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Lecture de données — La croissance française et ses composantes depuis la crise sanitaire

Savoir-faireLecture de donnéesIntermédiaire📄 Document sourcé20 min

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Document — Évolution du PIB et de ses composantes en volume en France, de 2020 à 2025 (en %)

Agrégat202020212022202320242025
Produit intérieur brut− 7,46,92,71,61,50,8
Dépense de consommation finale− 5,85,73,11,01,00,4
Formation brute de capital fixe− 5,89,7− 0,41,3− 0,90,5
Exportations de biens et services− 16,611,39,12,53,22,3
Importations de biens et services− 12,28,39,0− 0,2− 0,62,8
Source : Insee, comptes nationaux annuels - base 2020, « Évolution du produit intérieur brut et de ses composantes », données annuelles publiées le 29 mai 2026. · Champ : France. Évolution en volume par rapport à l'année précédente, en %, aux prix de l'année précédente chaînés. Données 2024 semi-définitives, données 2025 provisoires. · Lecture : En 2021, le produit intérieur brut de la France a augmenté de 6,9 % en volume, après un recul de 7,4 % en 2020.
  1. De combien le PIB français a-t-il varié en volume en 2020, en pourcentage ?

    %

    Correction

    Réponse : -7.4 %

    Lecture directe de la première ligne. Le signe compte : il s'agit d'un recul de 7,4 % du PIB en volume, c'est-à-dire d'une récession — la production s'est contractée, elle n'a pas seulement ralenti. C'est le contrecoup des restrictions sanitaires de 2020.

  2. En appliquant successivement les taux de 2021, 2022 et 2023, de combien le PIB a-t-il augmenté au total entre 2020 et 2023, en pourcentage ? (Arrondissez à deux décimales.)

    %

    Correction

    Réponse : 11.54 %

    Les taux de croissance ne s'additionnent pas, ils se composent : 1,069 × 1,027 × 1,016 ≈ 1,1154, soit + 11,54 %. L'addition naïve (6,9 + 2,7 + 1,6 = 11,2) sous-estime le résultat, car chaque hausse s'applique à une base déjà augmentée.

  3. En 2024, quel est l'écart entre le taux de variation de la formation brute de capital fixe et celui du PIB, en points de pourcentage ?

    points

    Correction

    Réponse : -2.4 points

    − 0,9 − 1,5 = − 2,4 points. L'investissement recule alors que le PIB progresse : l'accumulation de capital, qui est l'une des deux sources d'accumulation des facteurs, ne soutient pas la croissance cette année-là. Un écart entre deux taux de variation s'exprime en points, jamais en pourcentage.

  4. Rédigez la phrase de lecture de la donnée « 9,7 » du tableau.

    Une phrase de lecture complète précise l'institution qui produit la donnée, l'année, le champ géographique, l'unité et la grandeur mesurée. Attention : il s'agit d'un taux de variation, pas d'un niveau.

    Correction

    Phrase attendue : « Selon l'Insee, en France, la formation brute de capital fixe a augmenté de 9,7 % en volume en 2021 par rapport à 2020. »

    Les erreurs fréquentes :

    • écrire « la FBCF s'élève à 9,7 » : la donnée n'est pas un niveau mais une variation annuelle ;
    • oublier « en volume » : le tableau est établi aux prix de l'année précédente chaînés, l'effet des prix est donc neutralisé ;
    • oublier l'année de comparaison : une variation se lit toujours par rapport à l'année précédente.
  5. Peut-on dire que la France a connu une forte croissance économique en 2021 ? Justifiez, puis expliquez ce que le tableau permet — et ne permet pas — de dire sur les sources de la croissance française.

    Reprenez la définition de la croissance économique donnée en cours (« augmentation soutenue sur une longue période »), puis demandez-vous si les colonnes du tableau décrivent l'offre ou la demande.

    Correction

    Premier point : 2021 n'est pas une année de croissance au sens du chapitre. Le PIB progresse de 6,9 % en volume, mais après un recul de 7,4 % l'année précédente. Le produit de 0,926 × 1,069 vaut environ 0,990 : fin 2021, la production n'avait pas encore retrouvé son niveau de 2019. Il s'agit d'un rattrapage conjoncturel, non d'une croissance au sens d'une augmentation soutenue sur une longue période. Sur l'ensemble 2022-2025, le rythme est d'ailleurs beaucoup plus modeste : 2,7 %, puis 1,6 %, 1,5 % et 0,8 %.

    Second point : le tableau décrit la demande, pas les sources de la croissance. Consommation, investissement, exportations et importations sont les emplois du PIB : ils indiquent qui a acheté la production, non ce qui a permis de la produire. Les sources de la croissance de long terme — quantité de travail, stock de capital, productivité globale des facteurs — relèvent de l'offre et n'apparaissent pas ici.

    Ce que le tableau apporte tout de même : la ligne de la formation brute de capital fixe renseigne sur l'accumulation du capital, qui est bien l'un des facteurs de la croissance potentielle. Or elle est négative en 2022 (− 0,4 %) et en 2024 (− 0,9 %), et très faible en 2023 et 2025. Un investissement atone pèse sur le stock de capital productif, donc sur la croissance future, et retarde l'incorporation du progrès technique, qui passe largement par des équipements nouveaux.

Notions : croissance économique PIB en volume taux de variation facteur capital investissement

Autres exercices du chapitre

Tout le chapitre : Sources et défis de la croissance