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Étude de document — La tomate après la canicule

Étude de documentÉtude de documentDifficile📄 Document20 min

Lisez le document, puis répondez aux questions dans l’ordre.

Document — Chronique d’un marché sous tension

Cet été, une canicule exceptionnelle a détruit près d’un tiers de la récolte de tomates de la région. Les producteurs, qui livraient habituellement 500 tonnes par semaine aux grossistes, n’en ont apporté que 340. Sur le carreau du marché, les acheteurs des supermarchés se sont disputé les cageots : en trois semaines, le prix de gros est passé de 1,80 € à 3,00 € le kilo, sans que les habitudes alimentaires des consommateurs n’aient changé.

Devant les protestations des associations de consommateurs, le préfet a annoncé un prix maximal de 2,00 € le kilo. Les jours suivants, les tomates ont disparu des étals avant midi et plusieurs producteurs ont préféré vendre leur récolte dans les régions voisines, où aucun plafond ne s’appliquait. « À 2 € le kilo, expliquait l’un d’eux, il ne me reste plus rien une fois l’eau, la main-d’œuvre et le transport payés. »

Source : Données fictives construites pour l’exercice.
  1. Repérez les offreurs et les demandeurs présents sur ce marché, ainsi que le bien échangé.

    Un marché se définit par la rencontre entre ceux qui veulent vendre et ceux qui veulent acheter un même bien.

    Correction

    Le bien échangé est la tomate, vendue au kilo sur un marché de gros. Les offreurs sont les producteurs de la région, les demandeurs sont les acheteurs des supermarchés (les grossistes et les distributeurs). Le prix de gros de 1,80 € puis de 3,00 € est le prix qui se forme sur ce marché ; il ne se confond pas avec le prix payé en magasin par le consommateur final.

  2. Relevez la phrase qui montre que l’offre a diminué et indiquez la cause de cette baisse.

    Cherchez une quantité livrée avant et après l’événement.

    Correction

    La phrase attendue est : « les producteurs, qui livraient habituellement 500 tonnes par semaine aux grossistes, n’en ont apporté que 340 ». La cause n’est pas économique mais climatique : la canicule a détruit environ un tiers de la récolte, ce qui modifie les conditions de production et non le comportement des acheteurs.

  3. Expliquez, en raisonnant sur les courbes d’offre et de demande, pourquoi le prix est passé de 1,80 € à 3,00 € le kilo.

    Demandez-vous d’abord quelle courbe se déplace, puis dans quel sens, puis ce que devient le point d’équilibre.

    Correction

    La canicule réduit la quantité que les producteurs peuvent proposer à chaque niveau de prix : la courbe d’offre se déplace vers la gauche. Le texte précise que « les habitudes alimentaires des consommateurs n’ont pas changé » : la courbe de demande, elle, reste immobile.

    Au prix initial de 1,80 €, la quantité demandée dépasse alors la quantité offerte. Les acheteurs se font concurrence pour obtenir les cageots disponibles et acceptent de payer davantage. Le nouvel équilibre s’établit à un prix plus élevé (3,00 €) pour une quantité échangée plus faible (340 tonnes au lieu de 500). C’est la signature d’un choc d’offre : le prix et les quantités varient en sens contraire.

  4. Pourquoi le prix maximal de 2,00 € décidé par le préfet a-t-il fait disparaître les tomates des étals ?

    Comparez le prix plafond au prix d’équilibre, puis raisonnez séparément sur les acheteurs et sur les vendeurs.

    Correction

    Le prix plafond (2,00 €) est fixé en dessous du prix d’équilibre (3,00 €) : il est donc contraignant. À 2,00 €, la tomate redevient bon marché pour les acheteurs, dont la demande augmente ; mais, comme l’explique le producteur cité, ce prix ne couvre plus les coûts (« l’eau, la main-d’œuvre et le transport »), si bien que l’offre diminue encore, certains préférant vendre ailleurs.

    La demande excède donc largement l’offre : c’est une situation de pénurie. Le prix ne pouvant plus monter pour rationner les acheteurs, c’est l’ordre d’arrivée qui rationne : les tomates disparaissent avant midi.

  5. Le préfet affirme que son plafond protège les consommateurs. Discutez cette affirmation.

    Distinguez les consommateurs qui parviennent à acheter de ceux qui repartent les mains vides, puis proposez un autre moyen d’action.

    Correction

    L’affirmation n’est vraie que pour une partie des consommateurs. Ceux qui arrivent tôt achètent effectivement leurs tomates 2,00 € au lieu de 3,00 € : leur pouvoir d’achat est protégé. Mais les autres ne trouvent plus rien : pour eux, le prix plafond n’a pas abaissé le prix, il a supprimé l’accès au produit. Les quantités échangées sont plus faibles qu’en l’absence de plafond.

    Le texte montre en outre deux effets pervers : le détournement de la production vers les régions voisines, et la disparition d’une partie de l’offre locale. On peut donc juger la mesure inefficace pour atteindre son objectif. Une aide directe versée aux ménages modestes, ou une aide aux producteurs sinistrés pour rétablir l’offre, agirait sans bloquer le mécanisme d’ajustement par les prix. Toute réponse nuancée, appuyée sur le document, est acceptée.

Notions : marché offre demande prix d’équilibre prix plafond pénurie

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Tout le chapitre : La formation des prix