Aller au contenu

Lecture de données — Les emplois aidés, un instrument en repli

Savoir-faireLecture de donnéesIntermédiaire📄 Document sourcé20 min

Utilisez le document pour répondre. Les trois premières questions se corrigent automatiquement, les deux dernières demandent une réponse rédigée.

Document — Entrées en emploi aidé en France, de 2023 à 2025

Type d'emploi aidéEntrées en 2023 (en milliers)Entrées en 2024 (en milliers)Entrées en 2025 (en milliers)Évolution 2025 / 2024 (en %)
Contrats aidés419,2391,7343,3−12,4
dont parcours emploi compétences (PEC)63,557,028,8−49,5
dont insertion par l'activité économique (IAE)323,4322,8311,6−3,5
Contrats en alternance967,0976,6927,5−5,0
dont apprentissage851,8890,3846,9−4,9
dont contrat de professionnalisation115,286,480,6−6,6
Autres emplois aidés355,4377,5357,7−5,2
dont aide à la création ou à la reprise d'entreprise (Acre)323,7344,4351,42,0
Ensemble1 741,61 745,81 628,5−6,7
Source : Données Urssaf, ASP, France Travail, SIA et SIP, traitements Dares — Insee Références, « Emploi, chômage, revenus du travail », édition 2026, fiche « Emplois aidés », figure 1a. · Champ : France. Entrées cumulées sur l'année, nouveaux contrats et reconductions. Un emploi aidé est un emploi bénéficiant d'une aide publique, hors allègements généraux de cotisations. Les sous-totaux peuvent différer de la somme de leurs composantes en raison des arrondis. · Lecture : En 2025, on dénombre 1 628 500 entrées en emploi aidé en France, dont 927 500 en contrat d'alternance ; les entrées en parcours emploi compétences reculent de 49,5 % par rapport à 2024.
  1. Quelle part les contrats en alternance représentent-ils dans l'ensemble des entrées en emploi aidé en 2025, en pourcentage ?

    %

    Correction

    Réponse : 57 %

    927,5 / 1 628,5 × 100 ≈ 57,0 %. L'alternance — apprentissage et contrats de professionnalisation — est de très loin le premier dispositif d'emploi aidé en France, devant les contrats aidés proprement dits (343,3 milliers, soit 21,1 % des entrées).

  2. Quel est le taux de variation de l'ensemble des entrées en emploi aidé entre 2023 et 2025, en pourcentage ?

    %

    Correction

    Réponse : -6.5 %

    (1 628,5 − 1 741,6) / 1 741,6 × 100 ≈ −6,5 %, soit 113,1 milliers d'entrées en moins. Le repli est concentré sur 2025 : le total était encore stable entre 2023 et 2024 (+0,2 %).

  3. Combien d'entrées en contrats aidés ont été perdues entre 2023 et 2025, en milliers ?

    milliers

    Correction

    Réponse : 75.9 milliers

    419,2 − 343,3 = 75,9 milliers d'entrées en moins, soit un recul de 18,1 % en deux ans ((343,3 − 419,2) / 419,2 × 100). Le parcours emploi compétences supporte l'essentiel de cette baisse : il passe de 63,5 à 28,8 milliers d'entrées, soit une chute de plus de moitié.

  4. À quel type de chômage les emplois aidés s'attaquent-ils ? Quels mécanismes sont censés jouer ?

    Demandez-vous ce que l'aide publique modifie : le prix du travail, la productivité du salarié, ou l'information dont dispose l'employeur.

    Correction

    Réponse attendue : les emplois aidés visent le chômage structurel, et plus précisément celui des personnes durablement éloignées de l'emploi. Trois mécanismes sont attendus.

    1. Un mécanisme de coût du travail. L'aide publique abaisse le coût supporté par l'employeur en dessous de la productivité anticipée du salarié. Elle rend rentable une embauche qui ne l'était pas : c'est la réponse directe à l'argument selon lequel le coût du travail peu qualifié excède sa productivité.
    2. Un mécanisme de capital humain. L'alternance (927,5 milliers d'entrées en 2025) et l'insertion par l'activité économique (311,6 milliers) associent l'emploi à une formation ou à un accompagnement. Le passage par le dispositif est censé accroître durablement l'employabilité, et non seulement occuper la personne le temps du contrat.
    3. Un mécanisme de signal. Une période d'emploi, même aidée, atténue le signal négatif que constitue une longue interruption pour un futur employeur, dans un marché où l'information sur la productivité réelle des candidats est très imparfaite.

    Une relance de la demande globale, à l'inverse, ne lèverait aucun de ces trois obstacles : elle augmenterait le nombre d'embauches sans changer la position relative des publics les plus éloignés de l'emploi dans la file d'attente.

  5. Quelles limites peut-on opposer à ce type de dispositif ? Le recul observé en 2025 est-il nécessairement une mauvaise nouvelle ?

    Pensez aux trois critiques classiques — effet d'aubaine, effet de substitution, effet d'enfermement — puis au coût budgétaire.

    Correction

    Réponse attendue : trois critiques classiques, et une réponse nuancée sur 2025.

    Les limites.

    1. L'effet d'aubaine. L'aide finance une embauche qui aurait eu lieu de toute façon. La dépense publique se transforme alors en subvention à l'entreprise sans création nette d'emploi. Le risque est d'autant plus grand que le dispositif est large et peu ciblé.
    2. L'effet de substitution. L'employeur recrute un bénéficiaire aidé à la place d'un autre candidat non aidé. Le chômage total ne baisse pas : sa composition change seulement, ce qui n'est pas nul — cela peut être l'objectif — mais ne doit pas être confondu avec une création d'emploi.
    3. L'effet d'enfermement. Certains bénéficiaires enchaînent les contrats aidés sans jamais accéder à l'emploi ordinaire, le dispositif devenant une trappe plutôt qu'un tremplin. C'est la raison pour laquelle les évaluations portent sur le taux d'insertion dans l'emploi durable, et non sur le nombre d'entrées.

    Le recul de 2025. Il n'est ni bon ni mauvais en soi : tout dépend de ce qu'il traduit. Il peut signifier un recentrage sur les dispositifs les plus efficaces — le parcours emploi compétences chute de 49,5 % et le CUI-CIE de plus des trois quarts, tandis que l'insertion par l'activité économique ne recule que de 3,5 % ; il peut aussi refléter une simple contrainte budgétaire, dans un contexte où la France consacre déjà 2,5 % de son PIB aux politiques du marché du travail. On note d'ailleurs que la baisse touche aussi l'alternance (−5,0 %), pourtant considérée comme l'instrument le plus efficace pour l'insertion des jeunes, ce qui plaide plutôt pour la seconde lecture.

    Une bonne réponse mobilise au moins deux critiques nommées et refuse de trancher sans donnée d'évaluation.

Notions : politique de l'emploi chômage structurel appariement coût du travail

Autres exercices du chapitre

Tout le chapitre : La lutte contre le chômage