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Lecture de données — La vague d’inflation de 2021-2023 et sa composition

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Document — Inflation de la zone euro et de ses composantes, de 2019 à 2025 (en %)

AnnéeEnsembleÉnergieAlimentation, alcool et tabacProduits industriels hors énergieServicesInflation sous-jacente (hors énergie et alimentation)
20191,21,11,80,31,51,0
20200,3−6,82,30,21,00,7
20212,613,01,51,51,51,5
20228,436,99,14,63,64,0
20235,4−2,010,95,04,95,0
20242,4−2,22,90,84,02,8
20252,1−1,42,80,63,42,4
Source : Eurostat, indice des prix à la consommation harmonisé, taux de variation en moyenne annuelle par grande composante, 2019 à 2025 (prc_hicp_aind). · Champ : Zone euro à vingt pays. Taux de variation annuel moyen de l’indice des prix à la consommation harmonisé et de ses composantes. L’inflation sous-jacente correspond à l’indice d’ensemble hors énergie, alimentation, alcool et tabac. · Lecture : En 2022, les prix de l’énergie ont augmenté en moyenne de 36,9 % dans la zone euro, alors que l’indice d’ensemble progressait de 8,4 %.
  1. De combien de points l’inflation d’ensemble a-t-elle augmenté entre 2021 et 2022 ?

    points de %

    Correction

    Réponse : 5.8 points de %

    8,4 − 2,6 = 5,8 points de pourcentage. En une seule année, la zone euro passe d’une inflation légèrement supérieure à la cible à une inflation quatre fois plus élevée qu’elle.

  2. En 2022, quel est l’écart, en points, entre l’inflation d’ensemble et l’inflation sous-jacente ?

    points de %

    Correction

    Réponse : 4.4 points de %

    8,4 − 4,0 = 4,4 points. Plus de la moitié de l’inflation de 2022 venait donc de l’énergie et de l’alimentation, c’est-à-dire de postes sur lesquels un taux directeur n’a presque aucune prise à court terme : la BCE ne peut agir ni sur le prix du gaz importé ni sur celui des céréales.

  3. Combien d’années, sur les sept du tableau, les prix de l’énergie ont-ils baissé ?

    années

    Correction

    Réponse : 4 années

    Le taux est négatif en 2020 (−6,8 %), 2023 (−2,0 %), 2024 (−2,2 %) et 2025 (−1,4 %), soit 4 années. Attention : un taux négatif en 2023 ne signifie pas que l’énergie était bon marché, mais qu’elle coûtait moins cher qu’en 2022, année où son prix avait bondi de 36,9 %.

  4. Rédigez la phrase de lecture de la donnée « 4,9 » relative aux services en 2023.

    Précisez la source, la période, le champ, l’unité et la grandeur mesurée.

    Correction

    Phrase attendue : « Selon Eurostat, en 2023, les prix des services ont augmenté en moyenne de 4,9 % dans la zone euro, mesurés par l’indice des prix à la consommation harmonisé. »

    On attend l’unité (un pourcentage de variation, non des points), la mention de la moyenne annuelle et celle du champ géographique. Écrire « les services ont augmenté de 4,9 % » sans préciser qu’il s’agit de leurs prix est une imprécision fréquente.

  5. La BCE n’a relevé ses taux directeurs qu’à partir de juillet 2022, alors que l’inflation dépassait déjà sa cible en 2021. À l’aide du tableau, proposez deux explications de ce retard, puis expliquez pourquoi l’inflation des services reste élevée en 2025.

    Regardez d’abord d’où venait l’inflation de 2021, puis comparez l’évolution de l’énergie et celle des services entre 2022 et 2025.

    Correction

    Première explication : l’origine de l’inflation. En 2021, la hausse de l’indice d’ensemble (2,6 %) provient presque entièrement de l’énergie, dont les prix bondissent de 13,0 %. L’inflation sous-jacente n’est alors que de 1,5 %, soit en dessous de la cible. Une banque centrale peut légitimement considérer qu’un choc de prix importé est transitoire : agir sur le taux directeur reviendrait à freiner la demande intérieure pour un phénomène qui ne vient pas d’elle, et le remède serait pire que le mal.

    Deuxième explication : le délai de transmission. Le taux directeur n’agit sur les prix qu’indirectement — par le coût du crédit, puis par la demande —, ce qui prend plusieurs trimestres. Relever les taux à contretemps expose donc à freiner l’activité au moment où le choc initial s’est déjà dissipé.

    Ce qui a fait changer d’avis la BCE : la diffusion du choc au reste de l’économie. L’inflation sous-jacente passe de 1,5 % en 2021 à 4,0 % en 2022 puis 5,0 % en 2023 ; l’alimentation atteint 10,9 % en 2023. Le choc énergétique ne restait plus cantonné à l’énergie : il se propageait aux coûts de production, aux salaires et aux prix des services. C’est cette diffusion, et non le niveau de l’indice d’ensemble, qui justifie une hausse des taux.

    Les services en 2025 : avec 3,4 %, ils restent nettement au-dessus de la cible alors que l’énergie recule (−1,4 %) et que les produits industriels n’augmentent que de 0,6 %. Les services sont en effet le poste le plus intensif en main-d’œuvre : leurs prix suivent les salaires, qui s’ajustent avec retard à l’inflation passée. C’est ce que l’on appelle les effets de second tour, et c’est ce qui explique que la BCE ait tardé à rebaisser ses taux.

    Une bonne réponse distingue explicitement l’inflation d’ensemble de l’inflation sous-jacente et cite au moins quatre chiffres du tableau.

Notions : politique monétaire BCE taux directeur stabilisation lecture de données

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Tout le chapitre : Politiques économiques européennes