Lecture de données — Chômeurs au sens du BIT et inscrits à France Travail
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Document — Inscrits à France Travail par catégorie, en fin d'année (en milliers)
| Catégorie d'inscription | 4ᵉ trim. 2019 | 4ᵉ trim. 2021 | 4ᵉ trim. 2023 | 4ᵉ trim. 2025 |
|---|---|---|---|---|
| Catégorie A — sans aucune activité dans le mois | 3 566 | 3 362 | 3 025 | 3 334 |
| Catégories A, B, C — avec ou sans activité réduite | 5 760 | 5 676 | 5 393 | 5 747 |
| Catégorie A, série corrigée hors bénéficiaires du RSA et jeunes suivis en mission locale | 2 724 | 2 498 | 2 285 | 2 398 |
| Catégories A, B, C, série corrigée hors bénéficiaires du RSA et jeunes suivis en mission locale | 4 759 | 4 619 | 4 442 | 4 608 |
| Catégorie F — parcours social (créée en 2025) | /// | /// | /// | 255 |
| Catégorie G — en attente d'orientation (créée en 2025) | /// | /// | /// | 812 |
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Combien de personnes étaient inscrites en catégories B et C au 4ᵉ trimestre 2025, en milliers ?
milliers
Correction
Réponse : 2413 milliers
Les catégories B et C s'obtiennent par différence : 5 747 − 3 334 = 2 413 milliers. Ces personnes ont exercé une activité réduite dans le mois — quelques heures d'intérim, un contrat court, un temps partiel — tout en restant inscrites comme demandeurs d'emploi. Elles occupent donc un emploi au sens du BIT et ne sont pas comptées parmi les chômeurs.
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Quel est le taux de variation du nombre d'inscrits en catégorie A (série non corrigée) entre le 4ᵉ trimestre 2019 et le 4ᵉ trimestre 2023, en pourcentage ?
%
Correction
Réponse : -15.2 %
(3 025 − 3 566) / 3 566 × 100 ≈ −15,2 %, soit 541 milliers d'inscrits en moins. Sur cette période, aucune rupture de série ne perturbe la comparaison, ce qui n'est plus vrai à partir de 2025.
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En utilisant la série corrigée, quel est le taux de variation du nombre d'inscrits en catégorie A entre le 4ᵉ trimestre 2023 et le 4ᵉ trimestre 2025, en pourcentage ?
%
Correction
Réponse : 4.9 %
(2 398 − 2 285) / 2 285 × 100 ≈ +4,9 %. Sur la série non corrigée, le même calcul donnerait (3 334 − 3 025) / 3 025 × 100 ≈ +10,2 % : plus de la moitié de la hausse apparente ne traduit aucune dégradation du marché du travail, mais l'inscription automatique de nouveaux publics décidée par la loi pour le plein emploi. Comparer deux chiffres suppose toujours de vérifier qu'ils portent sur le même champ.
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En 2025, la France comptait en moyenne 2 451 000 chômeurs au sens du BIT, mais 3 334 000 inscrits en catégorie A à France Travail au quatrième trimestre. Comment expliquer un tel écart ?
Reprenez les trois critères du BIT, puis demandez-vous ce qui conditionne, à l'inverse, une inscription administrative.
Correction
Réponse attendue : les deux nombres ne mesurent pas la même chose, et l'écart n'a rien d'une erreur.
Le chômage au sens du BIT est une notion statistique, harmonisée au niveau international, mesurée par l'enquête Emploi de l'Insee auprès d'un échantillon de ménages. Elle exige trois conditions cumulatives : être sans emploi, être disponible sous quinze jours, avoir cherché activement un emploi dans le mois.
L'inscription à France Travail est une notion administrative : elle dépend de l'intérêt qu'a une personne à s'inscrire (droit à l'indemnisation, accès à l'accompagnement et à la formation) et, depuis 2025, d'une obligation légale pour les bénéficiaires du RSA et les jeunes suivis en mission locale.
D'où deux écarts de sens contraire :
- des inscrits qui ne sont pas chômeurs au sens du BIT : personnes qui n'ont pas effectué de démarche active au cours du mois, personnes non immédiatement disponibles (formation, contrainte de santé ou de garde d'enfant), et surtout, depuis 2025, personnes inscrites d'office ;
- des chômeurs au sens du BIT qui ne sont pas inscrits : personnes non indemnisables, jeunes en première recherche, personnes découragées par la démarche administrative.
Conclusion : aucun des deux chiffres n'est « le bon ». Le taux de chômage BIT permet les comparaisons internationales et dans le temps ; le nombre d'inscrits mesure la charge du service public de l'emploi et sert au pilotage des politiques d'accompagnement.
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Pourquoi la publication de deux séries, dont l'une « corrigée », est-elle nécessaire ? Que se passerait-il si l'on n'en publiait qu'une ?
Interrogez-vous sur ce qui a changé au 1ᵉʳ janvier 2025, et sur l'usage politique qui pourrait être fait de la série brute.
Correction
Réponse attendue : parce qu'un changement de règle a modifié la mesure sans modifier la réalité mesurée.
La loi pour le plein emploi rend, à partir du 1ᵉʳ janvier 2025, l'inscription à France Travail automatique pour les bénéficiaires du RSA et les jeunes suivis en mission locale. Ces personnes existaient auparavant et étaient déjà, pour beaucoup, sans emploi : ce n'est pas leur situation qui a changé, c'est leur enregistrement. Deux catégories statistiques ont d'ailleurs été créées pour les accueillir : la catégorie F (parcours social, 255 000 personnes au quatrième trimestre 2025) et la catégorie G (en attente d'orientation, 812 000 personnes).
Sans série corrigée, la comparaison serait trompeuse dans les deux sens :
- lue naïvement, la série brute suggère une envolée du chômage (+10,2 % en catégorie A entre fin 2023 et fin 2025) ;
- la série corrigée montre une hausse réelle mais bien plus modérée (+4,9 %).
La série corrigée isole donc l'effet de la réforme administrative et permet de raisonner « à champ constant ». C'est une exigence méthodologique générale : toute rupture de série doit être signalée et neutralisée, faute de quoi on attribue à l'économie ce qui relève d'un changement de définition. On peut en rapprocher la mesure de la délinquance à partir des plaintes enregistrées, ou celle du chômage lorsque les critères d'inscription évoluent.