Lecture de données — Le sous-emploi, un chômage invisible
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Document — Le sous-emploi en France par composante, de 2003 à 2025 (en % des personnes en emploi)
| Composante du sous-emploi | 2003 | 2008 | 2015 | 2019 | 2020 | 2025 |
|---|---|---|---|---|---|---|
| À temps partiel, souhaite travailler davantage, disponible pour le faire, et recherche un emploi (composante 1) | 1,4 | 1,7 | 2,2 | 1,4 | 1,1 | 1,1 |
| À temps partiel, souhaite travailler davantage, disponible pour le faire, sans recherche d'emploi (composante 2) | 3,7 | 4,4 | 5,1 | 4,3 | 4,2 | 3,1 |
| En chômage partiel ou technique (composante 3) | 0,3 | 0,2 | 0,2 | 0,2 | 4,3 | 0,1 |
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En 2020, quelle part des personnes en emploi se trouvait en chômage partiel ou technique, en pourcentage ?
%
Correction
Réponse : 4.3 %
Lecture directe : 4,3 % en 2020, contre 0,2 % en 2019 et 0,1 % en 2025. Le dispositif d'activité partielle massivement mobilisé pendant la crise sanitaire a maintenu ces personnes en emploi : elles n'ont donc jamais été comptées parmi les chômeurs, ce qui explique en partie pourquoi le taux de chômage n'a pas explosé en 2020.
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De combien de points de pourcentage la composante 2 a-t-elle varié entre 2015 et 2025 ?
points de pourcentage
Correction
Réponse : -2 points de pourcentage
3,1 − 5,1 = −2,0 points de pourcentage. C'est la composante la plus lourde du sous-emploi : le temps partiel subi par des personnes qui ne cherchent pas pour autant un autre emploi.
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Quel est le taux de variation de cette composante 2 entre 2015 et 2025, en pourcentage ?
%
Correction
Réponse : -39.2 %
(3,1 − 5,1) / 5,1 × 100 ≈ −39,2 %. La composante 2 a donc perdu près de deux cinquièmes de sa valeur, alors qu'elle n'a reculé que de 2,0 points. Écart en points et taux de variation ne se confondent jamais : le second dépend du niveau de départ.
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Une personne en sous-emploi est-elle au chômage ? Est-elle dans le halo autour du chômage ? Justifiez.
Repartez des trois critères du BIT et demandez-vous, pour chacun, si une personne à temps partiel subi les remplit.
Correction
Réponse attendue : ni l'un ni l'autre. Une personne en sous-emploi est en emploi.
Le premier critère du BIT est d'être sans emploi. Une personne à temps partiel qui souhaiterait travailler davantage a bien un emploi : elle est comptée parmi les actifs occupés, quel que soit son nombre d'heures. Elle échappe donc au chômage au sens du BIT, même si elle en remplit les deux autres critères.
Elle n'appartient pas non plus au halo autour du chômage, qui rassemble des personnes sans emploi souhaitant travailler mais ne remplissant pas tous les critères du BIT : le halo est un sous-ensemble de l'inactivité, le sous-emploi un sous-ensemble de l'emploi.
On obtient ainsi trois zones distinctes de sous-usage du travail : le chômage (7,7 % de la population active en 2025), le halo (4,5 % des 15-64 ans la même année) et le sous-emploi (4,4 % des personnes en emploi). Aucun des trois n'est redondant, et le seul taux de chômage n'en mesure qu'une partie.
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Le recul du sous-emploi depuis 2015 est-il une bonne nouvelle sans réserve ? Justifiez à partir des trois composantes.
Regardez séparément chaque composante, et n'oubliez pas que 2020 est une année particulière.
Correction
Réponse attendue : l'amélioration est réelle mais doit être qualifiée.
Elle est réelle. Les deux composantes de temps partiel subi reculent nettement entre 2015 et 2025 : la composante 1 de 2,2 % à 1,1 % des personnes en emploi (soit une baisse de moitié) et la composante 2 de 5,1 % à 3,1 % (−2,0 points, soit −39,2 %). Cela signifie que le temps partiel est, en proportion, moins souvent subi qu'il y a dix ans : les personnes à temps partiel sont plus nombreuses à avoir choisi cette durée du travail.
Elle doit être qualifiée pour trois raisons.
- Un recul du sous-emploi peut refléter un renoncement autant qu'une amélioration : la composante 2 rassemble précisément des personnes qui souhaitent travailler davantage sans chercher un autre emploi. Comme pour le halo, la frontière entre contrainte et découragement est ténue.
- L'année 2020 rappelle que la statistique peut basculer d'une case à l'autre sans que la situation des personnes s'améliore : le chômage partiel passe de 0,2 % à 4,3 % des personnes en emploi. Des salariés dont l'activité était suspendue sont restés comptabilisés en emploi, et non au chômage, grâce à un dispositif public.
- Enfin, le sous-emploi reste concentré : il touche particulièrement les femmes, les jeunes et les employés peu qualifiés. Un taux d'ensemble qui baisse ne dit rien de la répartition de ce qui subsiste.
Une bonne réponse cite au moins deux composantes avec leurs chiffres et propose au moins une réserve argumentée.