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Calculs — L’effet incitatif d’une taxe carbone

Savoir-faireCalculDifficile📄 Document18 min

Utilisez le tableau ci-dessous. Une taxe carbone de 45 euros par tonne de CO2 émise vient d’être instaurée. Les entreprises peuvent soit payer la taxe, soit réduire leurs émissions à leur propre coût de dépollution.

Document — Deux entreprises d’un secteur fictif face à la taxe carbone

EntrepriseÉmissions annuelles (tonnes de CO2)Coût de dépollution (euros par tonne évitée)
Entreprise A20 00030
Entreprise B30 00060
Source : Données fictives construites pour l’exercice. · Champ : Deux entreprises d’un même secteur fictif, avant l’instauration de la taxe. · Lecture : L’entreprise A émet 20 000 tonnes de CO2 par an ; éviter une tonne d’émission lui coûte 30 euros.
  1. Si l’entreprise A ne modifie pas ses émissions, quel montant de taxe doit-elle acquitter, en euros ?

    Correction

    Réponse : 900000 €

    20 000 × 45 = 900 000 €. Cette somme constitue le point de comparaison de toute la décision : c’est ce que l’entreprise paie si elle ne fait rien, et donc ce qu’elle cherche à éviter.

  2. De combien d’euros l’entreprise A allège-t-elle sa facture pour chaque tonne qu’elle cesse d’émettre ?

    € par tonne

    Correction

    Réponse : 15 € par tonne

    45 − 30 = 15 €. Tant que le coût de dépollution reste inférieur au taux de la taxe, réduire est plus avantageux que payer : c’est le mécanisme incitatif de la taxe, qui n’oblige personne mais rend la pollution coûteuse.

  3. Si l’entreprise A supprime la totalité de ses émissions, quelle économie réalise-t-elle par rapport à la situation où elle paierait la taxe sans rien changer, en euros ?

    Correction

    Réponse : 300000 €

    Dépolluer lui coûte 20 000 × 30 = 600 000 €, contre 900 000 € de taxe : l’économie est de 300 000 €. On retrouve bien 20 000 × 15 €, ce qui confirme la cohérence avec la question précédente.

  4. Pour l’entreprise B, quel serait le surcoût d’une suppression totale de ses émissions par rapport au paiement de la taxe, en euros ?

    Correction

    Réponse : 450000 €

    Dépolluer lui coûterait 30 000 × 60 = 1 800 000 €, contre 30 000 × 45 = 1 350 000 € de taxe, soit 450 000 € de plus. B a donc rationnellement intérêt à payer : la taxe ne l’oblige à rien, elle fait porter l’effort de réduction sur l’entreprise pour laquelle il est le moins coûteux.

  5. Si A supprime toutes ses émissions et B n’en réduit aucune, quel montant total la taxe rapporte-t-elle à l’État, en euros ?

    Correction

    Réponse : 1350000 €

    A ne paie plus rien puisqu’elle n’émet plus, et B acquitte 30 000 × 45 = 1 350 000 €. Ces recettes peuvent financer des subventions à l’innovation verte ou des compensations pour les ménages modestes, ce qui améliore l’acceptabilité de la taxe.

  6. Dans cette situation, de quel pourcentage les émissions totales du secteur ont-elles diminué ?

    %

    Correction

    Réponse : 40 %

    Les émissions passent de 50 000 à 30 000 tonnes, soit (30 000 − 50 000) / 50 000 × 100 = −40 %. Retenez la leçon : le taux de réduction n’a pas été décidé par l’État, il résulte des choix des entreprises. C’est là toute la différence avec un marché de quotas, où le plafond aurait garanti ce pourcentage dès le départ.

Notions : taxation externalité négative réglementation

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