmenter ailleurs, si les productions polluantes sont importées plutôt que réalisées sur place.
C'est aussi ce qui justifie de suivre les deux indicateurs en parallèle : l'écart entre eux mesure précisément le contenu carbone des échanges extérieurs.