Aller au contenu

Lecture de données — Le chômage selon les régions

Savoir-faireLecture de donnéesIntermédiaire📄 Document sourcé24 min

Utilisez le document pour répondre. Les quatre premières questions se corrigent automatiquement, les deux dernières demandent une réponse rédigée.

Document — Taux de chômage localisés par région, du 1ᵉʳ trimestre 2025 au 1ᵉʳ trimestre 2026 (en %)

Région1ᵉʳ trim. 20254ᵉ trim. 20251ᵉʳ trim. 2026 (p)
Auvergne-Rhône-Alpes6,46,97,0
Bourgogne-Franche-Comté6,77,27,3
Bretagne6,06,56,6
Centre-Val de Loire6,97,47,5
Corse6,36,86,8
Grand Est7,17,57,7
Hauts-de-France9,09,69,8
Île-de-France7,27,77,9
Normandie7,17,57,7
Nouvelle-Aquitaine6,77,27,3
Occitanie8,99,49,5
Pays de la Loire6,06,56,6
Provence-Alpes-Côte d'Azur7,98,48,5
France métropolitaine7,27,77,9
Guadeloupe15,417,015,2
Martinique12,912,413,5
Guyane16,617,319,3
La Réunion16,416,419,0
France hors Mayotte7,47,98,1
Source : Insee, estimations de taux de chômage localisés et taux de chômage au sens du BIT, « Taux de chômage localisés au 1ᵉʳ trimestre 2026 : comparaisons régionales » (paru le 19 juin 2026). · Champ : France hors Mayotte. Données corrigées des variations saisonnières, en moyenne trimestrielle. (p) : les données du dernier trimestre sont provisoires. · Lecture : Au premier trimestre 2026, 9,8 % de la population active des Hauts-de-France est au chômage au sens du BIT, contre 6,6 % en Bretagne et 7,9 % en France métropolitaine.
  1. Au 1ᵉʳ trimestre 2026, de combien de points de pourcentage le taux de chômage des Hauts-de-France dépasse-t-il celui de la Bretagne ?

    points de pourcentage

    Correction

    Réponse : 3.2 points de pourcentage

    9,8 − 6,6 = 3,2 points de pourcentage. Ces deux régions encadrent l'ensemble des régions métropolitaines : le rapport de 1 à 1,5 entre elles rappelle que le marché du travail national est en réalité une juxtaposition de marchés locaux.

  2. Au 1ᵉʳ trimestre 2026, de combien de points de pourcentage le taux de chômage de la Guyane dépasse-t-il celui de la France métropolitaine ?

    points de pourcentage

    Correction

    Réponse : 11.4 points de pourcentage

    19,3 − 7,9 = 11,4 points de pourcentage. Les quatre départements et régions d'outre-mer du tableau affichent tous un taux supérieur à 13 % : la moyenne nationale masque des situations très hétérogènes.

  3. Combien de fois le taux de chômage de la Guyane est-il supérieur à celui des Pays de la Loire au 1ᵉʳ trimestre 2026 ?

    fois

    Correction

    Réponse : 2.92 fois

    19,3 / 6,6 ≈ 2,92 fois. Un coefficient multiplicateur se calcule en divisant, un écart en soustrayant : ici, 12,7 points d'écart correspondent à un taux presque trois fois plus élevé.

  4. De combien de points de pourcentage le taux de chômage de la France hors Mayotte a-t-il varié entre le 1ᵉʳ trimestre 2025 et le 1ᵉʳ trimestre 2026 ?

    points de pourcentage

    Correction

    Réponse : 0.7 points de pourcentage

    8,1 − 7,4 = +0,7 point de pourcentage en un an. Toutes les régions métropolitaines connaissent une hausse sur la période : la remontée est générale, ce qui oriente le diagnostic vers une cause conjoncturelle commune plutôt que vers des facteurs purement locaux.

  5. Les écarts entre régions relèvent-ils d'un chômage conjoncturel ou d'un chômage structurel ? Justifiez à l'aide du tableau.

    Distinguez deux lectures du tableau : la comparaison entre les colonnes (dans le temps) et la comparaison entre les lignes (dans l'espace).

    Correction

    Réponse attendue : le tableau se lit dans deux directions, qui renvoient à deux diagnostics distincts.

    Dans le temps (comparaison des colonnes), l'évolution est commune : le taux de chômage de la France hors Mayotte passe de 7,4 % à 8,1 % en un an, et toutes les régions métropolitaines sans exception augmentent (par exemple +0,6 point en Auvergne-Rhône-Alpes, +0,6 point en Occitanie, +0,7 point en Île-de-France). Un mouvement simultané et de même sens partout signale un facteur conjoncturel : un ralentissement de l'activité qui touche l'ensemble du territoire.

    Dans l'espace (comparaison des lignes), la hiérarchie est en revanche remarquablement stable : les Hauts-de-France (9,8 %) et l'Occitanie (9,5 %) restent en haut, la Bretagne et les Pays de la Loire (6,6 %) en bas, aux trois dates observées. Un écart qui persiste trimestre après trimestre ne s'explique pas par le cycle : il renvoie au fonctionnement local du marché du travail — spécialisation productive héritée et désindustrialisation dans le Nord, structure des qualifications, faible mobilité géographique des demandeurs d'emploi, coût du logement dans les bassins d'emploi dynamiques. C'est un chômage structurel.

    Conclusion. Les deux dimensions coexistent : la conjoncture fait monter ou descendre l'ensemble, la structure détermine le niveau autour duquel chaque région oscille.

  6. Quelles politiques de l'emploi ces écarts territoriaux permettent-ils de justifier ?

    Reliez chaque obstacle possible (qualification, mobilité, logement, information) à l'instrument capable de le lever, puis discutez les limites de chacun.

    Correction

    Réponse attendue : les écarts territoriaux plaident pour des politiques structurelles et territorialisées.

    1. Améliorer l'appariement dans l'espace. Si des postes restent vacants dans les régions à faible chômage (6,6 % en Bretagne et dans les Pays de la Loire) alors que des chômeurs sont nombreux ailleurs (9,8 % dans les Hauts-de-France), l'obstacle est la mobilité : aides au déménagement, au transport, au logement, information sur les offres hors du bassin d'emploi. Limite : la mobilité a un coût social élevé et le logement est souvent plus cher là où l'emploi abonde.
    2. Agir sur les qualifications. Formation professionnelle et reconversions ciblées sur les bassins où l'emploi industriel a reculé. Limite : la formation ne crée pas d'emploi si la demande de travail locale est absente.
    3. Agir sur la demande de travail locale. Aides ciblées sur des territoires (zones franches, emplois francs), soutien à l'implantation d'activités. Limite : risque d'effet d'aubaine et de simple déplacement d'activité d'un territoire à l'autre.
    4. Cas des outre-mer. Avec des taux de 13,5 % à 19,3 %, les DROM relèvent d'un traitement spécifique : étroitesse du marché intérieur, éloignement, structure démographique jeune. Aucune politique conjoncturelle nationale ne suffit à ramener ces taux au niveau métropolitain.

    Une bonne réponse cite des chiffres précis du tableau et associe systématiquement à chaque instrument son mécanisme et sa limite.

Notions : taux de chômage chômage structurel appariement politique de l'emploi

Autres exercices du chapitre

Tout le chapitre : La lutte contre le chômage