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Lecture de données — À quoi servent les dépenses publiques en Europe ?

Savoir-faireLecture de donnéesDifficile📄 Document sourcé20 min

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Document — Dépenses des administrations publiques par fonction en 2024 (en % du PIB)

FonctionZone euroAllemagneEspagneGrèceFinlande
Protection sociale20,120,418,717,726,5
Santé7,57,66,55,77,7
Services généraux (dont charge de la dette)6,26,45,88,37,1
Affaires économiques5,25,45,16,04,9
Enseignement4,64,54,13,96,3
Ordre et sécurité publics1,71,61,82,01,3
Défense1,41,40,92,21,6
Loisirs, culture et culte1,11,11,21,01,7
Protection de l’environnement0,90,61,00,90,2
Logement et équipements collectifs0,70,50,50,50,5
Total des dépenses publiques49,449,445,548,257,7
Source : Eurostat, dépenses des administrations publiques par fonction (COFOG), année 2024 (gov_10a_exp). · Champ : Zone euro à vingt pays et quatre États membres, année 2024. Dépenses totales de l’ensemble des administrations publiques (secteur S13), classées selon la nomenclature internationale des fonctions des administrations publiques (COFOG), en pourcentage du PIB. Les données allemandes, espagnoles et finlandaises sont provisoires ; les colonnes peuvent différer de leur total d’un dixième de point du fait des arrondis. · Lecture : En 2024, la protection sociale représente 26,5 % du PIB en Finlande, contre 17,7 % en Grèce.
  1. En Finlande, quelle part du total des dépenses publiques la protection sociale représente-t-elle ? Répondez en pourcentage, avec une décimale.

    %

    Correction

    Réponse : 45.9 %

    26,5 / 57,7 × 100 ≈ 45,9 %. Attention au changement de dénominateur : les données du tableau sont exprimées en pourcentage du PIB, alors que la question demande une part du total des dépenses. Près de la moitié de la dépense publique finlandaise va donc à la seule protection sociale.

  2. Quel est l’écart, en points de PIB, entre le total des dépenses publiques de la Finlande et celui de l’Espagne ?

    points de %

    Correction

    Réponse : 12.2 points de %

    57,7 − 45,5 = 12,2 points de PIB. Deux pays de la même union monétaire consacrent donc à leurs administrations publiques des parts très différentes de leur production.

  3. De combien de points la Grèce dépasse-t-elle la moyenne de la zone euro pour les services généraux ?

    points de %

    Correction

    Réponse : 2.1 points de %

    8,3 − 6,2 = 2,1 points de PIB. Cette fonction inclut la charge d’intérêts de la dette publique : l’écart grec ne traduit donc pas une administration plus dispendieuse, mais le coût hérité de la dette publique grecque, la plus élevée de l’Union (146,1 % du PIB en 2025). C’est une dépense contrainte, qui réduit d’autant les marges disponibles pour les autres fonctions.

  4. Rédigez la phrase de lecture de la donnée « 3,9 » relative à l’enseignement en Grèce.

    Précisez la source, l’année, le champ, l’unité et la grandeur mesurée.

    Correction

    Phrase attendue : « Selon Eurostat, en 2024, les administrations publiques grecques ont consacré à l’enseignement des dépenses représentant 3,9 % du produit intérieur brut de la Grèce. »

    Deux précisions sont indispensables : il s’agit de l’ensemble des administrations publiques (État, collectivités locales, sécurité sociale), et non du seul budget de l’État ; et le dénominateur est le PIB, non le total des dépenses publiques. Confondre les deux conduit à des interprétations très différentes : 3,9 % du PIB représente 8,1 % du total des dépenses publiques grecques.

  5. « Certains pays européens dépensent trop. » En vous appuyant sur le tableau, montrez que cette affirmation est difficile à trancher et qu’elle masque des choix de nature différente.

    Comparez d’abord les totaux, puis regardez ligne par ligne d’où viennent les écarts. Distinguez ce qui relève d’un choix politique et ce qui est subi.

    Correction

    Réponse attendue : l’affirmation suppose qu’un même niveau de dépense signifie la même chose partout. Le tableau montre qu’il n’en est rien.

    Des totaux différents, mais des écarts inégalement répartis. La dépense publique va de 45,5 % du PIB en Espagne à 57,7 % en Finlande, soit 12,2 points d’écart. Or l’essentiel de cet écart tient à une seule fonction : la protection sociale (26,5 % en Finlande contre 18,7 % en Espagne, soit 7,8 points) et, dans une moindre mesure, l’enseignement (6,3 % contre 4,1 %). La Finlande ne dépense pas « plus » partout : elle a fait le choix collectif d’une protection sociale et d’un système éducatif largement financés par l’impôt. Une part de ce que l’État finance en Finlande est simplement financée par les ménages eux-mêmes ailleurs.

    Des dépenses choisies et des dépenses subies. Le cas grec est éclairant. La Grèce a le total le plus proche de la moyenne de la zone (48,2 % contre 49,4 %), mais la composition la plus atypique : elle consacre 8,3 % du PIB aux services généraux, soit 2,1 points de plus que la moyenne, parce que cette fonction inclut la charge d’intérêts de sa dette. En contrepartie, elle dépense moins que tous les autres pays du tableau pour la santé (5,7 %), l’enseignement (3,9 %) et la protection sociale (17,7 %). Un euro consacré aux intérêts est un euro qui n’ira ni à l’hôpital ni à l’école : c’est la traduction concrète de la contrainte de dette.

    Des priorités politiques visibles. On lit aussi des choix nationaux : la Grèce consacre 2,2 % du PIB à la défense contre 0,9 % à l’Espagne ; l’Espagne consacre 1,0 % à la protection de l’environnement contre 0,2 % à la Finlande.

    Conclusion attendue : juger du « trop » suppose de préciser trois choses — de quelle fonction on parle, ce que les ménages financent eux-mêmes lorsque l’État ne le fait pas, et quelle part de la dépense est contrainte par le passé. Un total élevé peut traduire un choix de société ; un total moyen peut masquer une contrainte subie.

Notions : politique budgétaire déficit public dette publique stabilisation lecture de données

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