Lecture de données — Le bilan de l'Eurosystème
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Document — Le bilan consolidé de l'Eurosystème au 31 juillet 2026
| Poste du bilan | Encours au 31 juillet 2026 (millions €) |
|---|---|
| ACTIF — Or et créances en or | 1 232 856 |
| ACTIF — Titres en euros émis par des résidents de la zone euro | 3 743 161 |
| ACTIF — Prêts aux banques de la zone euro liés aux opérations de politique monétaire | 36 229 |
| ACTIF — Autres postes d'actif | 929 002 |
| ACTIF — TOTAL | 5 941 248 |
| PASSIF — Billets en circulation | 1 637 533 |
| PASSIF — Comptes courants des banques (réserves obligatoires) | 356 151 |
| PASSIF — Facilité de dépôt (liquidités déposées par les banques à la banque centrale) | 1 966 816 |
| PASSIF — Capital et réserves | 28 149 |
| PASSIF — Autres postes de passif | 1 952 599 |
| PASSIF — TOTAL | 5 941 248 |
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Quelle part les titres en euros émis par des résidents de la zone euro représentent-ils dans le total de l'actif, en pourcentage ?
%
Correction
Réponse : 63 %
3 743 161 / 5 941 248 × 100 ≈ 63,0 %. Près des deux tiers de l'actif de l'Eurosystème sont donc constitués de titres — essentiellement des obligations publiques et privées achetées sur les marchés dans le cadre des programmes d'achats d'actifs lancés à partir de 2015. Avant ces politiques dites non conventionnelles, ce poste était marginal.
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Quelle part les billets en circulation représentent-ils dans le total du passif, en pourcentage ?
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Correction
Réponse : 27.56 %
1 637 533 / 5 941 248 × 100 ≈ 27,6 %. Les billets figurent au passif de la banque centrale : ce sont une dette de l'institution envers leurs détenteurs, exactement comme un dépôt est une dette de votre banque envers vous. C'est le point le plus contre-intuitif de ce document.
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Quelle part les prêts aux banques liés aux opérations de politique monétaire représentent-ils dans le total de l'actif, en pourcentage ?
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Correction
Réponse : 0.61 %
36 229 / 5 941 248 × 100 ≈ 0,61 %. Le refinancement classique des banques — celui auquel s'applique le taux directeur des opérations principales de refinancement — ne pèse donc presque plus rien dans le bilan. Après des années d'achats d'actifs, les banques disposent d'abondantes liquidités et n'ont plus besoin d'emprunter à la banque centrale : le taux qui « mord » aujourd'hui est celui de la facilité de dépôt, au passif.
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Rédigez la phrase de lecture correcte de la donnée « 1 966 816 » du tableau.
Une phrase de lecture complète comporte quatre éléments : la source, la date et le champ, l'unité de mesure, et la grandeur mesurée.
Correction
Phrase attendue : « Selon la Banque centrale européenne, au 31 juillet 2026, les liquidités déposées par les banques de la zone euro auprès de l'Eurosystème au titre de la facilité de dépôt s'élevaient à 1 966 816 millions d'euros, soit environ 1 967 milliards d'euros. »
Les erreurs les plus fréquentes :
- oublier l'unité : le tableau est libellé en millions d'euros, il faut donc diviser par mille pour raisonner en milliards ;
- écrire qu'il s'agit d'argent « prêté par la BCE aux banques » : c'est l'inverse, ce sont les banques qui déposent leurs liquidités excédentaires auprès de la banque centrale ;
- confondre cette somme avec de la monnaie détenue par les ménages : la monnaie centrale ne circule qu'entre les banques et la banque centrale.
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En quoi ce bilan montre-t-il l'ampleur des politiques monétaires non conventionnelles ? Expliquez ensuite pourquoi le niveau du taux de la facilité de dépôt est devenu un instrument central de la politique monétaire.
Comparez le poids des titres détenus à celui des prêts aux banques. Puis demandez-vous ce que rapporte, à une banque, la somme inscrite à la ligne « facilité de dépôt ».
Correction
Première partie : l'empreinte des achats d'actifs. Dans un bilan de banque centrale « classique », l'actif est dominé par l'or, les devises et les prêts aux banques ; les titres n'y tiennent qu'une place modeste. Ici, la structure est inversée : les titres en euros émis par des résidents de la zone euro atteignent 3 743 161 millions d'euros, soit 63 % de l'actif, quand les prêts liés aux opérations de politique monétaire ne pèsent que 36 229 millions, c'est-à-dire 0,6 %. Ce déséquilibre est la trace directe de l'assouplissement quantitatif : à partir de 2015, puis massivement pendant la crise sanitaire, l'Eurosystème a acheté des obligations publiques et privées en payant avec de la monnaie centrale nouvellement créée. Le bilan a gonflé d'autant, et cette monnaie créée se retrouve, au passif, sur les comptes que les banques détiennent à la banque centrale.
Seconde partie : pourquoi la facilité de dépôt est devenue le taux directeur. La contrepartie de ces achats est visible au passif : 1 966 816 millions d'euros sont placés par les banques en facilité de dépôt, soit environ cinquante-quatre fois le montant qu'elles empruntent à la banque centrale. Autrement dit, les banques ne sont plus en situation de manquer de monnaie centrale : elles en ont trop. Dans ce contexte, le taux auquel elles pourraient emprunter n'a plus guère d'effet, puisqu'elles n'empruntent pas. Ce qui compte est le taux auquel leurs liquidités excédentaires sont rémunérées : aucune banque n'acceptera de prêter à une autre banque, ou à un client, à un taux inférieur à celui qu'elle obtient sans risque auprès de la banque centrale. Le taux de la facilité de dépôt fixe donc un plancher pour l'ensemble des taux de court terme, et c'est par lui que la BCE pilote aujourd'hui le coût du crédit.
Une bonne réponse fait apparaître le lien : achat de titres → création de monnaie centrale → excédent de liquidités → le taux plancher devient l'instrument principal.