Lecture de données — La distribution des niveaux de vie et ses indicateurs
Utilisez le document pour répondre. Les trois premières questions se corrigent automatiquement, les deux suivantes demandent une réponse rédigée.
Document — Seuils de niveau de vie et indicateurs d’inégalités en France, de 2020 à 2024
| Indicateur | 2020 | 2022 | 2024 |
|---|---|---|---|
| 1ᵉʳ décile de niveau de vie (D1), en euros par an | 14 140 | 13 870 | 13 970 |
| Niveau de vie médian (D5), en euros par an | 26 160 | 26 030 | 26 740 |
| 9ᵉ décile de niveau de vie (D9), en euros par an | 46 620 | 46 900 | 48 580 |
| Rapport interdécile D9/D1 | 3,30 | 3,38 | 3,48 |
| Part de la masse des niveaux de vie détenue par les 20 % les plus modestes (S20), en % | 9,1 | 8,7 | 8,4 |
| Rapport (100−S80)/S20 | 4,07 | 4,40 | 4,62 |
| Indice de Gini | 0,277 | 0,294 | 0,302 |
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Retrouvez par le calcul le rapport interdécile de 2024 à partir des seuils D1 et D9. Donnez le résultat à deux décimales.
Correction
Réponse : 3.48
D9 / D1 = 48 580 / 13 970 = 3,48. On retrouve bien la valeur publiée par l’Insee. Attention au sens exact de cet indicateur : il compare deux seuils, et non les revenus moyens des deux groupes. Il ne dit donc rien de ce qui se passe à l’intérieur du dernier décile, où se concentrent pourtant les revenus les plus élevés.
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De combien de points l’indice de Gini a-t-il augmenté entre 2020 et 2024 ?
point
Correction
Réponse : 0.025 point
0,302 − 0,277 = 0,025 point. L’indice de Gini est compris entre 0 (égalité parfaite) et 1 (concentration maximale) : une variation de 0,025 point paraît minime, mais elle correspond ici au niveau d’inégalité le plus élevé de la série. Un indice sans unité se commente toujours en points, jamais en pourcentage.
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En 2024, combien de fois le seuil D9 est-il supérieur au niveau de vie médian ? Donnez le résultat à deux décimales.
fois
Correction
Réponse : 1.82 fois
48 580 / 26 740 = 1,82. Ce rapport D9/D5 mesure la dispersion du haut de la distribution. Comparez-le au rapport D5/D1 = 26 740 / 13 970 ≈ 1,91, qui mesure la dispersion du bas : les deux moitiés de la distribution contribuent donc à peu près également au rapport interdécile de 3,48.
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Rédigez la phrase de lecture correcte de la donnée « 13 970 ».
Une phrase de lecture complète comporte la source, l’année, le champ, l’unité et la grandeur mesurée. Attention : un décile est un seuil, pas une moyenne.
Correction
Phrase attendue : « Selon l’Insee (enquête Revenus fiscaux et sociaux), en 2024, en France métropolitaine, les 10 % de personnes ayant les niveaux de vie les plus faibles disposent d’un niveau de vie annuel inférieur à 13 970 euros par unité de consommation (en euros constants de 2024). »
Les erreurs les plus fréquentes :
- écrire « les 10 % les plus modestes gagnent 13 970 euros » : D1 est le seuil au-dessous duquel se situent les 10 % les plus modestes, pas leur revenu moyen ;
- oublier que le niveau de vie est exprimé par unité de consommation : ce n’est ni un revenu individuel, ni le revenu du ménage ;
- omettre la mention « euros constants », qui signifie que l’effet de l’inflation a été neutralisé et rend les années comparables entre elles.
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Les inégalités de niveau de vie se sont-elles accrues entre 2020 et 2024 ? Justifiez à l’aide de trois indicateurs différents, puis indiquez ce que ce tableau ne permet pas de dire.
Comparez d’abord l’évolution des trois seuils, puis celle des indicateurs synthétiques. Interrogez-vous ensuite sur les extrémités de la distribution.
Correction
Réponse attendue. Oui, les trois familles d’indicateurs concordent.
- Les seuils évoluent en sens contraire. En euros constants, D1 recule de 14 140 à 13 970 euros, soit − 1,2 %, alors que la médiane progresse de 26 160 à 26 740 euros (+ 2,2 %) et que D9 progresse plus vite encore, de 46 620 à 48 580 euros (+ 4,2 %). L’éventail s’ouvre par le haut et se referme par le bas.
- Les rapports augmentent. Le rapport interdécile passe de 3,30 à 3,48, et le rapport (100−S80)/S20 de 4,07 à 4,62 : en 2024, les 20 % les plus aisés perçoivent 4,62 fois la masse des niveaux de vie perçue par les 20 % les plus modestes.
- L’indicateur synthétique confirme. L’indice de Gini passe de 0,277 à 0,302 (+ 0,025 point) : la courbe de Lorenz s’éloigne de la diagonale. La part de la masse détenue par les 20 % les plus modestes recule dans le même temps de 9,1 % à 8,4 %.
Ce que le tableau ne permet pas de dire.
- Il ne dit rien de la pauvreté : le seuil de pauvreté étant fixé à 60 % de la médiane, une hausse générale des niveaux de vie peut laisser le taux de pauvreté inchangé.
- Le rapport interdécile est insensible aux extrémités : il ignore ce qui se passe au-dessus de D9, donc l’essentiel de la dynamique des très hauts revenus.
- Il porte sur les revenus après redistribution monétaire uniquement : ni les transferts en nature (santé, école), ni le patrimoine — beaucoup plus concentré — n’y figurent.
- Enfin, le point 2020 est fragile (difficultés de production statistique) et marqué par les mesures exceptionnelles de la crise sanitaire : la comparaison avec cette année de départ doit être maniée avec prudence.