Chaînes de causalité — Naissance et effets d’un pouvoir de marché
Remettez chaque maillon du mécanisme à sa place en indiquant son numéro d’ordre.
Mécanisme 1 — Comment naît un pouvoir de marché
- Il cesse d’être preneur de prix et peut vendre bien au-dessus de son coût de production unitaire : il détient un pouvoir de marché
- La demande qui s’adresse à lui devient très peu élastique, puisque les patients n’ont pas d’autre traitement
- Aucun concurrent ne peut légalement fabriquer le même médicament : une barrière à l’entrée s’élève autour de ce marché
- Le laboratoire devient l’offreur unique d’un produit sans substitut proche : il se trouve en situation de monopole
- Un laboratoire met au point une molécule inédite et dépose un brevet qui la protège pour vingt ans
Correction
Ordre attendu :
- Un laboratoire met au point une molécule inédite et dépose un brevet qui la protège pour vingt ans
- Aucun concurrent ne peut légalement fabriquer le même médicament : une barrière à l’entrée s’élève autour de ce marché
- Le laboratoire devient l’offreur unique d’un produit sans substitut proche : il se trouve en situation de monopole
- La demande qui s’adresse à lui devient très peu élastique, puisque les patients n’ont pas d’autre traitement
- Il cesse d’être preneur de prix et peut vendre bien au-dessus de son coût de production unitaire : il détient un pouvoir de marché
Retenez l’ordre du raisonnement : barrière à l’entrée → structure de marché → absence de substituts → pouvoir de marché. Le pouvoir n’est jamais premier : il résulte d’un obstacle qui empêche les concurrents d’arriver. C’est pourquoi la question à se poser devant tout marché concentré est : « qu’est-ce qui empêche un nouvel entrant ? »
Mécanisme 2 — Les effets d’un pouvoir de marché sur le bien-être collectif
- Ceux qui achètent malgré tout paient plus cher : une partie de leur surplus est transférée au producteur, sous forme de profit
- Les pouvoirs publics interviennent pour rétablir la concurrence ou encadrer les tarifs du monopole
- Ce gain perdu ne profite à personne : c’est une perte sèche, et l’allocation des ressources n’est plus efficace
- Les consommateurs qui n’étaient prêts à payer qu’un prix intermédiaire renoncent à acheter : la quantité échangée est plus faible qu’en concurrence
- Les transactions abandonnées étaient pourtant avantageuses pour les deux parties, puisque leur valeur pour l’acheteur dépassait le coût du vendeur
- L’entreprise en situation de monopole fixe un prix nettement supérieur à son coût de production unitaire
Correction
Ordre attendu :
- L’entreprise en situation de monopole fixe un prix nettement supérieur à son coût de production unitaire
- Les consommateurs qui n’étaient prêts à payer qu’un prix intermédiaire renoncent à acheter : la quantité échangée est plus faible qu’en concurrence
- Ceux qui achètent malgré tout paient plus cher : une partie de leur surplus est transférée au producteur, sous forme de profit
- Les transactions abandonnées étaient pourtant avantageuses pour les deux parties, puisque leur valeur pour l’acheteur dépassait le coût du vendeur
- Ce gain perdu ne profite à personne : c’est une perte sèche, et l’allocation des ressources n’est plus efficace
- Les pouvoirs publics interviennent pour rétablir la concurrence ou encadrer les tarifs du monopole
Ne confondez pas les deux effets, qui sont de nature différente : le transfert de surplus des acheteurs vers le producteur ne détruit aucune richesse, il change simplement de mains ; la perte sèche, elle, correspond à des échanges qui n’ont pas lieu et dont personne ne profite. C’est ce second effet, et lui seul, qui justifie économiquement la politique de la concurrence.