Lecture de données — Emploi et chômage : la France dans l'Union européenne
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Document — Taux d'emploi et taux de chômage dans huit pays de l'Union européenne en 2025 (en %)
| Pays | Taux d'emploi des 15-64 ans | Taux d'emploi des 55-64 ans | Taux de chômage des 15-74 ans | Taux de chômage des 15-24 ans | Part de l'emploi à temps partiel |
|---|---|---|---|---|---|
| Allemagne | 77,4 | 75,5 | 3,8 | 7,0 | 29,5 |
| Danemark | 76,9 | 74,7 | 6,4 | 13,8 | 26,6 |
| Espagne | 67,0 | 62,4 | 10,5 | 24,9 | 13,5 |
| France | 69,3 | 61,7 | 7,7 | 19,8 | 16,9 |
| Italie | 62,5 | 61,2 | 6,1 | 20,6 | 15,5 |
| Pays-Bas | 82,3 | 75,8 | 3,9 | 8,8 | 42,2 |
| Pologne | 72,8 | 60,1 | 3,1 | 12,2 | 6,2 |
| Suède | 76,4 | 78,3 | 8,8 | 24,3 | 19,4 |
| Union européenne | 71,1 | 66,5 | 6,0 | 15,2 | 17,7 |
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De combien de points de pourcentage le taux d'emploi des 15-64 ans en France s'écarte-t-il de la moyenne de l'Union européenne ?
points de pourcentage
Correction
Réponse : -1.8 points de pourcentage
69,3 − 71,1 = −1,8 point de pourcentage. La France emploie donc une part de sa population en âge de travailler légèrement inférieure à la moyenne européenne, et très inférieure aux Pays-Bas (82,3 %) ou à l'Allemagne (77,4 %).
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De combien de points de pourcentage le taux d'emploi des 55-64 ans en France s'écarte-t-il de celui de l'Allemagne ?
points de pourcentage
Correction
Réponse : -13.8 points de pourcentage
61,7 − 75,5 = −13,8 points de pourcentage. C'est là que se concentre l'essentiel du retard français : sur les 15-64 ans l'écart avec l'Allemagne n'est que de 8,1 points, il grimpe à 13,8 points sur les seniors. La Suède fait mieux encore (78,3 %).
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De combien de points de pourcentage le taux de chômage des 15-24 ans en Suède dépasse-t-il celui de l'Allemagne ?
points de pourcentage
Correction
Réponse : 17.3 points de pourcentage
24,3 − 7,0 = 17,3 points de pourcentage. La Suède affiche pourtant un taux d'emploi des 15-64 ans supérieur à la moyenne européenne (76,4 %) : un pays peut très bien combiner un marché du travail globalement performant et une insertion difficile des jeunes. L'Allemagne, elle, doit une part de sa performance à un système d'apprentissage très développé.
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L'Italie affiche un taux de chômage (6,1 %) inférieur à celui de la France (7,7 %). Peut-on en conclure que son marché du travail fonctionne mieux ? Justifiez.
Confrontez les deux colonnes de taux d'emploi aux colonnes de taux de chômage, et rappelez comment se calcule chacun de ces indicateurs.
Correction
Réponse attendue : non, et ce cas est l'illustration la plus nette de la limite du taux de chômage pris isolément.
Le taux de chômage rapporte les chômeurs à la population active (actifs occupés + chômeurs). Le taux d'emploi rapporte les personnes en emploi à l'ensemble de la population en âge de travailler. Une personne qui souhaiterait travailler mais ne cherche pas d'emploi sort du numérateur et du dénominateur du premier indicateur, alors qu'elle continue de peser sur le second.
En Italie, le taux d'emploi des 15-64 ans n'est que de 62,5 %, contre 69,3 % en France et 71,1 % dans l'Union européenne : c'est le plus faible du tableau, avec 6,8 points de moins que la France. Autrement dit, une part beaucoup plus grande de la population italienne en âge de travailler est en dehors du marché du travail — souvent des femmes et des habitants du Mezzogiorno, découragés ou n'ayant jamais cherché d'emploi. Ces personnes ne sont pas comptées comme chômeuses, ce qui abaisse mécaniquement le taux de chômage.
Le taux de chômage des jeunes le confirme : 20,6 % en Italie, contre 19,8 % en France, alors même que le taux de chômage d'ensemble y est plus bas.
Conclusion : le sous-usage du travail est plus important en Italie qu'en France, malgré un taux de chômage plus faible. Les deux indicateurs doivent toujours être lus ensemble.
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Quelles priorités ce tableau suggère-t-il pour la politique de l'emploi française ?
Repérez les deux tranches d'âge où l'écart avec les pays les mieux placés est le plus grand, puis reliez chaque constat à un instrument.
Correction
Réponse attendue : le tableau désigne deux publics et un enseignement de méthode.
- Les seniors. Avec 61,7 % des 55-64 ans en emploi, la France se situe loin derrière l'Allemagne (75,5 %), les Pays-Bas (75,8 %), le Danemark (74,7 %) et surtout la Suède (78,3 %), et au-dessous de la moyenne européenne (66,5 %). C'est de très loin le principal gisement d'emploi : instruments possibles, aménagement des fins de carrière, formation continue après 50 ans, lutte contre la discrimination à l'embauche liée à l'âge.
- Les jeunes. Le taux de chômage des 15-24 ans atteint 19,8 % en France, contre 7,0 % en Allemagne et 8,8 % aux Pays-Bas, deux pays où l'alternance et l'apprentissage sont très développés. Il s'agit d'un problème d'appariement entre formation initiale et emploi, donc d'une politique structurelle.
- Une leçon de méthode. Aucun modèle n'est transposable tel quel. Les Pays-Bas atteignent 82,3 % de taux d'emploi mais avec 42,2 % de temps partiel, contre 16,9 % en France : le très haut taux d'emploi néerlandais correspond en partie à un partage différent du travail, pas seulement à un marché du travail plus efficace. Comparer des taux d'emploi sans regarder la durée du travail conduirait à une conclusion trop rapide.
Une bonne réponse cite au moins trois pays avec leurs chiffres et associe au moins un instrument à chaque public identifié.