Lecture de données — Emploi et chômage selon l’ascendance migratoire
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Document — Taux d’emploi et taux de chômage selon l’ascendance migratoire en France en 2025
| Population âgée de 15 à 64 ans | Taux d’emploi (%) | Taux de chômage (%) |
|---|---|---|
| Ensemble des immigrés | 61,9 | 12,4 |
| dont immigrés originaires du Maghreb | 59,6 | 12,9 |
| dont immigrés originaires d’Europe | 65,8 | 10,4 |
| Ensemble des descendants d’immigrés | 59,5 | 11,7 |
| dont descendants d’immigrés du Maghreb | 54,4 | 15,1 |
| dont descendants d’immigrés d’Europe | 70,8 | 6,7 |
| Personnes sans ascendance migratoire | 71,9 | 6,5 |
| Ensemble de la population | 69,3 | 7,7 |
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De combien de points le taux de chômage des descendants d’immigrés du Maghreb dépasse-t-il celui des personnes sans ascendance migratoire ?
points
Correction
Réponse : 8.6 points
15,1 − 6,5 = 8,6 points. L’écart est d’autant plus significatif que ces descendants sont nés en France, y ont été scolarisés et sont, pour la très grande majorité, de nationalité française : l’égalité des droits n’est pas en cause.
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Combien de fois le taux de chômage des descendants d’immigrés du Maghreb est-il supérieur à celui des personnes sans ascendance migratoire ? Donnez le résultat à deux décimales.
fois
Correction
Réponse : 2.32 fois
15,1 / 6,5 = 2,32. Le risque de chômage est donc plus de deux fois plus élevé. Comparez avec les descendants d’immigrés d’Europe, dont le taux de chômage (6,7 %) est presque identique à celui des personnes sans ascendance migratoire : l’écart ne tient donc pas au seul fait d’avoir des parents immigrés.
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Quel écart, en points, sépare le taux d’emploi des descendants d’immigrés d’Europe de celui des descendants d’immigrés du Maghreb ?
points
Correction
Réponse : 16.4 points
70,8 − 54,4 = 16,4 points. Le taux d’emploi rapporte les personnes en emploi à l’ensemble de la classe d’âge, alors que le taux de chômage les rapporte aux seuls actifs. Les deux indicateurs se complètent : un taux d’emploi faible peut venir d’un chômage élevé, mais aussi d’une part importante de jeunes encore en études — c’est en partie le cas ici, les descendants d’immigrés étant en moyenne plus jeunes que le reste de la population.
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Rédigez la phrase de lecture correcte de la donnée « 6,7 ».
Rappelez la définition exacte du taux de chômage : à quel dénominateur les chômeurs sont-ils rapportés ?
Correction
Phrase attendue : « Selon l’Insee (enquête Emploi), en 2025, en France hors Mayotte, 6,7 % des actifs de 15 à 64 ans descendants d’immigrés originaires d’Europe sont au chômage. »
Les erreurs classiques :
- écrire « 6,7 % des descendants d’immigrés européens sont au chômage » : le taux de chômage rapporte les chômeurs à la population active (personnes en emploi et chômeurs), et non à l’ensemble de la classe d’âge. La part de chômeurs dans la population totale est nécessairement plus faible ;
- oublier la définition du descendant d’immigré : il est né en France, contrairement à l’immigré. C’est précisément ce qui rend la comparaison des deux lignes instructive.
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Ces données prouvent-elles l’existence d’une discrimination à l’embauche ? Répondez en distinguant ce que le tableau établit et ce qu’il ne permet pas d’établir.
Repérez d’abord la comparaison la plus probante, puis énumérez les autres facteurs qui pourraient expliquer les écarts.
Correction
Ce que le tableau établit solidement. Il existe un écart massif et systématique selon l’ascendance migratoire. Les immigrés ont un taux de chômage de 12,4 % contre 6,5 % pour les personnes sans ascendance migratoire, soit près du double. Surtout, cet écart ne disparaît pas à la génération suivante : les descendants d’immigrés du Maghreb, pourtant nés et scolarisés en France, affichent 15,1 % de chômage et un taux d’emploi de 54,4 %, contre 71,9 % pour les personnes sans ascendance migratoire. La comparaison interne aux descendants est la plus parlante : 15,1 % pour ceux dont les parents viennent du Maghreb, contre 6,7 % pour ceux dont les parents viennent d’Europe, soit un écart de 8,4 points entre deux groupes nés en France et de nationalité française.
Ce que le tableau ne permet pas d’établir. Il ne mesure aucun mécanisme, seulement un résultat. Plusieurs facteurs peuvent contribuer à l’écart sans relever d’une discrimination :
- la structure par âge : les descendants d’immigrés sont plus jeunes, or le chômage frappe davantage les jeunes actifs ;
- le niveau de diplôme et la filière suivie, eux-mêmes liés à l’origine sociale des parents ;
- le lieu de résidence : la surreprésentation dans des territoires où l’emploi est plus rare ;
- la composition socioprofessionnelle des familles d’origine.
Pour isoler une discrimination, il faudrait comparer des candidats identiques sur tous ces points, ce que font les enquêtes par testing, où seul le nom du candidat varie sur des CV par ailleurs équivalents.
Conclusion. Le document ne démontre pas la discrimination, mais il documente une inégalité de résultats qui persiste à la deuxième génération, ce qui est difficilement compatible avec l’idée d’une égalité des chances réalisée. C’est exactement l’argument qui fonde les politiques correctrices — éducation prioritaire, anonymisation des candidatures, conventions d’accès aux filières sélectives — et qui les rend en même temps controversées, puisqu’elles supposent de traiter différemment au nom de l’égalité réelle.