Lecture de données — La féminisation inégale des groupes socioprofessionnels
Utilisez le document pour répondre. Les trois premières questions se corrigent automatiquement, les deux suivantes demandent une réponse rédigée.
Document — Répartition des personnes en emploi par catégorie socioprofessionnelle et part des femmes dans chaque catégorie, en 2020 (en %)
| Catégorie socioprofessionnelle | Répartition des femmes en emploi | Répartition des hommes en emploi | Part des femmes dans la catégorie |
|---|---|---|---|
| Agriculteurs exploitants | 0,7 | 2,0 | 26,2 |
| Artisans, commerçants, chefs d'entreprise | 4,2 | 9,2 | 30,3 |
| Cadres et professions intellectuelles supérieures | 17,9 | 22,7 | 42,6 |
| Professions intermédiaires | 29,0 | 23,3 | 54,0 |
| Employés | 39,9 | 12,5 | 75,1 |
| Ouvriers | 7,9 | 29,9 | 19,9 |
| Ensemble des personnes en emploi | 100,0 | 100,0 | 48,6 |
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Quelle est la part des femmes parmi les employés en 2020, en pourcentage ?
%
Correction
Réponse : 75.1 %
Lecture directe au croisement de la ligne « Employés » et de la colonne « Part des femmes dans la catégorie » : 75,1 %. Trois emplois d'employé sur quatre sont occupés par une femme, alors que les femmes ne représentent que 48,6 % de l'ensemble des personnes en emploi : le groupe est donc fortement surreprésenté en femmes.
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Quel est l'écart, en points de pourcentage, entre la part des femmes chez les employés et leur part chez les ouvriers ?
points de pourcentage
Correction
Réponse : 55.2 points de pourcentage
75,1 − 19,9 = 55,2 points de pourcentage. Attention à l'unité : la différence de deux pourcentages s'exprime en points, jamais en « pour cent ». Cet écart mesure ce que les sociologues appellent la ségrégation professionnelle : femmes et hommes n'occupent pas les mêmes emplois d'exécution, les unes dans les services (commerce, aide à la personne, secrétariat), les autres dans l'industrie et la construction.
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Parmi les femmes en emploi, quelle part occupe un emploi d'employée ou de profession intermédiaire, en pourcentage ?
%
Correction
Réponse : 68.9 %
39,9 + 29,0 = 68,9 %. Plus des deux tiers des femmes en emploi se concentrent dans deux groupes seulement, contre 35,8 % des hommes (12,5 + 23,3). Les hommes sont au contraire beaucoup plus dispersés, avec un poids important des ouvriers (29,9 %) et des indépendants (2,0 + 9,2 = 11,2 %, contre 4,9 % pour les femmes).
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Rédigez la phrase de lecture correcte de la donnée « 42,6 » du tableau.
Une phrase de lecture complète comporte la source, le champ, la date, l'unité et la grandeur mesurée. Précisez bien de quel total ces 42,6 % représentent une part.
Correction
Phrase attendue : « Selon l'Insee (enquête Emploi 2020), en 2020, en France hors Mayotte, 42,6 % des personnes en emploi appartenant au groupe des cadres et professions intellectuelles supérieures étaient des femmes. »
Les erreurs les plus fréquentes :
- inverser le rapport et écrire « 42,6 % des femmes sont cadres » : cette donnée-là figure dans une autre colonne du tableau et vaut 17,9 % ;
- oublier que la statistique porte sur les personnes en emploi, et non sur l'ensemble de la population ni sur la population active (les chômeurs ne sont pas comptés) ;
- omettre l'année : la féminisation des cadres est un processus qui s'étale dans le temps, un pourcentage sans date n'a pas de sens ;
- conclure de ce chiffre que les femmes cadres occupent les mêmes positions que les hommes cadres : la part des femmes diminue à mesure que l'on monte dans la hiérarchie de l'encadrement, ce que ce tableau ne permet pas de voir.
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Ce tableau montre-t-il que le genre est devenu un clivage social plus important que la position socioprofessionnelle ? Justifiez en citant des chiffres.
Demandez-vous si les femmes forment un groupe homogène dans le tableau : sont-elles absentes de toutes les catégories, ou concentrées dans certaines ?
Correction
Réponse attendue : non, mais le genre structure fortement la position occupée. Le tableau ne montre pas des femmes tenues à l'écart de la structure socioprofessionnelle ; il montre qu'elles y sont inégalement réparties. Elles représentent 48,6 % des personnes en emploi, mais 75,1 % des employés, 54,0 % des professions intermédiaires, 42,6 % des cadres, 30,3 % des artisans, commerçants et chefs d'entreprise, 26,2 % des agriculteurs exploitants et seulement 19,9 % des ouvriers. Deux groupes sont donc nettement féminisés, quatre nettement masculins.
La lecture par colonne le confirme : 68,9 % des femmes en emploi sont employées ou professions intermédiaires, contre 35,8 % des hommes ; à l'inverse, 29,9 % des hommes sont ouvriers, contre 7,9 % des femmes. Cette ségrégation professionnelle explique une partie des écarts de salaire : les femmes sont massivement présentes dans les emplois du tertiaire les moins rémunérés et les plus souvent à temps partiel.
Mais conclure que le genre remplacerait la classe serait une erreur. Les femmes ne forment pas un groupe homogène : une femme cadre et une femme ouvrière ne partagent ni les mêmes revenus, ni les mêmes conditions de travail, ni les mêmes pratiques culturelles. Le document sur les salaires du secteur privé montre d'ailleurs qu'une femme cadre gagne davantage qu'un homme ouvrier. Le genre est donc un facteur de différenciation qui se combine avec la position socioprofessionnelle — les inégalités se cumulent pour les femmes des catégories populaires — sans s'y substituer.
Prolongement. Ce tableau ne dit rien du temps partiel, du niveau de responsabilité à l'intérieur de chaque groupe, ni des trajectoires de carrière : autant de dimensions par lesquelles passent aussi les inégalités entre femmes et hommes.