Lecture de données — L’espérance de vie selon la catégorie sociale
Utilisez le document pour répondre. Les trois premières questions se corrigent automatiquement, les deux suivantes demandent une réponse rédigée.
Document — Espérance de vie à 35 ans selon la catégorie socioprofessionnelle, en années
| Catégorie socioprofessionnelle | Femmes 1976-1984 | Hommes 1976-1984 | Femmes 2020-2022 | Hommes 2020-2022 |
|---|---|---|---|---|
| Agriculteurs | 45,7 | 40,3 | 50,5 | 47,2 |
| Artisans, commerçants, chefs d’entreprise | 46,0 | 39,6 | 51,7 | 46,4 |
| Cadres | 47,5 | 41,7 | 53,0 | 48,9 |
| Professions intermédiaires | 46,4 | 40,5 | 52,3 | 47,4 |
| Employés | 45,6 | 37,2 | 51,2 | 45,1 |
| Ouvriers | 44,4 | 35,7 | 49,6 | 43,6 |
| Ensemble | 45,0 | 37,8 | 50,8 | 45,3 |
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Quel est l’écart d’espérance de vie à 35 ans entre les hommes cadres et les hommes ouvriers en 2020-2022 ?
années
Correction
Réponse : 5.3 années
48,9 − 43,6 = 5,3 années. Autrement dit, à 35 ans, un homme cadre a devant lui plus de cinq années de vie supplémentaires par rapport à un ouvrier du même âge. L’écart se lit en années, et non en pourcentage : il s’agit de deux durées.
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De combien d’années l’espérance de vie à 35 ans des hommes ouvriers a-t-elle progressé entre 1976-1984 et 2020-2022 ?
années
Correction
Réponse : 7.9 années
43,6 − 35,7 = 7,9 années. Ce gain considérable est même supérieur à celui de l’ensemble des hommes (45,3 − 37,8 = 7,5 années) et à celui des cadres (48,9 − 41,7 = 7,2 années). Une inégalité peut donc se réduire alors même que la situation de tous s’améliore : distinguez toujours le niveau et l’écart.
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Quel est l’écart d’espérance de vie à 35 ans entre les femmes cadres et les hommes cadres en 2020-2022 ?
années
Correction
Réponse : 4.1 années
53,0 − 48,9 = 4,1 années. Le résultat est frappant : à l’intérieur d’une même catégorie sociale, l’écart entre les sexes (4,1 ans) est du même ordre que l’écart entre cadres et ouvriers chez les hommes (5,3 ans). Une femme ouvrière (49,6 ans) a d’ailleurs une espérance de vie supérieure à celle d’un homme cadre (48,9 ans) : les inégalités sociales et les différences entre sexes se combinent sans se confondre.
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Rédigez la phrase de lecture correcte de la donnée « 43,6 ».
Une espérance de vie « à 35 ans » n’est pas une espérance de vie à la naissance : précisez ce que mesure exactement l’indicateur.
Correction
Phrase attendue : « Selon l’Insee (échantillon démographique permanent), sur la période 2020-2022, en France hors Mayotte, un homme ouvrier âgé de 35 ans peut espérer vivre encore 43,6 années en moyenne, soit jusqu’à 78,6 ans, si les conditions de mortalité de la période se maintenaient. »
Deux précautions :
- il s’agit d’une espérance de vie à 35 ans, calculée sur les seules personnes ayant atteint cet âge ; on ne peut pas la comparer directement à une espérance de vie à la naissance ;
- c’est un indicateur transversal et conditionnel : il résume les conditions de mortalité d’une période donnée, il ne prédit pas la durée de vie effective de la génération concernée.
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En quoi ce document illustre-t-il la notion d’inégalités sociales, et que peut-on en tirer sur la portée de l’égalité des droits ?
Commencez par situer l’inégalité mesurée : porte-t-elle sur une ressource monétaire ? Mobilisez ensuite au moins une conception de la justice sociale du chapitre.
Correction
Une inégalité sociale, cumulative avec l’inégalité économique. L’espérance de vie n’est pas une ressource monétaire : le document mesure donc une inégalité sociale, au sens d’un accès inégal à une ressource non monétaire mais éminemment valorisée — la durée de vie et, avec elle, la santé. Ces inégalités se cumulent avec les inégalités économiques : les catégories les mieux rémunérées sont aussi celles qui vivent le plus longtemps. Les cadres arrivent en tête (48,9 ans pour les hommes, 53,0 pour les femmes) et les ouvriers en dernière position (43,6 et 49,6). Les mécanismes en cause sont connus : pénibilité et exposition aux risques professionnels, conditions de logement, différences de comportements de santé et de recours aux soins.
Une évolution contrastée. L’écart entre hommes cadres et hommes ouvriers s’est légèrement réduit, de 6,0 ans en 1976-1984 (41,7 − 35,7) à 5,3 ans en 2020-2022. Mais chez les femmes il a augmenté, de 3,1 à 3,4 ans (47,5 − 44,4 puis 53,0 − 49,6). Le progrès sanitaire général n’efface donc pas le gradient social.
La portée de l’égalité des droits. Chacun dispose formellement du même droit d’accéder au système de soins, et l’assurance maladie couvre l’ensemble de la population : l’égalité des droits est ici pleinement réalisée, et pourtant les durées de vie restent très inégales. Le document montre donc les limites d’une égalité purement formelle et justifie de raisonner en termes d’égalité des situations, ou, avec Amartya Sen, de capabilités : disposer du même revenu ou du même droit ne procure pas la même liberté réelle de mener une vie longue et en bonne santé, car la conversion des ressources en accomplissements dépend du métier exercé, du logement et de l’environnement social.