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Lecture de données — Qui paie les dépenses de santé ?

Savoir-faireLecture de donnéesIntermédiaire📄 Document sourcé20 min

Utilisez le document pour répondre. Les trois premières questions se corrigent automatiquement, les deux suivantes demandent une réponse rédigée.

Document — Le financement de la consommation de soins et de biens médicaux en France en 2024

FinanceurMontant financé en 2024 (milliards €)Part de la dépense (%)
Administrations publiques (Sécurité sociale et État)202,379,4
Organismes complémentaires (mutuelles, assurances, institutions de prévoyance)32,512,8
Ménages (reste à charge)20,07,8
Ensemble (consommation de soins et de biens médicaux)254,8100,0
Source : DREES, Les dépenses de santé en 2024 — Résultats des comptes de la santé, édition 2025. · Champ : France ; consommation de soins et de biens médicaux (CSBM), c'est-à-dire les soins hospitaliers, les soins de ville et les biens médicaux consommés au cours de l'année. La CSBM représente 8,7 % du PIB en 2024. Le reste à charge des ménages s'élève en moyenne à 292 euros par habitant en 2024, après 276 euros en 2023 ; rapporté à la CSBM, il est passé de 9,5 % en 2014 à 7,8 % en 2024. · Lecture : En 2024, les administrations publiques, Sécurité sociale et État, ont financé 202,3 milliards d'euros de soins et de biens médicaux en France, soit 79,4 % de la dépense totale.
  1. Quelle part de la dépense les administrations publiques et les organismes complémentaires financent-ils ensemble, en pourcentage ?

    %

    Correction

    Réponse : 92,2 %

    79,4 + 12,8 = 92,2 %. Plus de neuf euros de soins sur dix sont donc mutualisés : ils sont payés par un assureur, obligatoire ou complémentaire, et non directement par le malade au moment où il se soigne.

  2. De combien de milliards d'euros le financement par les administrations publiques dépasse-t-il celui des organismes complémentaires ?

    milliards €

    Correction

    Réponse : 169,8 milliards €

    202,3 − 32,5 = 169,8 milliards d'euros. L'assurance maladie obligatoire finance donc plus de six fois ce que financent l'ensemble des mutuelles, assurances et institutions de prévoyance : la couverture complémentaire ne joue qu'un rôle d'appoint dans le système français.

  3. Quel montant, en milliards d'euros, les ménages paient-ils directement, sans être remboursés ?

    milliards €

    Correction

    Réponse : 20,0 milliards €

    Lecture directe de la troisième ligne : 20,0 milliards d'euros, soit 7,8 % de la dépense. C'est ce que l'on appelle le reste à charge : il représente en moyenne 292 euros par habitant en 2024.

  4. Rédigez la phrase de lecture correcte de la donnée « 12,8 » du tableau.

    Une phrase de lecture complète comporte la source, l'année, l'unité et la grandeur mesurée.

    Correction

    Phrase attendue : « Selon la DREES, en France en 2024, les organismes complémentaires ont financé 12,8 % de la consommation de soins et de biens médicaux. »

    Les erreurs les plus fréquentes :

    • écrire « 12,8 milliards d'euros », en confondant les deux colonnes : le montant est de 32,5 milliards ;
    • parler de « 12,8 % des Français », alors qu'il s'agit d'une part de la dépense, non d'une part de la population ;
    • oublier de préciser que le champ est la consommation de soins et de biens médicaux, et non l'ensemble des dépenses de santé.
  5. Le reste à charge des ménages est faible en France. Montrez qu'il présente pourtant un intérêt et une limite du point de vue de l'assureur comme de l'assuré.

    Reliez la faiblesse du reste à charge à l'aléa moral d'une part, au risque de renoncement aux soins d'autre part.

    Correction

    Réponse attendue : en 2024, les ménages ne financent directement que 20,0 milliards d'euros de soins, soit 7,8 % de la dépense, contre 79,4 % pour les administrations publiques et 12,8 % pour les organismes complémentaires. La quasi-totalité du coût est donc mutualisée.

    L'intérêt du reste à charge. Lorsqu'un soin ne coûte rien au moment où on le consomme, l'assuré n'a plus de raison financière de modérer sa demande, et l'assureur ne peut pas vérifier si chaque acte était nécessaire : c'est l'aléa moral. Le ticket modérateur, les franchises et les participations forfaitaires laissent une petite part du coût à la charge du patient et lui redonnent un intérêt personnel à la modération. Le doublement des participations des assurés explique d'ailleurs que le taux de reste à charge soit légèrement remonté en 2024, de 7,7 % à 7,8 %.

    La limite. Ces sommes pèsent de la même façon sur tous les patients, quel que soit leur revenu. Elles risquent donc de décourager non seulement les soins superflus mais aussi des soins nécessaires chez les plus modestes, ce qui peut conduire à un renoncement aux soins et, à terme, à des dépenses plus lourdes. C'est ce qui explique l'existence de dispositifs d'exonération, notamment pour les affections de longue durée, et de la complémentaire santé solidaire.

    Une bonne réponse cite au moins deux chiffres, nomme l'aléa moral et évoque explicitement le risque de renoncement aux soins.

Notions : protection sociale assurance prestation sociale aléa moral

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Tout le chapitre : Assurance et protection sociale