Lecture de données — Qui est syndiqué ? Présence syndicale et adhésion selon la position sociale
Utilisez le document pour répondre. Les trois premières questions se corrigent automatiquement, les deux suivantes demandent une réponse rédigée.
Document — Présence syndicale sur le lieu de travail et adhésion syndicale en France, en moyenne de 1996 à 2004
| Groupe de salariés | Déclarent un syndicat présent sur leur lieu de travail (%) | Déclarent adhérer à un groupement syndical ou professionnel (%) |
|---|---|---|
| Ensemble des salariés | 38,6 | 8,2 |
| État, collectivités locales, hôpitaux publics | 52,7 | 15,1 |
| Entreprises publiques, Sécurité sociale | 70,7 | 15,6 |
| Entreprises privées | 31,3 | 5,1 |
| Établissements d’au plus 5 salariés | 2,6 | 4,1 |
| Établissements de 100 salariés ou plus | 72,5 | 11,4 |
| Cadres et professions intellectuelles supérieures | 51,1 | 14,5 |
| Professions intermédiaires | 42,8 | 10,5 |
| Employés | 32,1 | 5,5 |
| Ouvriers | 35,5 | 6,1 |
| Moins de 30 ans | 27,4 | 2,7 |
| 50 ans et plus | 45,2 | 11,5 |
| CDD, intérim, stage et contrat aidé | 23,3 | 2,4 |
| CDI à temps complet | 42,6 | 9,4 |
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Quelle part des cadres et professions intellectuelles supérieures déclare adhérer à un groupement syndical ou professionnel, en pourcentage ?
%
Correction
Réponse : 14.5 %
Lecture directe de la deuxième colonne chiffrée, ligne « Cadres et professions intellectuelles supérieures ». Ce taux est presque le double de celui de l’ensemble des salariés (8,2 %).
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Quel est l’écart de taux d’adhésion entre les cadres et les ouvriers, en points de pourcentage ?
points de %
Correction
Réponse : 8.4 points de %
14,5 − 6,1 = 8,4 points de pourcentage. Notez que l’écart de présence syndicale entre ces deux groupes est bien plus faible (51,1 − 35,5 = 15,6 points, mais sur des niveaux beaucoup plus élevés) : ce n’est pas l’offre syndicale qui manque aux ouvriers, c’est l’adhésion qui recule.
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Combien de fois plus les salariés de 50 ans et plus adhèrent-ils à un syndicat que les salariés de moins de 30 ans ?
fois
Correction
Réponse : 4.26 fois
11,5 / 2,7 ≈ 4,26. On calcule ici un rapport, pas une différence. L’écart en points, lui, n’est que de 8,8 points : sur de petits taux, un rapport spectaculaire peut recouvrir un écart absolu modeste.
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Rédigez la phrase de lecture de la donnée « 2,4 » du tableau.
Une phrase de lecture complète précise la source, le champ, la période, l’unité et la grandeur mesurée.
Correction
Phrase attendue : « Selon l’Insee, en moyenne de 1996 à 2004, en France, 2,4 % des salariés en contrat à durée déterminée, en intérim, en stage ou en contrat aidé déclaraient adhérer à un groupement syndical ou professionnel. »
Les erreurs les plus fréquentes :
- écrire « 2,4 % des syndiqués sont en CDD » : c’est l’inverse, la part se calcule à l’intérieur du groupe des salariés en emploi précaire ;
- oublier la période : il s’agit d’une moyenne sur neuf enquêtes annuelles, pas d’une photographie d’une année ;
- confondre avec la première colonne, qui mesure la présence d’un syndicat sur le lieu de travail (23,3 % pour ce même groupe) et non l’adhésion.
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Le tableau distingue systématiquement la présence d’un syndicat et l’adhésion à un syndicat. Pourquoi cette distinction est-elle éclairante ? Que nous apprend-elle sur les obstacles à l’engagement syndical ?
Comparez les deux colonnes pour un même groupe, puis mobilisez les variables explicatives de l’engagement vues en cours.
Correction
Réponse attendue. Les deux colonnes ne varient pas de la même manière, et c’est ce décalage qui est instructif.
Ce qui est commun aux deux colonnes. Présence et adhésion progressent ensemble avec la taille de l’établissement (2,6 % de présence dans les établissements d’au plus 5 salariés contre 72,5 % au-delà de 100 salariés), avec l’âge (27,4 % contre 45,2 % de présence, 2,7 % contre 11,5 % d’adhésion) et avec la stabilité de l’emploi (23,3 % contre 42,6 % de présence). Là où le syndicat n’est pas implanté, l’adhésion est matériellement difficile : la première condition de l’engagement est l’existence d’une organisation à portée de main.
Ce qui les sépare. À présence syndicale comparable, l’adhésion varie fortement selon la position sociale. Les ouvriers déclarent un syndicat présent presque aussi souvent que les employés (35,5 % contre 32,1 %), mais surtout, les cadres, qui ne bénéficient pas d’une présence syndicale beaucoup plus forte (51,1 %), adhèrent près de deux fois et demie plus souvent que les ouvriers (14,5 % contre 6,1 %). Les ressources personnelles — revenu permettant d’assumer la cotisation, aisance à l’écrit et à l’oral, familiarité avec le fonctionnement d’une organisation — pèsent donc en plus de l’offre syndicale.
Nuances attendues :
- ce sont des déclarations : certains salariés ignorent la présence d’un syndicat dans leur établissement, ce qui la sous-estime ;
- les variables se recoupent : les cadres travaillent plus souvent dans de grands établissements et en CDI, si bien que le tableau ne permet pas d’isoler l’effet propre de chaque variable ;
- l’écart selon l’âge peut relever d’un effet de cycle de vie (l’ancienneté sécurise) autant que d’un effet de génération, et un tableau moyen ne permet pas de trancher ;
- ces données sont anciennes (1996-2004) : elles décrivent la structure des écarts, pas le niveau actuel de la syndicalisation.