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Lecture de données — Solde public, charge d’intérêts et solde primaire

Savoir-faireLecture de donnéesDifficile📄 Document sourcé20 min

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Document — Recettes, dépenses et charge d’intérêts des administrations publiques en 2025 (en % du PIB)

PaysRecettes totalesDépenses totalesSolde publicdont charge d’intérêts de la dette
Belgique49,054,2−5,22,2
Finlande53,957,7−3,91,6
Allemagne47,950,5−2,71,1
Espagne42,945,3−2,42,4
Portugal43,442,7+0,71,9
Grèce50,048,3+1,73,2
Ensemble de la zone euro46,949,8−2,91,9
Source : Eurostat, recettes, dépenses et principaux agrégats des administrations publiques, année 2025 (gov_10a_main). · Champ : Six États membres de la zone euro et ensemble de la zone euro à vingt pays, année 2025. Ensemble des administrations publiques (secteur S13), en pourcentage du PIB. Le solde public est la capacité (+) ou le besoin (−) de financement ; la charge d’intérêts correspond aux intérêts versés et constitue une partie des dépenses totales. Données belges provisoires ; les soldes peuvent différer de la différence entre recettes et dépenses d’un dixième de point du fait des arrondis. · Lecture : En 2025, les administrations publiques belges ont dépensé l’équivalent de 54,2 % du PIB pour des recettes de 49,0 %, soit un déficit public de 5,2 % du PIB.
  1. Quel est le solde primaire de la Grèce, c’est-à-dire son solde public hors charge d’intérêts, en pourcentage du PIB ?

    % du PIB

    Correction

    Réponse : 4.9 % du PIB

    Solde primaire = solde public + charge d’intérêts = 1,7 + 3,2 = +4,9 % du PIB. La Grèce dégage donc un excédent primaire considérable : hors héritage de sa dette passée, ses recettes dépassent ses dépenses de près de cinq points de PIB. On ajoute les intérêts car ils ont été comptés dans les dépenses : les retirer revient à isoler l’effort de l’année en cours.

  2. Quel est le déficit primaire de la Belgique, en pourcentage du PIB ? Répondez par un nombre positif.

    % du PIB

    Correction

    Réponse : 3 % du PIB

    −5,2 + 2,2 = −3,0, soit un déficit primaire de 3,0 % du PIB. Contrairement à la Grèce, la Belgique reste en déficit même en faisant abstraction des intérêts : son déséquilibre ne vient pas seulement du passé, il se creuse encore sur l’exercice en cours.

  3. Quel est l’écart, en points de PIB, entre la charge d’intérêts de la Grèce et celle de l’Allemagne ?

    points de %

    Correction

    Réponse : 2.1 points de %

    3,2 − 1,1 = 2,1 points de PIB. Ces 2,1 points sont des dépenses entièrement contraintes : elles doivent être payées avant toute autre, et elles ne financent ni école, ni hôpital, ni investissement.

  4. Rédigez la phrase de lecture de la donnée « +0,7 » relative au Portugal.

    Précisez la source, l’année, le champ, l’unité, et le sens du signe positif.

    Correction

    Phrase attendue : « Selon Eurostat, en 2025, les administrations publiques portugaises ont dégagé un excédent public équivalent à 0,7 % du produit intérieur brut du Portugal : leurs recettes ont excédé leurs dépenses de 0,7 point de PIB. »

    Deux points d’attention. Le signe d’abord : un solde positif est un excédent, non un déficit — c’est la capacité de financement des administrations publiques. Le champ ensuite : il s’agit de l’ensemble des administrations publiques, c’est-à-dire l’État, les collectivités locales et les administrations de sécurité sociale, et non du seul budget de l’État. Une erreur fréquente consiste à parler du « budget de l’État portugais », ce qui désignerait un périmètre bien plus étroit.

  5. Pourquoi les économistes distinguent-ils le solde public du solde primaire ? Montrez, à l’aide du tableau, que deux pays au solde public voisin peuvent se trouver dans des situations très différentes.

    Calculez les soldes primaires de plusieurs pays, puis comparez-les à leurs soldes publics. Demandez-vous sur quoi un gouvernement a prise à court terme.

    Correction

    Ce que mesure chaque solde. Le solde public compare l’ensemble des recettes et des dépenses de l’année, intérêts de la dette compris. Le solde primaire en retranche la charge d’intérêts. Cette distinction est essentielle parce qu’un gouvernement n’a aucune prise à court terme sur les intérêts qu’il doit verser : ils dépendent du stock de dette accumulé par ses prédécesseurs et des taux auxquels cette dette a été émise. Le solde primaire isole donc l’effort budgétaire de l’année en cours, seul élément véritablement décidé par le gouvernement en place.

    Le calcul pour les six pays (solde public + charge d’intérêts) :

    • Grèce : 1,7 + 3,2 = +4,9 %
    • Portugal : 0,7 + 1,9 = +2,6 %
    • Espagne : −2,4 + 2,4 = 0,0 %
    • Allemagne : −2,7 + 1,1 = −1,6 %
    • Finlande : −3,9 + 1,6 = −2,3 %
    • Belgique : −5,2 + 2,2 = −3,0 %
    • Zone euro : −2,9 + 1,9 = −1,0 %

    Deux comparaisons éclairantes.

    Espagne et Allemagne. Leurs soldes publics sont presque identiques (−2,4 % et −2,7 %). Mais l’Espagne est exactement à l’équilibre primaire, alors que l’Allemagne conserve un déficit primaire de 1,6 point. Autrement dit, la totalité du déficit espagnol s’explique par les intérêts hérités de sa dette, tandis que le déficit allemand provient de dépenses courantes. Un même chiffre, deux situations opposées, et donc deux politiques à mener.

    Grèce et Belgique. La Grèce affiche un excédent public (+1,7 %) et la Belgique un déficit de 5,2 %, soit près de 7 points d’écart. En solde primaire, l’écart se creuse encore : +4,9 % contre −3,0 %, soit 7,9 points. La Grèce fournit donc un effort budgétaire considérable, dont l’essentiel sert à payer les intérêts de sa dette de 146,1 % du PIB.

    Conclusion attendue. Le solde primaire est l’indicateur qui permet de savoir si la dette est en train de se stabiliser : lorsqu’il est positif et supérieur à un certain seuil, l’État commence à rembourser plus qu’il n’emprunte hors intérêts, et le ratio dette / PIB peut décroître. C’est aussi celui qui révèle le coût politique de la contrainte : la Grèce doit dégager un excédent primaire de près de 5 points de PIB, c’est-à-dire prélever durablement bien plus qu’elle ne dépense en services rendus à sa population, pour simplement contenir sa dette. On mesure ici la difficulté d’assurer la fonction de stabilisation lorsque l’héritage de la dette absorbe l’essentiel des marges.

Notions : déficit public dette publique politique budgétaire stabilisation lecture de données

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