Lecture de données — Le taux de syndicalisation en France et dans le monde
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Document — Taux de syndicalisation dans huit économies développées, en 1985, 2005 et à la dernière année disponible
| Pays | 1985 (%) | 2005 (%) | Dernière année disponible (%) | Année de cette dernière donnée |
|---|---|---|---|---|
| Suède | 80,9 | 75,9 | 65,9 | 2024 |
| Danemark | 75,3 | 69,4 | 60,4 | 2024 |
| Royaume-Uni | 44,9 | 28,6 | 22,0 | 2024 |
| Italie | 40,5 | 31,5 | 30,2 | 2024 |
| Allemagne | 32,2 | 19,6 | 14,1 | 2024 |
| États-Unis | 18,0 | 12,5 | 9,9 | 2024 |
| France | 16,3 | 10,5 | 10,1 | 2019 |
| Espagne | 10,9 | 14,6 | 12,5 | 2023 |
| Moyenne OCDE | 30,1 | 18,9 | 15,2 | 2024 |
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Quel est le taux de syndicalisation de la France à la dernière année disponible, en pourcentage ?
%
Correction
Réponse : 10.1 %
Lecture directe de la ligne « France », colonne « Dernière année disponible ». Ce taux porte sur 2019 : le tableau ne permet donc pas d’affirmer quoi que ce soit sur la France en 2024.
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À la dernière année disponible, quel est l’écart de taux de syndicalisation entre la Suède et la France, en points de pourcentage ?
points de %
Correction
Réponse : 55.8 points de %
65,9 − 10,1 = 55,8 points de pourcentage. On soustrait deux pourcentages : le résultat s’exprime en points, jamais en pourcentage. Écrire « 55,8 % de plus » serait une erreur de lecture.
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De combien le taux de syndicalisation allemand a-t-il varié entre 1985 et 2024, en pourcentage ?
%
Correction
Réponse : -56.2 %
(14,1 − 32,2) / 32,2 × 100 ≈ −56,2 %. Le taux de syndicalisation allemand a donc été divisé par plus de deux en quarante ans. Attention à ne pas confondre avec la baisse en points : elle est de 32,2 − 14,1 = 18,1 points.
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Rédigez la phrase de lecture de la donnée « 30,1 » du tableau.
Une phrase de lecture complète précise la source, le champ, l’année, l’unité et la grandeur mesurée.
Correction
Phrase attendue : « Selon l’OCDE, en 1985, en moyenne dans les 38 pays de l’OCDE, 30,1 % des salariés adhéraient à un syndicat. »
Les erreurs les plus fréquentes :
- écrire « 30,1 % de la population » : le dénominateur est l’ensemble des salariés, ce qui exclut les indépendants, les chômeurs et les retraités ;
- oublier qu’il s’agit d’une moyenne pondérée entre pays très différents, allant de 10,9 % en Espagne à 80,9 % en Suède la même année ;
- confondre adhésion et couverture : être syndiqué n’est pas la même chose qu’être couvert par une convention collective.
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Le taux de syndicalisation français est l’un des plus faibles du tableau, alors que les conventions collectives couvrent la quasi-totalité des salariés français. Expliquez ce paradoxe apparent.
Mobilisez le raisonnement d’Olson, puis interrogez ce que le taux de syndicalisation mesure exactement.
Correction
Réponse attendue : le tableau montre une France atypique. Elle était déjà peu syndiquée en 1985 (16,3 %, contre 30,1 % en moyenne dans l’OCDE) et son taux n’a que peu reculé depuis (10,5 % en 2005, 10,1 % en 2019) : la France n’a pas connu l’effondrement observé au Royaume-Uni (de 44,9 % à 22,0 %) ou en Allemagne (de 32,2 % à 14,1 %), simplement parce qu’elle partait déjà de très bas.
Le mécanisme d’Olson. En France, les accords négociés par les syndicats s’appliquent à l’ensemble des salariés de la branche ou de l’entreprise, adhérents ou non. Le résultat de l’action syndicale est donc un bien collectif dont nul ne peut être exclu : chaque salarié a individuellement intérêt à ne pas cotiser tout en bénéficiant des accords obtenus. C’est exactement la position du passager clandestin, et cela suffit à expliquer un taux d’adhésion faible sans supposer la moindre indifférence des salariés à leurs conditions de travail.
Ce que le tableau ne dit pas.
- Les pays les plus syndiqués du tableau — Suède, Danemark — sont ceux où les syndicats gèrent l’assurance chômage : l’adhésion y ouvre un droit réservé, c’est-à-dire une incitation sélective au sens d’Olson. La comparaison mesure donc aussi des différences d’institutions, pas seulement de convictions.
- Le taux de syndicalisation ne mesure ni l’audience électorale des syndicats, ni la participation aux grèves, ni la couverture conventionnelle.
- Les années de référence diffèrent selon les pays : comparer la France de 2019 à l’Allemagne de 2024 suppose que rien n’a bougé entre-temps, ce que le tableau ne garantit pas.