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Lecture de données — Combien vaut le travail domestique ?

Savoir-faireLecture de donnéesDifficile📄 Document sourcé20 min

Utilisez le document pour répondre. Les trois premières questions se corrigent automatiquement, les deux suivantes demandent une réponse rédigée.

Document — Le travail domestique en France en 2010, selon le périmètre et la méthode de valorisation retenus

MesurePérimètre restreintPérimètre intermédiairePérimètre extensif
Heures de travail domestique (milliards d'heures par an)42,161,077,2
En % du temps de travail rémunéré110159201
Valeur si l'heure est payée au Smic net (en % du PIB)15,121,927,7
Valeur si l'heure est payée au Smic super-brut (en % du PIB)22,632,841,6
Valeur au coût d'un professionnel spécialisé (en % du PIB)37,253,970,5
Source : Insee, « Le travail domestique : 60 milliards d'heures en 2010 », Insee Première n° 1423, novembre 2012 (enquête Emploi du temps 2010). · Champ : France hors Guyane et Mayotte, personnes de 11 ans et plus, année 2010. Trois périmètres sont testés : restreint (cuisine, ménage, linge, soins matériels aux enfants, gestion du ménage), intermédiaire (le précédent, plus les courses, le bricolage, le jardinage et les jeux avec les enfants), extensif (le précédent, plus les trajets en voiture pour soi-même et la promenade de l'animal). Le temps de travail rémunéré s'élevait la même année à environ 38 milliards d'heures. Le travail domestique n'entre pas dans le PIB : les valeurs indiquées sont des estimations de ce qu'il représenterait s'il était rémunéré. · Lecture : En 2010, selon le périmètre intermédiaire, les personnes de 11 ans et plus résidant en France ont consacré 61 milliards d'heures au travail domestique, soit 159 % du temps de travail rémunéré.
  1. Selon le périmètre intermédiaire, combien de milliards d'heures de travail domestique ont été réalisées en France en 2010 ?

    milliards d'heures

    Correction

    Réponse : 61 milliards d'heures

    Lecture directe : 61,0 milliards d'heures, ce qui a donné son titre à la publication de l'Insee (« 60 milliards d'heures »).

  2. Quel est l'écart, en points de PIB, entre l'estimation la plus basse et l'estimation la plus haute de la valeur du travail domestique ?

    points de PIB

    Correction

    Réponse : 55,4 points de PIB

    L'estimation la plus basse est 15,1 % du PIB (périmètre restreint valorisé au Smic net), la plus haute 70,5 % (périmètre extensif valorisé au coût d'un professionnel spécialisé) : 70,5 − 15,1 = 55,4 points de PIB. Cet écart énorme montre à quel point le résultat dépend des conventions retenues.

  3. Selon le périmètre extensif, le temps de travail domestique représente combien de fois le temps de travail rémunéré ? Arrondissez au dixième.

    fois

    Correction

    Réponse : 2 fois

    201 % correspond à 2,0 fois le temps de travail rémunéré. Avec le périmètre restreint, il lui est déjà supérieur (110 %).

  4. Rédigez la phrase de lecture correcte de la donnée « 32,8 » du tableau.

    Source, année, champ, unité, grandeur mesurée. Précisez les deux conventions retenues, car le chiffre n'a pas de sens sans elles.

    Correction

    Phrase attendue : « Selon l'Insee, en 2010, en France, si l'on retient le périmètre intermédiaire du travail domestique et que l'on valorise chaque heure au Smic super-brut, la valeur du travail domestique représenterait 32,8 % du PIB. »

    Erreurs fréquentes :

    • écrire « le travail domestique représente 32,8 % du PIB » sans préciser les deux conventions : la même année, l'estimation va de 15,1 % à 70,5 % ;
    • laisser croire que ces 32,8 % sont inclus dans le PIB, alors que le travail domestique en est justement exclu ;
    • oublier le conditionnel : il s'agit d'une évaluation, pas d'une mesure.
  5. Pourquoi le travail domestique n'est-il pas comptabilisé dans le PIB, et pourquoi les estimations de sa valeur varient-elles autant ?

    Deux questions distinctes : d'abord la règle de la comptabilité nationale, ensuite les choix qu'il faut faire pour chiffrer une activité qui n'a pas de prix.

    Correction

    Pourquoi le travail domestique est hors du PIB. Le PIB additionne les valeurs ajoutées des producteurs. Or le travail domestique n'est ni vendu à un prix de marché, ni financé par des prélèvements obligatoires : il n'a donc pas de prix observable, et la comptabilité nationale ne l'enregistre pas. Il en résulte un paradoxe bien connu : un parent qui garde son enfant ne produit rien au sens du PIB, alors que le même service confié à une crèche l'augmente.

    Pourquoi les estimations varient autant. Chiffrer cette production suppose deux décisions arbitraires, et le tableau croise précisément ces deux dimensions.

    1. Quelles activités compter ? Faire la cuisine est sans conteste du travail domestique ; jardiner ou bricoler est à la frontière du loisir. Selon le périmètre retenu, le volume passe de 42,1 à 77,2 milliards d'heures.
    2. À quel prix valoriser l'heure ? Au Smic net, au coût complet pour un employeur (Smic super-brut), ou au tarif du professionnel qu'il faudrait payer pour chaque tâche. Selon le choix, la valeur passe, à périmètre intermédiaire, de 21,9 % à 53,9 % du PIB.

    Ce qu'il faut retenir. Le travail domestique contribue réellement au bien-être des ménages, dans des proportions comparables à celles du travail rémunéré en volume d'heures. Son absence du PIB est donc une limite majeure de cet indicateur — mais la difficulté à le chiffrer explique pourquoi il n'y a pas été intégré.

Notions : production domestique limites du PIB production non marchande lecture de données

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