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Lecture de données — Origine sociale et accès aux filières sélectives

Savoir-faireLecture de donnéesIntermédiaire📄 Document sourcé20 min

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Document — Origine sociale des étudiants selon la filière suivie, en France

Origine sociale (profession des parents)Ensemble des étudiants (%)Étudiants de CPGE (%)Étudiants de STS (%)
Agriculteurs, artisans, commerçants et chefs d’entreprise9,610,411,3
Cadres et professions intellectuelles supérieures36,153,116,0
Professions intermédiaires15,112,314,8
Employés18,011,019,3
Ouvriers9,16,321,1
Retraités et inactifs12,16,817,6
Ensemble100,0100,0100,0
Source : DEPP et SIES, Repères et références statistiques 2025, fiche 7.16 « L’origine sociale des étudiants français », année universitaire 2024-2025. · Champ : France, étudiants de nationalité française inscrits dans l’enseignement supérieur en 2024-2025. Les pourcentages sont calculés hors étudiants dont l’origine sociale est inconnue. CPGE : classes préparatoires aux grandes écoles et préparations intégrées ; STS : sections de techniciens supérieurs sous statut scolaire, préparant un BTS. · Lecture : En 2024-2025, 53,1 % des étudiants de classe préparatoire aux grandes écoles ont des parents cadres ou exerçant une profession intellectuelle supérieure, contre 36,1 % de l’ensemble des étudiants.
  1. Quelle part des étudiants de classe préparatoire a des parents cadres ou exerçant une profession intellectuelle supérieure, en pourcentage ?

    %

    Correction

    Réponse : 53,1 %

    Lecture directe de la colonne « Étudiants de CPGE ». Cette part est à mettre immédiatement en regard des deux autres colonnes (36,1 % pour l’ensemble des étudiants, 16,0 % en STS) : sans comparaison, un pourcentage isolé ne prouve rien.

  2. Quel est l’écart, en points de pourcentage, entre la part des enfants d’ouvriers parmi les étudiants de STS et leur part parmi les étudiants de CPGE ?

    points de pourcentage

    Correction

    Réponse : 14,8 points de pourcentage

    21,1 − 6,3 = 14,8. On soustrait deux pourcentages : le résultat s’exprime donc en points de pourcentage, jamais en pourcentage — c’est l’erreur de formulation la plus fréquente.

  3. Les enfants de cadres sont combien de fois plus nombreux, en proportion, parmi les étudiants de CPGE que parmi les étudiants de STS ?

    fois

    Correction

    Réponse : 3,3 fois

    53,1 / 16,0 = 3,3. Un rapport permet de mesurer une sur-représentation : les deux filières recrutent après le baccalauréat, mais la composition sociale de la classe préparatoire n’a rien à voir avec celle de la section de techniciens supérieurs.

  4. Rédigez la phrase de lecture de la donnée « 6,3 » du tableau.

    Une phrase de lecture complète comporte la source, le champ, l’année, l’unité et la grandeur mesurée. Attention au sens exact de la colonne : elle ne dit pas quelle proportion d’enfants d’ouvriers accède à ces filières.

    Correction

    Phrase attendue : « Selon la DEPP et le SIES (Repères et références statistiques 2025), en France, en 2024-2025, les enfants d’ouvriers représentent 6,3 % des étudiants de classes préparatoires aux grandes écoles. »

    Les erreurs les plus fréquentes :

    • écrire « 6,3 % des enfants d’ouvriers font une classe préparatoire » : la population de référence est celle des étudiants de prépa, pas celle des enfants d’ouvriers ;
    • oublier de préciser l’année et le champ, alors que ce sont eux qui donnent son sens à la donnée ;
    • oublier que les pourcentages sont calculés hors étudiants dont l’origine sociale est inconnue.
  5. Ces chiffres montrent-ils qu’un enfant d’ouvriers ne peut pas entrer en classe préparatoire ? Répondez en mobilisant les notions du chapitre.

    Distinguez une régularité statistique d’un destin individuel, puis expliquez l’écart par la socialisation différenciée.

    Correction

    Réponse attendue : non. Le tableau montre une nette sous-représentation des enfants d’ouvriers en classe préparatoire : ils forment 6,3 % des étudiants de CPGE, contre 9,1 % de l’ensemble des étudiants et 21,1 % des étudiants de STS, soit un écart de 14,8 points entre les deux filières. À l’inverse, les enfants de cadres passent de 16,0 % en STS à 53,1 % en CPGE. Mais 6,3 % n’est pas 0 % : ces parcours sont improbables au sens statistique, non impossibles.

    L’écart s’explique par une socialisation différenciée selon le milieu social : les familles de cadres transmettent, dès la socialisation primaire, un rapport au langage, à la lecture et à l’école proche de ce que l’institution scolaire valorise, ainsi qu’un sentiment de légitimité à viser les filières sélectives. Les dispositions incorporées dans les familles ouvrières ne sont pas moins riches, mais elles sont moins directement convertibles en réussite scolaire, et elles orientent plus souvent vers des filières professionnalisantes plus courtes.

    Une bonne réponse cite au moins deux chiffres, emploie le terme de trajectoire improbable et se garde de conclure à un déterminisme mécanique.

Notions : socialisation différenciée milieu social trajectoire improbable

Autres exercices du chapitre

Tout le chapitre : Socialisation et comportements