Aller au contenu

Chaînes de causalité — Naissance et effets d’un pouvoir de marché

Compréhension du coursChaîne de causalitéDifficile11 min

Remettez chaque maillon du mécanisme à sa place en indiquant son numéro d’ordre.

Mécanisme 1 — Comment naît un pouvoir de marché

  1. Il cesse d’être preneur de prix et peut vendre bien au-dessus de son coût de production unitaire : il détient un pouvoir de marché
  2. La demande qui s’adresse à lui devient très peu élastique, puisque les patients n’ont pas d’autre traitement
  3. Aucun concurrent ne peut légalement fabriquer le même médicament : une barrière à l’entrée s’élève autour de ce marché
  4. Le laboratoire devient l’offreur unique d’un produit sans substitut proche : il se trouve en situation de monopole
  5. Un laboratoire met au point une molécule inédite et dépose un brevet qui la protège pour vingt ans
Correction

Ordre attendu :

  1. Un laboratoire met au point une molécule inédite et dépose un brevet qui la protège pour vingt ans
  2. Aucun concurrent ne peut légalement fabriquer le même médicament : une barrière à l’entrée s’élève autour de ce marché
  3. Le laboratoire devient l’offreur unique d’un produit sans substitut proche : il se trouve en situation de monopole
  4. La demande qui s’adresse à lui devient très peu élastique, puisque les patients n’ont pas d’autre traitement
  5. Il cesse d’être preneur de prix et peut vendre bien au-dessus de son coût de production unitaire : il détient un pouvoir de marché

Retenez l’ordre du raisonnement : barrière à l’entrée → structure de marché → absence de substituts → pouvoir de marché. Le pouvoir n’est jamais premier : il résulte d’un obstacle qui empêche les concurrents d’arriver. C’est pourquoi la question à se poser devant tout marché concentré est : « qu’est-ce qui empêche un nouvel entrant ? »

Mécanisme 2 — Les effets d’un pouvoir de marché sur le bien-être collectif

  1. Ceux qui achètent malgré tout paient plus cher : une partie de leur surplus est transférée au producteur, sous forme de profit
  2. Les pouvoirs publics interviennent pour rétablir la concurrence ou encadrer les tarifs du monopole
  3. Ce gain perdu ne profite à personne : c’est une perte sèche, et l’allocation des ressources n’est plus efficace
  4. Les consommateurs qui n’étaient prêts à payer qu’un prix intermédiaire renoncent à acheter : la quantité échangée est plus faible qu’en concurrence
  5. Les transactions abandonnées étaient pourtant avantageuses pour les deux parties, puisque leur valeur pour l’acheteur dépassait le coût du vendeur
  6. L’entreprise en situation de monopole fixe un prix nettement supérieur à son coût de production unitaire
Correction

Ordre attendu :

  1. L’entreprise en situation de monopole fixe un prix nettement supérieur à son coût de production unitaire
  2. Les consommateurs qui n’étaient prêts à payer qu’un prix intermédiaire renoncent à acheter : la quantité échangée est plus faible qu’en concurrence
  3. Ceux qui achètent malgré tout paient plus cher : une partie de leur surplus est transférée au producteur, sous forme de profit
  4. Les transactions abandonnées étaient pourtant avantageuses pour les deux parties, puisque leur valeur pour l’acheteur dépassait le coût du vendeur
  5. Ce gain perdu ne profite à personne : c’est une perte sèche, et l’allocation des ressources n’est plus efficace
  6. Les pouvoirs publics interviennent pour rétablir la concurrence ou encadrer les tarifs du monopole

Ne confondez pas les deux effets, qui sont de nature différente : le transfert de surplus des acheteurs vers le producteur ne détruit aucune richesse, il change simplement de mains ; la perte sèche, elle, correspond à des échanges qui n’ont pas lieu et dont personne ne profite. C’est ce second effet, et lui seul, qui justifie économiquement la politique de la concurrence.

Notions : pouvoir de marché monopole barrière à l’entrée politique de la concurrence

Autres exercices du chapitre

Tout le chapitre : Les marchés imparfaits