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Lecture de données — La transformation des structures familiales depuis 1990

Savoir-faireLecture de donnéesIntermédiaire📄 Document sourcé20 min

Utilisez le document pour répondre. Les trois premières questions se corrigent automatiquement, les deux suivantes demandent une réponse rédigée.

Document — Répartition des ménages selon la structure familiale en France, en 1990 et en 2023 (en %)

Type de ménage19902023
Homme seul10,117,4
Femme seule16,921,7
Couple sans enfant23,424,9
Couple avec enfant(s)36,422,9
Famille monoparentale6,89,5
Ménages complexes6,43,6
Ensemble100,0100,0
Nombre total de ménages (en milliers)21 942,131 274,7
Source : Insee, recensement de la population 1990 (sondage au 1/4) et recensement de la population 2023, exploitations complémentaires (« Ménages selon la structure familiale »). · Champ : France hors Mayotte, population des ménages. Un ménage complexe rassemble plusieurs personnes sans lien de couple ni de filiation directe entre elles (colocataires, plusieurs familles sous le même toit, etc.). · Lecture : En 2023, 22,9 % des ménages français sont composés d'un couple avec au moins un enfant, contre 36,4 % en 1990.
  1. Quelle part des ménages est composée d'une seule personne en 2023, en pourcentage ?

    %

    Correction

    Réponse : 39.1 %

    17,4 + 21,7 = 39,1 %. Près de quatre ménages sur dix sont des personnes seules, contre 27,0 % en 1990 (10,1 + 16,9), soit une progression de 12,1 points. Attention à ne pas confondre part des ménages et part de la population : un ménage d'une personne compte pour un ménage mais pour un seul habitant, alors qu'un couple avec enfants en compte plusieurs. Les personnes seules sont donc bien moins de 39 % de la population.

  2. De combien de points de pourcentage la part des couples avec enfant(s) a-t-elle varié entre 1990 et 2023 ?

    points de pourcentage

    Correction

    Réponse : -13.5 points de pourcentage

    22,9 − 36,4 = − 13,5 points de pourcentage. Le signe négatif est indispensable : c'est un recul. Ce modèle familial, encore majoritaire relativement en 1990, ne concerne plus aujourd'hui qu'un peu moins d'un ménage sur quatre. Attention : cela ne signifie pas que le nombre de couples avec enfants a chuté dans les mêmes proportions, car le nombre total de ménages a fortement augmenté.

  3. De quel pourcentage le nombre total de ménages a-t-il augmenté entre 1990 et 2023 ? (Arrondissez à une décimale.)

    %

    Correction

    Réponse : 42.5 %

    (31 274,7 − 21 942,1) / 21 942,1 × 100 = 42,53, soit environ 42,5 %. Le nombre de ménages croît beaucoup plus vite que la population : c'est la conséquence directe de la décohabitation — séparations, vie seule à tous les âges, vieillissement. Ce calcul explique aussi le paradoxe de la question précédente : la part des couples avec enfants recule de 13,5 points alors que leur nombre absolu ne diminue que modérément.

  4. Rédigez la phrase de lecture correcte de la donnée « 9,5 » du tableau.

    Une phrase de lecture complète comporte la source, le champ, la date, l'unité et la grandeur mesurée. Précisez de quel ensemble ces 9,5 % constituent une part.

    Correction

    Phrase attendue : « Selon l'Insee (recensement de la population 2023), en 2023, en France hors Mayotte, 9,5 % des ménages étaient des familles monoparentales, c'est-à-dire un adulte vivant avec un ou plusieurs de ses enfants. »

    Les erreurs les plus fréquentes :

    • écrire « 9,5 % des familles » au lieu de « 9,5 % des ménages » : le dénominateur est l'ensemble des ménages, personnes seules comprises ;
    • transformer ce pourcentage de ménages en pourcentage d'enfants ou de personnes : les familles monoparentales comptent plusieurs individus, leur poids dans la population est différent ;
    • omettre la date, alors que l'intérêt du tableau est précisément la comparaison avec 1990 (6,8 %) ;
    • oublier le champ : France hors Mayotte, population vivant en ménage, ce qui exclut les personnes vivant en collectivité (maisons de retraite, foyers, casernes).
  5. En quoi ces évolutions compliquent-elles la mesure de la position sociale d'un ménage ? Répondez en vous appuyant sur le tableau et sur le cours.

    L'Insee a longtemps résumé la position d'un ménage à celle d'une seule personne de référence. Demandez-vous ce que devient cette convention quand les configurations familiales se diversifient.

    Correction

    Réponse attendue : la statistique sociale a longtemps rapporté la position d'un ménage à celle d'une personne de référence unique, en pratique l'homme du couple. Cette convention supposait un modèle familial dominant et stable : le couple avec enfants, dont un seul membre exerçait une activité rémunérée. Le tableau montre que ce modèle est devenu minoritaire : il ne représente plus que 22,9 % des ménages en 2023, contre 36,4 % en 1990.

    Trois évolutions brouillent la mesure. D'abord, la montée des personnes seules — 39,1 % des ménages en 2023 contre 27,0 % en 1990 — fait coïncider position individuelle et position du ménage, mais expose ces ménages à un revenu unique. Ensuite, la progression des familles monoparentales (de 6,8 % à 9,5 %) crée des ménages où un seul adulte assume l'ensemble des charges : à catégorie socioprofessionnelle identique, leur niveau de vie est nettement plus faible. Enfin, la généralisation de l'activité professionnelle des femmes fait que, dans un couple, les deux membres occupent souvent des positions différentes : rattacher le ménage à un seul d'entre eux revient à effacer l'autre.

    Conséquence pour l'analyse. C'est notamment pour cette raison que l'Insee a introduit, avec la rénovation de la nomenclature en 2020, une « PCS Ménage » construite à partir des deux principaux adultes du foyer. Plus largement, ces transformations illustrent le processus d'individualisation : les trajectoires familiales se diversifient et se recomposent, ce qui rend moins évidente l'assignation d'un individu, et plus encore d'un foyer, à une position sociale unique et stable. Elles ne signifient pas pour autant la disparition des inégalités : les configurations familiales elles-mêmes sont socialement différenciées, la monoparentalité et l'isolement étant plus fréquents et plus lourds de conséquences dans les catégories populaires.

Notions : stratification sociale individualisation identité collective lecture de données

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