Lecture de données — Les brevets, mesure de la production technologique
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Document — Familles de brevets déposées par les principaux pays inventeurs, cumul 2016-2021
| Pays des inventeurs | Familles de brevets internationales | Familles de brevets nationales |
|---|---|---|
| Japon | 451 344 | 905 453 |
| États-Unis | 431 384 | 466 816 |
| Chine | 346 987 | 7 445 577 |
| Allemagne | 202 158 | 137 901 |
| Corée du Sud | 173 248 | 678 796 |
| France | 78 014 | 40 001 |
| Royaume-Uni | 61 377 | 28 510 |
| Italie | 38 123 | 19 072 |
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Quelle part la France représente-t-elle dans les familles de brevets internationales des huit pays du tableau, en pourcentage ? (Arrondissez à deux décimales.)
%
Correction
Réponse : 4.38 %
Total des huit pays : 451 344 + 431 384 + 346 987 + 202 158 + 173 248 + 78 014 + 61 377 + 38 123 = 1 782 635. Puis 78 014 / 1 782 635 × 100 ≈ 4,38 %. La France pèse donc peu au regard des trois premiers pays, mais reste le sixième déposant de cette sélection.
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Combien de fois les familles de brevets nationales chinoises sont-elles plus nombreuses que ses familles internationales ? (Arrondissez à deux décimales.)
Correction
Réponse : 21.46
7 445 577 / 346 987 ≈ 21,46. L'écart est sans équivalent : l'essentiel des brevets déposés par des inventeurs chinois ne sont protégés qu'auprès d'un seul office. Or l'extension d'une invention à plusieurs pays est coûteuse : on ne la finance que pour les inventions jugées les plus rentables. Le nombre brut de brevets est donc un très mauvais indicateur de la qualité de l'innovation.
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Combien de fois l'Allemagne dépose-t-elle plus de familles de brevets internationales que la France ? (Arrondissez à deux décimales.)
Correction
Réponse : 2.59
202 158 / 78 014 ≈ 2,59. Rapprochez ce résultat de l'effort de recherche des deux pays (3,13 % du PIB en Allemagne contre 2,18 % en France) : l'écart de production technologique est nettement plus grand que l'écart de dépense, ce qui renvoie à la structure industrielle allemande, très spécialisée dans les biens d'équipement.
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Rédigez la phrase de lecture de la donnée « 40 001 » du tableau.
Précisez la source, la période, le champ et la grandeur mesurée. Attention : la donnée est un cumul sur six années, pas un chiffre annuel.
Correction
Phrase attendue : « Selon l'OST-Hcéres, entre 2016 et 2021, les inventeurs résidant en France ont déposé 40 001 familles de brevets nationales, c'est-à-dire protégées auprès d'un seul office de propriété industrielle. »
Trois précautions :
- il s'agit d'un cumul sur six ans, et non d'un flux annuel ;
- le rattachement se fait au pays de résidence des inventeurs, et non au siège de l'entreprise qui dépose : une invention réalisée en France dans le laboratoire d'un groupe étranger est comptée pour la France ;
- une famille de brevets correspond à une invention, quel que soit le nombre de dépôts qu'elle a donné lieu à travers le monde ; c'est précisément ce qui évite de compter plusieurs fois la même innovation.
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Le nombre de brevets déposés est-il un bon indicateur de la capacité d'innovation d'un pays ? Répondez en vous appuyant sur le tableau, puis expliquez en quoi le brevet lui-même illustre le rôle des institutions dans la croissance.
Comparez les deux colonnes pour la Chine et pour l'Allemagne, puis souvenez-vous que le brevet a deux effets opposés : il incite à innover, mais il retarde la diffusion.
Correction
1. Un indicateur utile mais fragile. Le tableau montre d'abord que le résultat dépend entièrement de l'indicateur retenu. Si l'on compte toutes les familles, la Chine écrase le classement avec 7,4 millions de familles nationales. Si l'on ne retient que les familles internationales, elle passe derrière le Japon (451 344) et les États-Unis (431 384). Le contraste est encore plus net pour l'Allemagne, seul pays du tableau, avec la France, le Royaume-Uni et l'Italie, à déposer davantage de familles internationales que nationales.
Trois limites doivent être mentionnées : toutes les innovations ne sont pas brevetées (les innovations d'organisation ou de service le sont rarement) ; tous les brevets ne débouchent pas sur une application économique, certains ne servent qu'à bloquer les concurrents ; enfin, un brevet incrémental et une innovation de rupture comptent pour une unité chacun.
2. Le brevet, institution au cœur de la croissance. Il donne à l'innovateur un monopole d'exploitation temporaire, donc la possibilité de rentabiliser une dépense de recherche risquée. Sans cette garantie, la connaissance produite se diffuserait immédiatement et gratuitement à tous les concurrents : le rendement privé de la R&D serait très inférieur à son rendement social, et l'investissement privé serait insuffisant. Le brevet est donc l'exemple type des droits de propriété qui, en sécurisant le rendement de l'investissement, soutiennent la croissance.
3. Mais un arbitrage, pas une solution parfaite. Le monopole accordé retarde la diffusion de la connaissance et maintient des prix élevés pendant sa durée. L'institution doit donc arbitrer entre inciter à innover et diffuser l'innovation : c'est pourquoi la protection est limitée dans le temps et suppose la publication du contenu de l'invention.