Lecture de données — La dette publique des vingt-sept États membres
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Document — Dette publique des États membres de l’Union européenne en 2025
| Pays | Dette publique (milliards d’euros) | Dette publique (% du PIB) |
|---|---|---|
| Grèce | 362,9 | 146,1 |
| Italie | 3 095,9 | 137,1 |
| France | 3 460,5 | 115,6 |
| Belgique | 692,5 | 107,9 |
| Espagne | 1 698,2 | 100,7 |
| Portugal | 275,1 | 89,7 |
| Finlande | 248,4 | 88,5 |
| Autriche | 418,1 | 81,5 |
| Hongrie | 168,5 | 74,6 |
| Slovénie | 46,3 | 65,7 |
| Allemagne | 2 838,2 | 63,5 |
| Slovaquie | 84,0 | 61,4 |
| Pologne | 553,2 | 59,7 |
| Roumanie | 223,1 | 59,3 |
| Croatie | 52,4 | 56,3 |
| Chypre | 20,1 | 55,0 |
| Lettonie | 20,2 | 46,9 |
| Malte | 11,4 | 46,4 |
| Pays-Bas | 523,5 | 44,4 |
| Tchéquie | 156,2 | 44,3 |
| Lituanie | 33,3 | 39,5 |
| Suède | 213,0 | 35,1 |
| Irlande | 209,9 | 32,9 |
| Bulgarie | 34,6 | 29,9 |
| Danemark | 114,5 | 27,9 |
| Luxembourg | 23,7 | 26,5 |
| Estonie | 10,0 | 24,1 |
| Ensemble de la zone euro (20 pays) | 13 911,1 | 87,8 |
| Ensemble de l’Union européenne (27 pays) | 15 374,4 | 81,7 |
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Combien d’États membres respectent le seuil européen de 60 % du PIB pour la dette publique ?
États
Correction
Réponse : 15 États
En partant du bas du tableau, quinze pays sont sous 60 % : Estonie, Luxembourg, Danemark, Bulgarie, Irlande, Suède, Lituanie, Tchéquie, Pays-Bas, Malte, Lettonie, Chypre, Croatie, Roumanie et Pologne (59,7 %). La Slovaquie (61,4 %) est la première à le dépasser. Quinze pays sur vingt-sept respectent donc la règle, douze ne la respectent pas — et parmi eux figurent les plus grandes économies de la zone euro.
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Quel est l’écart, en points de pourcentage du PIB, entre le ratio de dette de la Grèce et celui de l’Estonie ?
points de %
Correction
Réponse : 122 points de %
146,1 − 24,1 = 122,0 points de pourcentage. On soustrait deux pourcentages : le résultat s’exprime en points. L’écart entre les situations budgétaires nationales est donc considérable, alors que ces deux pays partagent la même monnaie.
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Combien de fois la dette publique de l’Allemagne, exprimée en milliards d’euros, est-elle plus élevée que celle de la Grèce ?
fois
Correction
Réponse : 7.82 fois
2 838,2 / 362,9 ≈ 7,82. L’Allemagne doit près de huit fois plus que la Grèce en montant, et pourtant son ratio dette / PIB (63,5 %) est deux fois plus faible que le ratio grec (146,1 %). Ce contraste est l’enseignement principal du tableau.
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Expliquez pourquoi on rapporte la dette publique au PIB plutôt que de comparer directement les montants en euros. Appuyez-vous sur le cas de l’Allemagne et de la Grèce.
Demandez-vous avec quelles ressources un État rembourse sa dette.
Correction
Réponse attendue : un montant brut ne dit rien de la capacité d’un pays à faire face à sa dette. L’Allemagne doit 2 838,2 milliards d’euros et la Grèce 362,9 milliards : en euros, la dette allemande est près de huit fois plus lourde. Mais l’Allemagne produit chaque année une richesse bien plus grande, et c’est de cette production que proviennent, par les prélèvements obligatoires, les ressources permettant de payer les intérêts et de rembourser.
Rapporter la dette au PIB revient donc à mesurer le poids de la dette relativement aux ressources annuelles disponibles. Ainsi mesurée, la hiérarchie s’inverse : 63,5 % du PIB pour l’Allemagne contre 146,1 % pour la Grèce. Un même montant emprunté ne pèse pas du tout de la même façon selon la taille de l’économie qui le porte.
Précaution de lecture indispensable : ce ratio rapporte un stock, accumulé sur plusieurs décennies, à un flux produit en une seule année. Dire que la dette grecque représente 146,1 % du PIB ne signifie évidemment pas qu’il faudrait consacrer une année et demie de production entière à son remboursement : la dette n’est jamais remboursée en une fois, mais refinancée au fur et à mesure des échéances.
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Que révèle la dispersion des ratios de dette pour la conduite des politiques économiques dans la zone euro ?
Demandez-vous ce que peut faire, face à une récession, un pays endetté à 146 % du PIB, et ce que peut faire un pays endetté à 24 %.
Correction
Réponse attendue : la dispersion est extrême — de 24,1 % du PIB en Estonie à 146,1 % en Grèce, soit 122 points d’écart — alors même que ces pays partagent une monnaie unique et une seule banque centrale.
Première conséquence : des marges de manœuvre budgétaires très inégales. Face à une récession, un État faiblement endetté peut emprunter pour soutenir la demande sans inquiéter ses prêteurs : il assure sa fonction de stabilisation. Un État très endetté, lui, emprunterait à des taux plus élevés, verrait sa charge d’intérêts s’alourdir et risquerait l’effet « boule de neige ». Il peut donc être contraint de réduire ses dépenses au moment précis où son économie a besoin de soutien.
Deuxième conséquence : un policy mix incohérent. La politique monétaire est unique, mais les politiques budgétaires sont nationales et de capacités très inégales. Si les pays disposant de marges ne les utilisent pas, la relance repose sur ceux qui ne peuvent pas la financer, et l’orientation d’ensemble de la zone n’est choisie par personne.
Troisième conséquence : le risque de contagion, qui justifie les règles. Dans une union monétaire, les difficultés d’un État se transmettent aux autres — par les banques qui détiennent sa dette, par les échanges commerciaux, par la défiance des investisseurs envers l’ensemble de la zone. C’est ce qui justifie que les seuils de 3 % et 60 % du PIB soient communs et surveillés collectivement.
Une bonne réponse observe enfin que douze États sur vingt-sept dépassent le seuil de 60 %, y compris les plus grandes économies : une règle massivement transgressée pose autant la question de sa crédibilité que celle de la discipline des États.