Lecture de données — Les grèves en 2023 : intensité et motifs selon le secteur
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Document — Journées de grève pour 1 000 salariés et motifs de grève les plus fréquents en 2023
| Secteur d’activité | Journées individuelles non travaillées pour 1 000 salariés | Rémunérations (%) | Réforme des retraites (%) | Emploi (%) | Conditions de travail (%) | Temps de travail (%) |
|---|---|---|---|---|---|---|
| Industrie | 276 | 46 | 53 | 6 | 4 | 5 |
| Construction | 21 | ns | ns | ns | ns | ns |
| Activités tertiaires | 157 | 43 | 52 | 6 | 23 | 4 |
| dont transports et entreposage | 894 | 35 | 65 | 12 | 16 | 8 |
| Ensemble | 171 | 43 | 54 | 6 | 18 | 4 |
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Combien de journées individuelles non travaillées pour 1 000 salariés compte-t-on dans les transports et l’entreposage en 2023 ?
journées pour 1 000 salariés
Correction
Réponse : 894 journées pour 1 000 salariés
Lecture directe de la ligne « dont transports et entreposage ». Rapporter les journées de grève aux effectifs permet de comparer des secteurs de tailles très différentes : sans ce rapport, l’industrie paraîtrait mécaniquement plus conflictuelle que la construction du seul fait de son poids.
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Combien de fois plus de journées de grève pour 1 000 salariés compte-t-on dans les transports et l’entreposage que dans l’ensemble du champ ?
fois
Correction
Réponse : 5.23 fois
894 / 171 ≈ 5,23. Les transports concentrent une conflictualité très supérieure à la moyenne : forte présence syndicale, effet immédiat de l’arrêt de travail sur les usagers, et donc pouvoir de nuisance élevé pour un même nombre de grévistes.
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Pour l’ensemble du champ, quel est l’écart entre la part des entreprises citant la réforme des retraites et celle citant les rémunérations parmi les motifs de grève, en points de pourcentage ?
points de %
Correction
Réponse : 11 points de %
54 − 43 = 11 points de pourcentage. En 2023, un motif extérieur à l’entreprise — une réforme nationale — devance donc le motif salarial, ce qui est loin d’être le cas toutes les années.
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Rédigez la phrase de lecture de la donnée « 171 » du tableau.
Précisez la source, l’année, le champ et surtout l’unité, qui n’est pas un pourcentage.
Correction
Phrase attendue : « Selon la Dares, en 2023, en France hors Mayotte, dans les entreprises de 10 salariés ou plus du secteur privé non agricole, les grèves ont représenté en moyenne 171 journées individuelles non travaillées pour 1 000 salariés. »
Les erreurs les plus fréquentes :
- lire « 171 % » : l’unité n’est pas un pourcentage mais un nombre de journées rapporté à un effectif de référence ;
- comprendre « 171 salariés ont fait grève » : une même personne en grève trois jours compte pour trois journées ;
- oublier que le champ exclut la fonction publique et les entreprises de moins de 10 salariés, alors que le mouvement de 2023 a fortement touché le secteur public.
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Ce tableau permet-il de conclure que le conflit social a disparu en France ? Justifiez en confrontant les données à ce que la mesure laisse de côté.
Distinguez l’intensité mesurée, sa répartition entre secteurs et les limites du champ retenu.
Correction
Réponse attendue : non, et le tableau invite même à la conclusion inverse pour 2023.
Ce que montrent les données. La conflictualité reste vive mais très inégalement répartie : 894 journées pour 1 000 salariés dans les transports et l’entreposage, 276 dans l’industrie, 157 dans le tertiaire, mais seulement 21 dans la construction, soit un rapport de plus de quarante entre les deux extrêmes. Les motifs montrent en outre que la mobilisation de 2023 est largement nationale : 54 % des entreprises concernées citent la réforme des retraites, devant les rémunérations (43 %). La grève n’y est donc pas un conflit interne à l’entreprise, mais le relais local d’un conflit politique.
Ce que la mesure laisse de côté :
- le champ exclut la fonction publique, les entreprises de moins de 10 salariés et l’agriculture : une partie importante des grèves de 2023 échappe donc au tableau ;
- une année ne fait pas une tendance : 2023 est marquée par un mouvement social exceptionnel, et rien n’autorise à généraliser ;
- la grève n’est qu’une forme du conflit social : pétitions, manifestations, recours juridiques, débrayages courts ou refus d’heures supplémentaires n’apparaissent pas ici ;
- la faiblesse apparente de la construction peut refléter l’éclatement des chantiers et la faible implantation syndicale autant qu’une absence de conflit.
Conclusion. Ce que l’on observe n’est pas une disparition du conflit, mais un déplacement : moins d’adhérents syndicaux, mais des mobilisations qui restent capables de se coordonner à l’échelle nationale et de se concentrer là où l’arrêt de travail est le plus efficace.