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QCM — Inégalités et conceptions de la justice sociale

Compréhension du coursQCMIntermédiaire12 min

Une seule réponse est correcte, sauf mention contraire.

  1. Qu’est-ce qui distingue une inégalité d’une simple différence ?

    Correction

    Réponse : L’inégalité porte sur des ressources rares et socialement valorisées, donc hiérarchisées

    Avoir les yeux bleus ou verts est une différence sans hiérarchie. Il n’y a inégalité que lorsque la ressource en jeu est rare et fait l’objet d’une valorisation sociale, ce qui classe les individus les uns par rapport aux autres.

  2. Un rapport interdécile de niveau de vie égal à 3,4 signifie que :

    Correction

    Réponse : Le seuil D9 vaut 3,4 fois le seuil D1

    Le rapport interdécile compare deux seuils de la distribution, pas deux moyennes de groupes. C’est d’ailleurs pourquoi il sous-estime l’écart réel entre le haut et le bas : il ignore les revenus situés au-delà de D9.

  3. Le coefficient de Gini d’un pays passe de 0,29 à 0,33. On peut en conclure que :

    Correction

    Réponse : Les inégalités de revenus se sont creusées

    Le Gini croît avec la concentration : la courbe de Lorenz s’est éloignée de la diagonale. Il ne dit en revanche rien du niveau des revenus, qui peut avoir augmenté ou diminué pour tous.

  4. Selon le principe de différence de Rawls, une forte inégalité de revenus est juste si :

    Correction

    Réponse : Elle améliore la situation des membres les plus défavorisés de la société

    Rawls n’interdit pas les inégalités : il les subordonne au sort des plus défavorisés. Le critère majoritaire (proposition 4) est écarté par le raisonnement sous voile d’ignorance, où l’on ignore sa propre position.

  5. Quels dispositifs relèvent de la redistribution opérée par les pouvoirs publics ? (plusieurs réponses)

    Correction

    Réponse : L’impôt sur le revenu progressif ; Le versement d’allocations sous conditions de ressources ; La gratuité de l’enseignement public

    La redistribution combine prélèvements, prestations monétaires et services collectifs financés collectivement. Une hausse de salaire modifie la répartition primaire des revenus, avant toute intervention publique.

  6. Une bourse d’études attribuée selon le revenu des parents relève d’abord de :

    Correction

    Réponse : L’égalité des chances

    Le dispositif ne vise pas à égaliser les conditions de vie, mais à corriger un handicap de départ pour que l’accès aux études ne dépende pas de l’origine sociale : c’est bien la logique de l’égalité des chances.

  7. Pour un libertarien comme Nozick, l’État doit :

    Correction

    Réponse : Se limiter à la protection des droits et des contrats librement conclus

    La justice y est procédurale : si les acquisitions et les transferts sont légitimes, le résultat l’est aussi. Une redistribution contrainte est alors analysée comme une atteinte au droit de propriété, quelle que soit l’ampleur des écarts.

  8. Sur un graphique de courbe de Lorenz, une répartition parfaitement égalitaire correspond à :

    Correction

    Réponse : La diagonale elle-même

    Si 20 % de la population détient exactement 20 % du revenu, et ainsi de suite, les points s’alignent sur la première bissectrice. L’aire entre la courbe et la diagonale est alors nulle, donc le Gini vaut 0.

  9. La distinction entre égalité des chances et égalité des situations tient à ce que :

    Correction

    Réponse : La première porte sur les points de départ, la seconde sur les conditions de vie effectives

    L’égalité des chances accepte des résultats inégaux dès lors que la compétition est équitable ; l’égalité des situations vise directement à resserrer l’éventail des conditions de vie, quelle que soit l’origine des écarts.

  10. Quelles limites sont couramment opposées à l’action redistributive des pouvoirs publics ? (plusieurs réponses)

    Correction

    Réponse : Des effets désincitatifs possibles sur l’offre de travail ; Des contraintes de financement et un niveau élevé de prélèvements obligatoires ; Une efficacité contestée du fait du non-recours aux prestations

    Les trois premières critiques structurent le débat : incitations, soutenabilité du financement, ciblage imparfait. La quatrième est fausse : le consentement à l’impôt est un principe constitutionnel, l’impôt est parfaitement licite.

  11. Un impôt proportionnel de 10 % appliqué à tous les revenus :

    Correction

    Réponse : Laisse inchangé l’écart relatif entre les revenus

    Chaque revenu est multiplié par 0,9 : les écarts en euros se réduisent, mais le rapport entre deux revenus, lui, ne bouge pas. Seule la progressivité modifie l’écart relatif, donc le rapport interdécile.

  12. Selon l’approche par les capabilités d’Amartya Sen, deux individus disposant du même revenu :

    Correction

    Réponse : Peuvent avoir des libertés réelles très différentes selon leur santé ou leur environnement

    Sen déplace le regard des ressources vers ce que les individus peuvent réellement en faire. Une personne en situation de handicap a besoin de davantage de ressources pour atteindre le même niveau d’accomplissement : l’égalité des revenus ne suffit donc pas.

Notions : inégalités économiques égalité des chances coefficient de Gini redistribution fiscalité

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