Chaînes de causalité — Effets et limites de la redistribution
Remettez chaque maillon du mécanisme à sa place en indiquant son numéro d’ordre.
Mécanisme 1 — Comment la redistribution réduit les inégalités de niveau de vie
- Ils versent des prestations sociales, en partie sous conditions de ressources, et financent des services collectifs
- Les pouvoirs publics prélèvent des cotisations sociales et des impôts, dont certains sont progressifs
- Le rapport interdécile et le coefficient de Gini des niveaux de vie diminuent
- Les revenus primaires issus du travail et du patrimoine sont très inégalement répartis
- Le revenu disponible des ménages modestes augmente fortement, celui des ménages aisés diminue
Correction
Ordre attendu :
- Les revenus primaires issus du travail et du patrimoine sont très inégalement répartis
- Les pouvoirs publics prélèvent des cotisations sociales et des impôts, dont certains sont progressifs
- Ils versent des prestations sociales, en partie sous conditions de ressources, et financent des services collectifs
- Le revenu disponible des ménages modestes augmente fortement, celui des ménages aisés diminue
- Le rapport interdécile et le coefficient de Gini des niveaux de vie diminuent
L’essentiel de la réduction des écarts vient des prestations versées en bas de la distribution, davantage que de la progressivité de l’impôt sur le revenu. Retenez donc les deux jambes de la redistribution : prélever et verser.
Mécanisme 2 — L’argument des effets désincitatifs opposé à une redistribution trop forte
- Les recettes attendues ne sont pas au rendez-vous et le financement de la redistribution devient plus difficile
- Le gain net retiré d’une heure de travail ou d’un investissement supplémentaire diminue
- Certains agents réduisent leur activité, ou déclarent leurs revenus dans un autre pays
- Le taux marginal d’imposition des revenus les plus élevés est fortement relevé
- L’assiette imposable se contracte
Correction
Ordre attendu :
- Le taux marginal d’imposition des revenus les plus élevés est fortement relevé
- Le gain net retiré d’une heure de travail ou d’un investissement supplémentaire diminue
- Certains agents réduisent leur activité, ou déclarent leurs revenus dans un autre pays
- L’assiette imposable se contracte
- Les recettes attendues ne sont pas au rendez-vous et le financement de la redistribution devient plus difficile
Ce raisonnement est un argument théorique — celui de la courbe de Laffer — dont l’ampleur empirique reste très discutée : les études ne s’accordent ni sur le taux à partir duquel l’effet joue, ni sur la sensibilité réelle de l’offre de travail. Sachez l’exposer comme une limite débattue, non comme un fait établi.