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Lecture de données — Ce que la France dépense pour les politiques du marché du travail

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Document — Dépenses pour les politiques du marché du travail en 2023 : France et moyenne européenne

Poste de dépense en 2023FranceMoyenne des pays européens
Ensemble des dépenses pour les politiques du marché du travail, alternance comprise (en % du PIB)2,51,5
Mesures de soutien au revenu : indemnisation du chômage, activité partielle, préretraites (en % du PIB)1,71,0
Mesures « actives » hors alternance : formation, emploi protégé, emplois aidés, aide à la création d'entreprise (en % du PIB)0,50,3
dont formation professionnelle (en % du PIB)0,30,1
dont emploi protégé et adapté (en % du PIB)0,10,1
Activités du service public de l'emploi : France Travail, missions locales, Cap emploi (en % du PIB)0,20,2
Dépense de mesures actives par personne sans emploi souhaitant travailler (en standards de pouvoir d'achat)2 9002 300
Dépense de soutien au revenu par personne sans emploi souhaitant travailler (en standards de pouvoir d'achat)10 6004 600
Source : Base « politiques du marché du travail » de la Commission européenne (extraction de janvier 2026), traitement Dares — Insee Références, « Emploi, chômage, revenus du travail », édition 2026, éclairage « La France dépense 2,5 % de son PIB pour les politiques du marché du travail en 2023 ». · Champ : Pays européens retenus : Norvège et Union européenne hors Croatie et Roumanie. La première ligne inclut l'alternance, les six suivantes en sont exclues : la somme des trois grands postes (2,4 % du PIB pour la France) ne redonne donc pas le total de la première ligne. Le standard de pouvoir d'achat (SPA) est une unité monétaire fictive qui neutralise les écarts de niveau des prix entre pays. · Lecture : En 2023, la France consacre 2,5 % de son PIB aux politiques du marché du travail, soit environ 70 milliards d'euros : c'est la part la plus élevée des pays européens étudiés, devant l'Espagne (2,4 %) et le Danemark (2,1 %), pour une moyenne européenne de 1,5 %.
  1. De combien de points de PIB la dépense française dépasse-t-elle la moyenne des pays européens (ensemble des dépenses) ?

    points de PIB

    Correction

    Réponse : 1 points de PIB

    2,5 − 1,5 = 1,0 point de PIB. Rapporté au produit intérieur brut français, un point de PIB représente une somme considérable : l'ensemble de la dépense, 2,5 % du PIB, correspond à environ 70 milliards d'euros en 2023.

  2. Combien de fois la dépense française de soutien au revenu par personne sans emploi souhaitant travailler est-elle supérieure à la moyenne européenne ?

    fois

    Correction

    Réponse : 2.3 fois

    10 600 / 4 600 ≈ 2,3 fois. L'écart est beaucoup plus marqué que pour les mesures actives (2 900 / 2 300 ≈ 1,3 fois) : c'est bien l'indemnisation, et non l'accompagnement ou la formation, qui distingue le plus la France de ses voisins.

  3. Quelle part les mesures de soutien au revenu représentent-elles dans le total des trois grands postes français hors alternance (2,4 % du PIB), en pourcentage ?

    %

    Correction

    Réponse : 70.8 %

    1,7 / 2,4 × 100 ≈ 70,8 %. Plus de deux tiers de l'effort français hors alternance relèvent donc de dépenses dites « passives » : elles compensent la perte de revenu des personnes privées d'emploi, sans agir directement sur leur retour à l'emploi. En moyenne européenne, la même part vaut 1,0 / 1,5 × 100 ≈ 66,7 %.

  4. Distinguez politiques « passives » et politiques « actives » de l'emploi, puis situez la France à l'aide du tableau.

    Demandez-vous, pour chaque poste, s'il compense une perte de revenu ou s'il modifie la capacité à retrouver un emploi.

    Correction

    Réponse attendue : la distinction porte sur le mécanisme visé, pas sur le montant.

    Les politiques passives compensent la perte de revenu des personnes privées d'emploi : indemnisation du chômage, activité partielle, préretraites. Elles protègent le niveau de vie et soutiennent la demande globale, mais n'agissent pas directement sur l'employabilité ni sur l'appariement.

    Les politiques actives cherchent à ramener les personnes vers l'emploi : formation professionnelle, emploi protégé et adapté, emplois aidés, aides à la création d'entreprise, ainsi que le fonctionnement du service public de l'emploi. Elles s'attaquent au chômage structurel — qualifications inadaptées, difficultés d'appariement, éloignement durable de l'emploi.

    La France dans ce partage. Avec 1,7 % du PIB, elle consacre au soutien au revenu 0,7 point de plus que la moyenne européenne (1,0 %), soit environ 70 % de son effort hors alternance. Ses dépenses actives (0,5 % du PIB) dépassent aussi la moyenne (0,3 %), et sont concentrées sur la formation professionnelle (0,3 % contre 0,1 % en moyenne). Elle dépense enfin autant que ses voisins pour le service public de l'emploi (0,2 %).

    Nuance. La comparaison en points de PIB doit être complétée par la dépense par personne : 2 900 standards de pouvoir d'achat pour les mesures actives contre 2 300 en moyenne européenne. La France dépense donc plus, mais aussi pour un nombre de personnes concernées différent — la structure du chômage n'est pas la même partout.

  5. La France est le pays européen qui dépense le plus pour l'emploi et son taux de chômage reste supérieur à la moyenne de l'Union. Peut-on en conclure que ces dépenses sont inefficaces ?

    Attention au sens de la causalité, et demandez-vous ce que l'on compare exactement.

    Correction

    Réponse attendue : non — la conclusion serait un contresens statistique, même si la question de l'efficacité reste légitime.

    1. Le sens de la causalité est ambigu. Un pays dépense d'autant plus pour les politiques du marché du travail qu'il compte davantage de personnes sans emploi à indemniser et à accompagner. Une part de la dépense est donc la conséquence du chômage, non sa cause. Le raisonnement inverse reviendrait à conclure que les hôpitaux rendent malade.
    2. Toute la dépense n'a pas le même objectif. Les 1,7 % du PIB de soutien au revenu ne visent pas à faire baisser le chômage, mais à protéger le niveau de vie des chômeurs et, indirectement, à soutenir la demande globale. Les juger à l'aune du seul taux de chômage, c'est les évaluer sur un objectif qui n'est pas le leur.
    3. La composition importe autant que le niveau. Le Danemark consacre 2,1 % de son PIB à ces politiques mais oriente une part bien plus grande vers les mesures actives (1,1 % du PIB, contre 0,5 % en France), dont 0,9 point pour l'insertion des personnes en situation de handicap. Deux pays peuvent dépenser des montants voisins pour des politiques très différentes.
    4. Ce qui reste discutable. On peut légitimement s'interroger sur l'équilibre français entre indemnisation et accompagnement, sur les effets d'aubaine des dispositifs d'aide à l'emploi, ou sur la capacité de la formation professionnelle à atteindre les publics les plus éloignés de l'emploi. Mais cela suppose des évaluations dispositif par dispositif, non une corrélation entre deux agrégats.

    Une bonne réponse identifie explicitement le problème de causalité inversée et propose au moins une piste d'évaluation sérieuse.

Notions : politique de l'emploi chômage structurel chômage conjoncturel flexisécurité

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Tout le chapitre : La lutte contre le chômage