Lecture de données — Vingt ans de convergence économique dans l’Union
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Document — PIB par habitant en standards de pouvoir d’achat, indice UE-27 = 100
| Pays | 2004 | 2014 | 2024 |
|---|---|---|---|
| Bulgarie | 35 | 48 | 66 |
| Roumanie | 35 | 55 | 78 |
| Lituanie | 50 | 75 | 88 |
| Pologne | 52 | 68 | 79 |
| Estonie | 56 | 78 | 79 |
| Slovaquie | 58 | 78 | 75 |
| Hongrie | 62 | 69 | 77 |
| Tchéquie | 81 | 88 | 91 |
| Portugal | 83 | 77 | 82 |
| Grèce | 95 | 71 | 70 |
| Espagne | 101 | 90 | 92 |
| Allemagne | 124 | 128 | 115 |
| Union européenne (27 pays) | 100 | 100 | 100 |
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De combien de points l’indice de la Bulgarie a-t-il progressé entre 2004 et 2024 ?
points
Correction
Réponse : 31 points
66 − 35 = 31 points. En vingt ans, la Bulgarie est passée d’un PIB par habitant représentant environ un tiers de la moyenne européenne aux deux tiers de celle-ci : c’est un rattrapage considérable.
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De combien de points l’indice de la Grèce a-t-il baissé entre 2004 et 2024 ?
points
Correction
Réponse : 25 points
95 − 70 = 25 points. La Grèce était proche de la moyenne européenne en 2004 ; elle en est aujourd’hui très éloignée. La chute s’est concentrée entre 2004 et 2014 (de 95 à 71), c’est-à-dire pendant la crise de la dette souveraine.
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Quel est le taux de variation de l’indice roumain entre 2004 et 2024 ? Répondez en pourcentage, avec deux décimales au maximum.
%
Correction
Réponse : 122.86 %
(78 − 35) / 35 × 100 ≈ 122,86 %. L’indice roumain a plus que doublé. Attention à ne pas confondre ce taux de variation avec l’écart de 43 points : le premier est relatif, le second absolu, et l’un ne remplace jamais l’autre.
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Expliquez ce que mesure exactement cet indice et pourquoi il est exprimé en standards de pouvoir d’achat plutôt qu’en euros.
Demandez-vous ce que l’on pourrait acheter avec 1 000 euros à Sofia et à Munich.
Correction
Réponse attendue : l’indice mesure la richesse produite par habitant dans un pays, rapportée à la moyenne de l’Union européenne fixée à 100. Un indice de 66 signifie que la production par habitant y atteint 66 % de la moyenne européenne.
La conversion en standards de pouvoir d’achat corrige les différences de niveau de prix entre pays. Le même panier de biens et de services coûte moins cher dans certains États membres que dans d’autres : comparer des PIB par habitant convertis simplement en euros exagérerait les écarts de niveau de vie, car un euro dépensé n’achète pas la même quantité de biens partout. La correction consiste donc à raisonner en volume, à pouvoir d’achat équivalent.
Deux précautions de lecture. D’abord, il s’agit d’une moyenne : elle ne dit rien de la répartition des revenus à l’intérieur de chaque pays. Ensuite, l’indice étant rapporté chaque année à la moyenne de l’Union, il peut baisser sans que le pays s’appauvrisse — il suffit que les autres progressent plus vite. C’est en partie ce qui explique l’évolution de l’Allemagne, dont l’indice passe de 128 en 2014 à 115 en 2024.
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La monnaie unique devait favoriser la convergence des économies européennes. Ce tableau confirme-t-il cette attente ? Quelles conséquences en tirez-vous pour la politique monétaire commune ?
Distinguez les pays qui se rapprochent de la moyenne de ceux qui s’en éloignent, puis reliez votre constat à la théorie des zones monétaires optimales.
Correction
Réponse attendue : le tableau montre une convergence réelle mais partielle, et même des divergences.
Une convergence spectaculaire pour les pays d’Europe centrale et orientale. La Bulgarie passe de 35 à 66, la Roumanie de 35 à 78, la Lituanie de 50 à 88, la Pologne de 52 à 79. Ces pays, entrés dans l’Union en 2004 ou en 2007, ont fortement rattrapé leur retard : l’écart à la moyenne européenne s’est réduit de moitié en vingt ans pour plusieurs d’entre eux.
Mais des trajectoires divergentes ailleurs. La Grèce recule de 95 à 70, soit 25 points, et l’essentiel de cette chute intervient entre 2004 et 2014. L’Espagne perd 9 points (101 → 92) et le Portugal reste en dessous de son niveau de 2004 (83 → 82). La Slovaquie elle-même recule entre 2014 et 2024 (78 → 75). La convergence n’est donc ni automatique ni irréversible.
Un resserrement d’ensemble tout de même. En 2004, l’écart entre l’Allemagne (124) et la Bulgarie (35) était de 89 points ; en 2024, il n’est plus que de 49 points (115 − 66). L’Union est globalement plus homogène qu’il y a vingt ans, mais surtout par le haut et par le bas des extrêmes.
Conséquences pour la politique monétaire : des économies aux niveaux de développement encore très différents ne connaissent ni les mêmes rythmes de croissance, ni les mêmes tensions sur les prix et les salaires. Un pays en rattrapage rapide tend à connaître une inflation plus forte : un même taux directeur y est donc trop bas, tandis qu’il est trop élevé pour un pays en stagnation. C’est exactement ce que souligne la théorie des zones monétaires optimales : plus les économies membres sont hétérogènes, plus la monnaie unique est coûteuse à gérer, et plus il faudrait des mécanismes de substitution — mobilité du travail, flexibilité des prix et des salaires, transferts budgétaires entre régions — pour absorber les chocs qui ne frappent qu’une partie de la zone.