Lecture de données — Qui est pauvre en France ?
Utilisez le document pour répondre. Les trois premières questions se corrigent automatiquement, les deux suivantes demandent une réponse rédigée.
Document — Niveau de vie et taux de pauvreté selon le statut d’activité en France en 2024
| Statut d’activité | Niveau de vie médian (euros par an) | Personnes pauvres (milliers) | Taux de pauvreté (%) |
|---|---|---|---|
| Salariés | 29 940 | 1 624 | 6,9 |
| Indépendants | 28 860 | 700 | 18,4 |
| Chômeurs | 19 540 | 767 | 36,1 |
| Retraités | 26 830 | 1 601 | 10,4 |
| Autres inactifs (dont étudiants) | 18 940 | 2 208 | 37,6 |
| Enfants de moins de 18 ans | 23 820 | 2 918 | 22,4 |
| Ensemble de la population | 26 740 | 9 817 | 15,4 |
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Combien de fois le taux de pauvreté des chômeurs est-il supérieur à celui des salariés ? Donnez le résultat à deux décimales.
fois
Correction
Réponse : 5.23 fois
36,1 / 6,9 = 5,23. On compare ici deux taux : le résultat s’exprime en « fois », jamais en pourcentage. Formuler « le taux de pauvreté des chômeurs est supérieur de 5,23 % à celui des salariés » serait un contresens complet.
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De combien de points le taux de pauvreté des chômeurs dépasse-t-il celui de l’ensemble de la population ?
points
Correction
Réponse : 20.7 points
36,1 − 15,4 = 20,7 points. Un écart entre deux pourcentages se dit toujours en points de pourcentage. Les deux formulations sont complémentaires : l’écart en points (20,7) donne l’ampleur absolue, le rapport (36,1 / 15,4 ≈ 2,3) donne l’ampleur relative.
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Quelle part des personnes pauvres les enfants de moins de 18 ans représentent-ils, en pourcentage ?
%
Correction
Réponse : 29.7 %
2 918 / 9 817 × 100 = 29,7 %. Près d’un tiers des personnes pauvres ont moins de 18 ans, alors que cette classe d’âge représente environ un cinquième de la population. Ne confondez pas cette part (la composition de la population pauvre) avec le taux de pauvreté des moins de 18 ans, qui vaut 22,4 % : le premier chiffre répond à « qui sont les pauvres ? », le second à « quel est le risque d’être pauvre ? ».
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Rédigez la phrase de lecture correcte de la donnée « 37,6 ».
Précisez la source, l’année, le champ, la population concernée et la définition du seuil retenu.
Correction
Phrase attendue : « Selon l’Insee (enquête Revenus fiscaux et sociaux), en 2024, en France métropolitaine, 37,6 % des personnes inactives autres que les retraités — étudiants compris — vivent dans un ménage dont le niveau de vie est inférieur au seuil de pauvreté, fixé à 60 % du niveau de vie médian, soit 1 337 euros par mois. »
Deux précautions indispensables :
- il s’agit d’un taux de pauvreté, c’est-à-dire d’une proportion à l’intérieur de la catégorie, et non d’une part dans l’ensemble des personnes pauvres ;
- la pauvreté mesurée ici est monétaire et relative : elle se définit par rapport au niveau de vie médian du pays, et non par un panier de biens de première nécessité. Un pays entièrement plus riche peut donc afficher le même taux de pauvreté.
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« Avoir un emploi protège de la pauvreté. » Discutez cette affirmation à l’aide du document, puis expliquez ce que la mesure retenue ne montre pas.
Comparez d’abord les taux de pauvreté selon le statut d’activité, sans oublier les indépendants. Interrogez-vous ensuite sur l’unité d’observation : qui est pauvre, l’individu ou le ménage ?
Correction
L’affirmation est largement vérifiée. Le taux de pauvreté des salariés s’établit à 6,9 %, contre 36,1 % pour les chômeurs, soit 5,2 fois plus, et 37,6 % pour les autres inactifs. L’emploi salarié procure un revenu régulier qui, dans la très grande majorité des cas, place le ménage au-dessus du seuil de 1 337 euros mensuels par unité de consommation.
Mais elle doit être fortement nuancée.
- L’emploi ne suffit pas toujours. Les indépendants affichent un taux de pauvreté de 18,4 %, presque trois fois celui des salariés, alors qu’ils travaillent : la faiblesse et l’irrégularité de certains revenus d’activité indépendante, notamment sous statut de micro-entrepreneur, expliquent ce résultat. Il existe donc bien des « travailleurs pauvres ».
- Le nombre compte autant que le taux. Avec 1 624 000 personnes pauvres, les salariés sont plus nombreux parmi les pauvres que les chômeurs (767 000) et les indépendants (700 000) réunis, tout simplement parce qu’ils sont très nombreux dans la population. Un taux faible appliqué à un effectif élevé donne un nombre important : c’est la différence entre le risque d’être pauvre et la composition de la population pauvre.
- La pauvreté est mesurée au niveau du ménage. Les 2 918 000 enfants pauvres n’ont pas de statut d’activité propre : ils sont pauvres parce que le ménage dans lequel ils vivent l’est. Cela explique aussi que les retraités, protégés par les pensions, affichent un taux de 10,4 % seulement, inférieur à celui de l’ensemble.
Ce que la mesure ne montre pas. Il s’agit d’une pauvreté monétaire et relative, qui ne dit rien des conditions de vie effectives (logement, santé, privations matérielles), ni de la durée passée dans la pauvreté. Elle ignore par ailleurs les transferts en nature — soins, école, transports — dont l’apport est proportionnellement plus important pour les ménages modestes, ainsi que le patrimoine détenu. Enfin, le champ exclut les personnes sans domicile, en habitation mobile ou en institution, qui comptent parmi les plus pauvres.